May 2, 2019 / 7:03 AM / in 7 months

Castaner dément tout ciblage de la CGT, Martinez persiste

PARIS (Reuters) - Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez n’a “en aucun cas été délibérément ciblé” par les forces de l’ordre lors de la manifestation parisienne du 1er-Mai, déclare le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, alors que le syndicat estime avoir fait l’objet d’une “répression inouïe” à cette occasion.

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez n'a "en aucun cas été délibérément ciblé" par les forces de l'ordre lors de la manifestation parisienne du 1er-Mai, déclare le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner alors que le syndicat estime avoir fait l'objet d'une "répression inouïe" à cette occasion. /Photo prise le 4 avril 2019/REUTERS/Kenzo Tribouillard

Selon des journalistes de Reuters sur place, des dizaines d’individus violents se sont mêlés aux manifestants en tête du cortège parisien et les forces de l’ordre sont intervenues, faisant notamment usage de gaz lacrymogène.

Alors que Philippe Martinez a dû brièvement quitter le cortège, Christophe Castaner précise dans une interview publiée jeudi par Le Parisien qu’”en aucun cas, il n’a été délibérément ciblé”, une ligne défendue dès mercredi par la préfecture de police de Paris.

Précisant qu’il ne dispose pour l’instant d’”aucun rapport d’intervention, ni d’informations précises”, le ministre de l’Intérieur assure ne vouloir “ni minimiser, ni nier, ni contester, ni confirmer.”

Selon lui, “certains journalistes présents ont une interprétation assez différente, disant plutôt que Philippe Martinez avait été bousculé par les black blocs.”

Le secrétaire général de la CGT a quant à lui maintenu ses accusations jeudi matin sur France 2.

“On a été isolés et les policiers sont venus comme on dit proches de nos moustaches (...) et ils ont tiré des gaz lacrymogènes en direction d’une camionnette (...). Il y a une grenade qui est tombée juste à côté de moi”, a déclaré Philippe Martinez en précisant qu’il allait “envoyer au ministre des photos qui ont été prises”.

LES SYNDICATS DE POLICIERS MONTENT AU CRÉNEAU

Sans aller jusqu’à évoquer une entrave au droit de manifester, le secrétaire général de la CGT a fait part de ses inquiétudes, quelques semaines après l’adoption d’une loi anticasseurs contestée.

“Quand il arrive des choses comme ça on a le droit de s’inquiéter. Il y a eu la loi anticasseurs, on a le droit de s’inquiéter”, a-t-il observé.

Si Philippe Martinez a assuré ne pas mettre en cause les forces de l’ordre mais “les ordres qui leur sont donnés”, des syndicats de policiers ont critiqué l’attitude de la CGT.

“Le patron de la CGT, au lieu de s’attaquer injustement à nos collègues ferait mieux de les défendre, de les soutenir et surtout les remercier de l’avoir protégé!”, déclare Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance Police nationale, cité dans un communiqué.

Alternative Police-CFDT a de son côté dénoncé “le comportement irresponsable et inadmissible du patron de la CGT” en évoquant une “manipulation grossière de récupération”.

“Contrairement aux affirmations du secrétaire général de la CGT, les nombreuses vidéos prises sous divers angles démontrent l’infiltration des black blocs au nez et à la barbe de la tête de cortège cégétiste où se trouvait Mr Martinez”, peut-on lire dans un communiqué du syndicat.

Pour Christophe Castaner, “ce sont les casseurs qui ont voulu voler ce traditionnel rassemblement syndical.”

Selon lui, le bilan de la journée du 1er-Mai “montre l’efficacité du dispositif mis en place à Paris mais aussi en province”.

Alors que les autorités s’attendaient à voir affluer jusqu’à 2.000 activistes dans la capitale à l’occasion du 1er-Mai, ce sont finalement “au moins 800 personnes (qui ont) tent(é) de se constituer en black bloc”, explique le ministre de l’Intérieur au Parisien.

Les plus de 17.000 contrôles préventifs mis en oeuvre dans la capitale (et 3.777 hors Paris), ont été selon lui dissuasifs.

D’après un bilan fourni par le parquet de Paris, 315 personnes se trouvaient en garde à vue mercredi à 21h45, dont 303 majeurs et 12 mineurs.

Myriam Rivet avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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