April 30, 2019 / 12:39 PM / 7 months ago

Jusqu'à 2.000 "black blocs" attendus pour le 1er-Mai à Paris

PARIS (Reuters) - Le gouvernement s’attend à l’afflux à Paris de 1.000 à 2.000 activistes “black blocs” lors des traditionnels défilés du 1er-Mai, dont “quelques dizaines” venus de l’étranger, a déclaré le ministre de l’Intérieur mercredi, à la veille de cette nouvelle journée de manifestations à haut risque.

Les services de renseignement territoriaux s'attendent à l'afflux à Paris de 1.500 à 2.000 activistes "black blocs" lors des traditionnels défilés du 1er-Mai, dont certains venus de l'étranger. /Photo d'archives/REUTERS/Paulo Whitaker

Ces activistes pourraient être rejoints par “plusieurs milliers” de “Gilets jaunes” radicalisés ou “ultra jaunes”, qui pourraient tenter de s’infiltrer dans les cortèges syndicaux, a précisé Christophe Castaner lors d’une conférence de presse.

Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a pris les devants et ordonné la fermeture des commerces, débits de boisson et restaurants sur le parcours du cortège intersyndical, entre Montparnasse et la place d’Italie, le temps de la manifestation.

L’arrêté préfectoral souligne que ce 1er mai se déroulera “dans un contexte social et revendicatif des plus tendus” et cite un florilège de mots d’ordre accompagnant les appels à des rassemblements de “Gilets jaunes” : “1er mai, acte ultime, Paris capitale de l’émeute”, “Apocalypse à Paris”, “La guerre est déclarée”, “1er mai (...), une journée en enfer”.

“Il existe des raisons sérieuses de penser que les violences et dégradations que subit la capitale depuis le début du mouvement dit des ‘gilets jaunes’ sont susceptibles de se reproduire”, ajoute l’arrêté.

Les terrasses et étalages le long du parcours de la manifestation intersyndicale devront notamment être vidés de tout mobilier pouvant servir de projectile ou d’arme.

INTERDICTIONS

Tout rassemblement revendicatif sera par ailleurs interdit sur les Champs-Elysées, dans un périmètre comprenant Assemblée nationale et présidence de la République et dans le secteur de Notre-Dame de Paris. La préfecture de police a par ailleurs rejeté une demande de manifestation entre la place du Panthéon et le XVe arrondissement déposée par des “Gilets jaunes”.

Une seule manifestation de “Gilets jaunes” a été autorisée, mercredi matin, de la place d’Italie à Montparnasse.

Selon Christophe Castaner, plus de 7.400 policiers et gendarmes seront mobilisés à Paris, parmi lesquels des binômes de policiers sur 190 motos.

Didier Lallement a précisé lors de la même conférence de presse que des drones seraient utilisés par les forces de l’ordre et que des lieux susceptibles de servir de dépôts de matériels pour les activistes les plus radicaux, notamment des halls d’immeubles, avaient été vérifiés.

La préfecture de police a mis en place dès mardi un dispositif de contrôle aux abords des principales gares et stations de métro ou de RER.

Didier Lallement a fait état d’interpellations dès mardi matin, dont un homme qui disait vouloir manifester mercredi et transportait dans un sac à dos une matraque télescopique, un “shoker électrique” et un couteau à cran d’arrêt.

“Une attention particulière sera accordée (...) aux trains en provenance de l’étranger”, lit-on dans une note de la préfecture, selon laquelle cette vigilance sera étendue, dans les communes limitrophes de Paris, aux voitures et autocars immatriculés à l’étranger ou en province.

RASSEMBLEMENTS À RISQUE

Selon cette note, 30 unités d’une trentaine de policiers chacune auront notamment pour mission de détecter tout groupe susceptible de se diriger vers des sites sensibles, de contrôler identités, sacs et bagages en dehors des cortèges officiels et d’interpeller les auteurs d’infractions en marge de ces défilés.

Comme lors des samedis de manifestations de “Gilets jaunes”, la consigne est d’intervenir “dès qu’il y aura le début d’un problème”, précise David Michaux, du syndicat Unsa police.

“Nous revenons à des équipements que nous n’utilisions pas depuis longtemps comme les gilets pare-coups lourds”, ajoute-t-il. Un autre signe de la crainte de débordements violents.

Des rassemblements “à risques” sont également redoutés dans plusieurs grandes villes de province comme Rennes, Nantes, Bordeaux, Montpellier, Toulouse ou Nancy.

Au total, quelque 54 compagnies de CRS et 64 escadrons de gendarmes mobiles devraient être mobilisés dans l’ensemble de la France, spécifiquement pour encadrer les manifestations du 1er mai, précise-t-on de source policière.

Les syndicats assurent pour leur part qu’ils entendent bien veiller à la sécurité des cortèges, ne serait-ce que pour éviter un impact négatif sur la mobilisation.

Mais c’est au gouvernement “de veiller à ce qu’autour des manifestations les choses se passent bien”, a fait valoir à RTL le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

“Ce climat n’est pas sain car il va dissuader de participer à la manifestation (...) Il ne faut pas que les gens cèdent à la peur”, a renchéri Fabrice Angeï, secrétaire confédéral CGT, dans une déclaration à Reuters.

Emmanuel Jarry, avec Anthony Paone et Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse et Tangi Salaün

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