May 10, 2019 / 10:54 AM / 5 months ago

Quatre otages libérés au Sahel, deux militaires français tués

PARIS (Reuters) - Quatre otages - deux Français, une Américaine et une Sud-Coréenne - ont été libérés dans la nuit de jeudi à vendredi par l’armée française dans le nord du Burkina Faso, lors d’une opération “de très grande complexité” durant laquelle deux membres des forces spéciales françaises ont été tués.

Les deux membres des forces spéciales tués, Cedric de Pierrepont et Alain Bertoncello. Quatre otages - deux Français, une Américaine et une Sud-Coréenne - ont été libérés dans la nuit de jeudi à vendredi par l'armée française dans le nord du Burkina Faso, lors d'une opération "de très grande complexité" durant laquelle deux membres des forces spéciales françaises ont été tués. /Montage diffusé le 10 mai 2019/REUTERS/Sirpa Marine

Quatre des six ravisseurs ont été tués, les deux autres ont pris la fuite, a précisé le général François Lecointre, chef d’état-major des armées françaises lors d’un point de presse au côté de la ministre des Armées Florence Parly.

L’affiliation du groupe armé ciblé par “plus d’une vingtaine” de commandos au terme de plusieurs jours de traque est en cours d’analyse, a précisé la ministre. Les deux groupes prédominants dans la zone sont le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou RVIM), proche d’Al-Qaïda, et l’Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS).

L’armée française, déployée au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane, appuyée par les moyens de renseignement américains et les forces armées burkinabé a décidé d’intervenir de crainte du transfert imminent des otages à la katiba Massina, émanation malienne du GSIM. Il aurait été alors “impossible de réaliser une libération”, a assuré le général Lecointre.

“Cet effort-là, c’est comme dans un enlèvement d’enfant, il faut le marquer au début. (...) On n’aurait pas pu le maintenir très longtemps”, a-t-il souligné.

“DERNIÈRE OPPORTUNITÉ”

Les deux Français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, avaient été enlevés le 1er mai au Bénin, dans le parc de la Pendjari, à la frontière avec le Burkina Faso et le Niger. Le corps de leur guide béninois avait été retrouvé samedi dernier.

Les autorités françaises n’avaient pas connaissance de la présence de deux autres otages à leurs côtés.

“A priori elles étaient otages depuis 28 jours”, a précisé le général Lecointre. “Les contacts que nous avons eus depuis quelques heures avec les Etats-Unis et la Corée du Sud montrent que probablement ces pays-là n’avaient pas nécessairement conscience de la présence de ces deux ressortissantes en territoire burkinabé”, a ajouté Florence Parly.

Les deux Français et la ressortissante sud-coréenne seront transférés samedi en France par avion et accueillis par Emmanuel Macron sur la base de Villacoublay, près de Paris, a précisé l’Elysée. L’ex-otage américaine devrait être rapatriée “indépendamment”, a indiqué la ministre des Armées.

Le chef de l’Etat présidera mardi aux Invalides un hommage national aux deux commandos marine tués dans l’opération, le maître Cédric de Pierrepont, né en 1986, et le maître Alain Bertoncello, né en 1991. Leur mort porte à 27 le nombre de militaires français tués depuis l’opération Serval au Mali en 2013, à laquelle a succédé Barkhane en 2014.

Le 7 mai, les forces spéciales françaises avaient mené “une opération discrète” pour “s’emparer d’un certain nombre d’éléments et établir une traque très précise des ravisseurs” qui progressaient vers le nord du Burkina Faso. Le commandant des opérations spéciales, le vice-amiral Laurent Isnard, signale jeudi que les ravisseurs ont fait halte en territoire burkinabé, “dernière opportunité” à ses yeux pour libérer les otages.

ORDRE DONNÉ PAR MACRON

L’ordre est donné jeudi soir par Emmanuel Macron de lancer l’opération, une infiltration de nuit du campement des djihadistes composé de quatre abris en “zone découverte”, qui a notamment impliqué des hélicoptères de Barkhane et d’importants moyens médicaux spécialement acheminés de France.

Une première sentinelle n’a pas repéré les commandos, dont la présence n’a été détectée qu’à une dizaine de mètres des abris, a relaté le général Lecointre. Les militaires sont alors montés à l’assaut sans ouvrir le feu pour “ne pas faire de pertes chez les otages ou d’éventuels civils”.

C’est en pénétrant dans deux des abris que les soldats d’élite français ont été tués “à très courte distance” par deux des ravisseurs.

“C’est un véritable exploit (...) que peu d’armées au monde sont capables de réaliser”, a souligné Florence Parly.

“Le message adressé aux bandits et aux terroristes est clair. Nous n’économiserons aucun effort pour les traquer, pour les trouver, pour les neutraliser”, a-t-elle ajouté en réaffirmant que l’opération Barkhane, “pas éternelle”, n’était pas remise en cause pour l’instant.

Quelque 4.500 soldats français sont déployés dans le cadre de cette opération antiterroriste menée dans cinq pays de la région (Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad).

Sophie Louet avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below