May 6, 2019 / 3:10 PM / 7 months ago

Macron veut garder la Russie au Conseil de l’Europe

PARIS (Reuters) - La France, qui prendra ce mois-ci la présidence semestrielle du Conseil de l’Europe, au moment même où l’on évoque un possible départ de la Russie, souhaite que celle-ci reste dans l’organisation de défense de la démocratie et des droits de l’homme, a déclaré lundi Emmanuel Macron.

La France, qui prendra ce mois-ci la présidence semestrielle du Conseil de l’Europe, au moment même où l’on évoque un possible départ de la Russie, souhaite que celle-ci reste dans l’organisation de défense de la démocratie et des droits de l’homme, a déclaré lundi Emmanuel Macron. /Photo prise le 3 mai 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

Le président français, qui s’exprimait lors d’un point de presse au palais de l’Elysée à l’issue d’un entretien avec son secrétaire général, Thorbjorn Jagland, a affirmé son engagement à résoudre les crises que traverse l’institution de Strasbourg, née en 1949 sur les décombres de la Seconde Guerre mondiale.

“Le Conseil de l’Europe fête son 70e anniversaire, mais il est aujourd’hui mis à l’épreuve, d’abord dans son fonctionnement même, dans sa fonction d’être la maison commune des Européens, et je souhaite à cet égard que la Russie reste au sein du Conseil de l’Europe”, a-t-il déclaré.

“Le Conseil de l’Europe a besoin de la Russie comme la Russie et les Russes ont besoin du Conseil de l’Europe, ce qui suppose que ses droits d’Etat membre soient respectés mais aussi que la Russie remplisse ses obligations à l’égard de l’institution”, a-t-il ajouté.

Moscou a cessé en 2017 de verser sa contribution au budget du Conseil de l’Europe auquel elle contribue à hauteur de 11%, soit 33 millions d’euros par an, en tant que l’un des “grands payeurs” parmi les 47 Etats membres.

Le gouvernement russe entend ainsi répondre aux sanctions qui ont frappé sa délégation au sein de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, privée de ses droits de vote en 2014, en réaction à l’annexion de la Crimée par Moscou.

Ces sanctions, qui ne sont votées que pour une année, ne seraient probablement pas reconduites aujourd’hui, mais la délégation russe refuse de siéger tant qu’une menace continue de peser sur ses droits.

Au 30 juin prochain, le fait que la Russie n’ait pas payé sa contribution au budget depuis deux ans l’expose à de possibles sanctions, cette fois au niveau du comité des ministres sous présidence française, où ses droits de vote pourraient être suspendus.

Si une majorité d’Etats membres souhaitent, selon des sources diplomatiques, éviter d’en arriver là, des pays comme l’Ukraine, la Géorgie, les Etats baltes, la Pologne ou le Royaume-Uni pourraient pousser en faveur de la fermeté.

Le secrétaire général du Conseil de l’Europe milite lui-même pour une résolution de la crise, disant craindre que les citoyens russes ne bénéficient plus de la protection de la Cour européenne des droits de l’homme, bras armé du Conseil de l’Europe qui célèbre de son côté ses soixante ans.

“Durant toutes ces années, la Cour a rendu 20.000 jugements qui ont eu une influence sur la vie de millions de citoyens en Europe”, a-t-il dit. “Au moment où nous célébrons notre 70 anniversaire, il est important pour moi que l’on puisse garder toute la famille réunie.”

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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