May 6, 2019 / 4:46 PM / 5 months ago

Les fonctionnaires appellent à une mobilisation massive jeudi

PARIS (Reuters) - Les syndicats de la fonction publique, peu convaincus par la promesse d’Emmanuel Macron de rapprocher les services publics des citoyens, ont appelé lundi les fonctionnaires à se mobiliser massivement le 9 mai pour dénoncer une réforme qui desservira, selon eux, les usagers.

Les syndicats de la fonction publique, peu convaincus par la promesse d'Emmanuel Macron de rapprocher les services publics des citoyens, ont appelé lundi les fonctionnaires à se mobiliser massivement le 9 mai pour dénoncer une réforme qui desservira, selon eux, les usagers. /Photo prise le 25 avril 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

Le projet de transformation de la fonction publique, actuellement en examen à l’Assemblée, permet un recours accru aux contractuels, révise le rôle des instances de représentation du personnel et prépare la mobilité des agents dont les postes seraient supprimés d’ici la fin du quinquennat.

“On a un désaccord profond avec l’orientation choisie par le gouvernement sur l’avenir de la fonction publique”, a dit lors d’une conférence de presse la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison, pour qui le projet se traduira par “moins de services publics”.

L’ensemble des organisations syndicales représentatives - CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU, Solidaires, et UNSA appellent à manifester de façon unitaire, une première depuis le 22 mai 2018 qui avait mobilisé 139.000 personnes, selon le ministère de l’Intérieur.

Plusieurs manifestations se sont tenues depuis cette date mais en ordre dispersé. FO avait organisé une série d’actions en février sur le thème des services de proximité. La CGT Fonction publique avait pour sa part participé à la journée de grève nationale le 5 février.

Au moins une manifestation est prévue par département, disent les syndicats qui s’attendent à ce que le mouvement soit suivi malgré les craintes qu’ont suscité les violences des manifestations des “Gilets jaunes” et, plus récemment, de la journée du 1er-Mai.

“Pour l’instant, on n’a pas d’inquiétude particulière”, a dit la secrétaire générale de la CFDT fonctions publiques, Mylène Jacquot, qui assure que les organisateurs sont “attentifs à ce que tous les moyens soient mis en oeuvre pour que les militants” soient en sécurité.

DES ANNONCES JUGÉES PEU CONVAINCANTES

Les annonces d’Emmanuel Macron pour rapprocher les services publics des citoyens, comme le fait de mettre en place dans chaque canton des maisons “France Services” ou encore d’interdire les fermetures d’école ou d’hôpital sans accord du maire, n’ont pas convaincu les syndicats.

“La première réponse qu’il fallait apporter, c’était de dire qu’on arrête de fermer tous les services publics, et non pas faire des effets d’annonce en parlant d’écoles et d’hôpitaux”, a dit le secrétaire général de FO-Fonctionnaires, Christian Grolier.

Il estime par ailleurs qu’il faudrait “faire un état des lieux” des plus de 1.500 Maisons de services au public existantes - encore peu connues, selon lui - qui accompagnent les citoyens dans leurs démarches administratives.

Pour Gaëlle Martinez, d’Union Syndicale Solidaires, ces maisons doivent être des lieux d’accueil où l’on retrouve du “personnel formé” capable d’apporter un service “de qualité”, et non pas uniquement du personnel “sans formation” qui dira “aux gens comment se connecter sur tel ou tel portail informatique”.

Les organisations syndicales ne sont pas non plus rassurées par la possibilité évoquée par Emmanuel Macron de lever son objectif de réduction de 120.000 du nombre de fonctionnaires sur le quinquennat si cet objectif n’était pas tenable.

“C’est seulement ‘si ce n’est pas tenable’, on n’est pas sur un rétropédalage”, dit Gaëlle Martinez, qui ajoute qu’il faut prendre cette annonce “avec toutes les réserves possibles”.

Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt, a confirmé lundi que le chiffre de 120.000 “n’était pas un totem” et que sa priorité était la “mise en oeuvre” des engagements du président de la République, tout en réalisant des économies.

“A chaque fois que nous pourrons faire des économies, que ce soit en dépense classique ou en dépense de personnel, nous le ferons”, a-t-il dit sur Boursorama.

Lorsque les collectivités locales maîtrisent leurs dépenses de fonctionnement à un peu moins de 1% de hausse, cela se traduit par 14.000 à 15.000 départs à la retraite non renouvelés par année, soit un total de 70.000 au bout de cinq ans, ajoute-t-il en précisant que ces dépenses ont augmenté de 0,6 à 0,7% en 2018.

Les 50.000 autres suppressions de postes envisagées concernent la fonction publique d’Etat.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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