May 15, 2019 / 9:00 PM / 9 days ago

Taubira apporte sa voix à une liste socialiste en détresse

PARIS (Reuters) - L’ancienne ministre Christiane Taubira, figure respectée de la gauche française, a apporté mercredi à Rouen (Seine-Maritime) son soutien au duo Place Publique-Parti socialiste, à la peine dans les sondages à dix jours des élections européennes.

L'ancienne ministre Christiane Taubira (photo), figure respectée de la gauche française, a apporté mercredi à Rouen (Seine-Maritime) son soutien au duo Place Publique-Parti socialiste, à la peine dans les sondages à dix jours des élections européennes. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

L’auteur de “Murmures à la jeunesse” a entamé son intervention par un texte de l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez au parfum de fin du monde avant de célébrer la “grande joie” des campagnes électorales qui “habille aussi les réponses que nous construisons pour faire face à ces dangers.”

Celle qui a refusé la proposition du Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, de mener la liste, a souhaité la bienvenue à celui qui a endossé ce rôle, l’essayiste Raphaël Glucksmann, “dans un moment difficile, ingrat”.

“Bienvenue dans la vie politique, avec sa violence, mais qui nous rend plus fortes et plus forts”, a-t-elle dit devant des centaines de personnes, invitant chacun à faire “fructifier” “l’héritage” et le “patrimoine” de la gauche.

“La gueule de bois, c’est fini”, a-t-elle dit à une famille politique à terre depuis l’élection présidentielle de 2017. “Nous le savons et dorénavant nous le démontrons : la convalescence aussi est finie; nous avons récupéré toutes nos capacités.”

Pour donner du coeur à l’ouvrage à ses troupes, l’élue guyanaise a fait appel aux poètes, citant Henri Michaux, puis René Char : “Porteront rameaux ceux dont l’endurance sait user la nuit noueuse qui précède et suit l’éclair.”

A sa suite, Raphaël Glucksmann a opposé la “ferveur” des militants à “ceux qui disent que la gauche est morte”. “Tes mots parlent à ce qui fait que nous sommes de gauche, au plus profond de nous-mêmes”, a-t-il dit à Christiane Taubira. “Nous remobiliserons ce peuple de gauche qui n’a pas disparu.”

Dans le sillage de cette dernière, l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve viendra soutenir son camp jeudi à Lyon. La maire de Paris, Anne Hidalgo, l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem et la maire de Lille, Martine Aubry, participeront à divers meetings d’ici le 24 mai.

“Ne vous laissez pas imposer le récit de cette campagne. Votez pour vos idées”, a conseillé l’ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault, mentor d’Olivier Faure, mercredi sur Twitter. Un signe de François Hollande, indécis jusqu’ici, est aussi attendu bientôt, a fait savoir l’entourage de l’ancien président.

A ceux qui voient dans ces soutiens une forme de sauve-qui-peut pour une liste donnée entre 4% et 6% d’intentions de vote dans les sondages - la limite pour envoyer des députés à Strasbourg est de 5% -, un haut responsable du PS répond qu’”il ne s’agit en aucun cas de sauver le soldat Glucksmann”.

“C’EST DÉJÀ UN ÉCHEC POUR LA GAUCHE”

“Il est normal de s’impliquer pour sa famille politique dans une campagne, c’est la règle du jeu”, a-t-il dit à Reuters.

Pour se rassurer face au maigre score annoncé, le PS allié à Place publique, Nouvelle donne et au Parti radical de gauche, espère une dynamique de dernière minute. “Jusqu’ici les gens n’étaient pas dans la campagne. Pas la peine de dépenser une énergie phénoménale au moment où personne n’écoute”, fait valoir un député socialiste.

Le PS avait envoyé 13 élus à Strasbourg en 2014. Il en reste huit aujourd’hui, les autres ayant répondu aux sirènes de La République en marche, La France insoumise et Génération.s., le mouvement de Benoît Hamon, l’ancien candidat du PS à la présidentielle de 2017, qui a sa propre liste aux européennes.

“Le 26 mai, c’est déjà un échec pour la gauche. La question est comment on ouvre un chemin, malgré tout”, ajoute un proche d’Olivier Faure qui se dit triste de voir son camp morcelé.

La campagne de Raphaël Glucksmann a été perturbée mercredi par une information du Canard enchaîné sur une lettre de compagnons de route de François Mitterrand dénonçant des propos du candidat accusant l’ancien président de complicité dans le génocide de 1994 au Rwanda.

“A dix jours d’un vote, on ne serait bien passé de ça”, a déploré un député PS dans les couloirs de l’Assemblée.

Autre incident : Raphaël Glucksmann a posté sur Twitter une photo montrant une de ses affiches électorales maculée d’inscriptions antisémites. “Cette vieille peste ne disparaîtra donc jamais totalement. Et toujours il faudra la combattre. Partout”, a écrit le candidat, qui a reçu le soutien de personnalités, dont la tête de liste LaRem, Nathalie Loiseau.

Elizabeth Pineau, édité par Danielle Rouquié

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