May 16, 2019 / 1:36 PM / 6 months ago

L'Europe, seule façon d'éviter un G2 USA-Chine permanent, dit Macron

PARIS (Reuters) - Seule l’Europe peut empêcher une domination mondiale permanente des Etats-Unis et de la Chine, a déclaré jeudi Emmanuel Macron, à dix jours d’élections européennes lors desquelles son parti pourrait être éclipsé par le Rassemblement national.

Seule l'Europe peut empêcher une domination mondiale permanente des Etats-Unis et de la Chine, a déclaré jeudi Emmanuel Macron, à dix jours d'élections européennes lors desquelles son parti pourrait être éclipsé par le Rassemblement national. /Photo prise le 14 mai 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

La liste de La République en marche est à la peine dans la course à la première place face à celle du parti de Marine Le Pen, à en croire les sondages. L’ordre du podium et l’écart entre les deux listes le 26 mai contribuera à définir la suite du quinquennat, souligne-t-on dans l’entourage du président.

“On est en train de sortir d’une phase difficile et on entre dans une phase qui sera en partie définie par le résultat des élections”, dit une source, après des mois de crise des “Gilets jaunes” qui a perturbé la France et l’action de l’exécutif.

Sur la grande scène du salon technologique VivaTech, Emmanuel Macron a désigné l’adversaire : “L’Union européenne est en crise, c’est un fait, partout en Europe depuis cinq ou six ans, dans notre pays et de nombreux pays, tous les extrêmes, les extrêmes droites progressent”.

“Ce qu’ils veulent, c’est fragmenter l’Union européenne”, a-t-il ajouté, répondant en anglais à une question posée dans la même langue par un entrepreneur. “Je crois que le combat géopolitique, économique et d’innovation aujourd’hui, pour nous, c’est : voulons-nous un G2 pendant des décennies entre les Etats-Unis et la Chine ou voulons-nous que l’Europe soit la troisième voie ?”, a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a défendu ses priorités pour une politique européenne de croissance et d’innovation, passant par l’intelligence artificielle, l’informatique quantique et la constitution d’un marché unique du numérique, tout en protégeant le modèle démocratique et de respect de la vie privée européen.

“C’est pour ça que je crois autant en l’Europe, c’est parce que je crois en la France”, a-t-il dit.

Revenir aux frontières et régulations nationales comme le veulent les nationalistes frapperait durement l’innovation et les entreprises européennes, a-t-il poursuivi.

“La souveraineté dans le numérique est à l’échelle européenne. Si nous voulons être dans la compétition, nous avons besoin d’acteurs européens et, si nous voulons des acteurs européens, ils ont besoin d’un marché d’une taille comparable à ceux des Etats-Unis et de la Chine”, a-t-il encore déclaré.

Il a également dit vouloir un renforcement des règles sur les concentrations pour éviter l’absorption d’entreprises européennes du numérique par des géants américains et vanté le modèle européen face au modèle américain, dominé par le secteur privé, et qui “en quelque sorte, n’est plus sous contrôle démocratique”.

Jean-Baptiste Vey et Gwénaëlle Barzic, édité par Sophie Louet

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