May 13, 2019 / 5:14 AM / 5 months ago

Edouard Philippe tance la droite, à deux semaines du scrutin

PARIS (Reuters) - Edouard Philippe dénonce dans une interview au Figaro publiée dimanche soir l’attitude de la droite dont il est issu, fustigeant les “postures politiciennes” et regrettant le choix de certains élus “Macron-compatibles” de voter pour la liste des Républicains (LR) aux élections européennes du 26 mai.

Edouard Philippe dénonce dans une interview au Figaro publiée dimanche soir l'attitude de la droite dont il est issu, fustigeant les "postures politiciennes" et regrettant le choix de certains élus "Macron-compatibles" de voter pour la liste des Républicains (LR) aux élections européennes du 26 mai. /Photo prise le 11 mai 2019/REUTERS/Vincent Kessler

“À droite, il y a encore beaucoup d’instabilité politique. Qu’il y ait en ce moment une reconstruction de la droite du Trocadéro, sans doute”, estime le Premier ministre, en référence au rassemblement de soutien à François Fillon durant la campagne présidentielle de 2017 organisé avec l’aide des militants de Sens commun, émanation de la “Manif pour tous” au sein de LR.

Le Premier ministre, qui a quitté une droite “incapable de dire si elle préférait voter pour Emmanuel Macron ou pour Marine Le Pen, en rupture complète avec l’héritage de Jacques Chirac”, estime que son ancienne formation politique s’éloigne de “la droite moderniste, proeuropéenne”, qu’il défendait aux côtés de son mentor Alain Juppé.

“Cette droite du Trocadéro était déjà très forte dans le maniement des objectifs et des symboles mais, je le constate depuis que je suis à Matignon, elle n’a que des postures politiciennes à opposer à ceux qui font des choix courageux”, déplore Edouard Philippe dans cet entretien publié sur le site internet du Figaro.

Le Premier ministre “regrette” également le choix de maires LR décrits comme plutôt Macron-compatibles, comme Christian Estrosi à Nice ou Arnaud Robinet à Reims, qui ont appelé à voter pour la liste LR menée par François-Xavier Bellamy dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche.

“En politique, on fait des choix et on les assume. Pour certains d’entre eux, je sais que des considérations locales ont joué un rôle important dans cette décision”, estime Edouard Philippe.

“Je regrette leur choix, mais ça ne m’empêche pas de leur conserver des liens d’amitié et, à vrai dire, de continuer à considérer que leurs convictions sont très proches de celles de la majorité que je dirige”, poursuit-il.

“D’autres personnes ont fait un autre choix en soutenant la liste que nous portons pour les européennes”, rappelle-t-il en observant qu’”une partie importante de la droite ne se retrouve pas dans celle de Laurent Wauquiez”, le président de LR. 

A deux semaines des élections européennes - premier test électoral pour Emmanuel Macron depuis son accession à l’Élysée en mai 2017 - la liste “Renaissance” de la majorité présidentielle est au coude-à-coude avec celle du Rassemblement national (RN, ex-Front national) dans les sondages.

Ces deux listes sont créditées d’environ 22% des intentions de vote et la liste LR, conduite par François-Xavier Bellamy, est donnée troisième, avec environ 13% des suffrages.

Marine Pennetier, édité par Myriam Rivet

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