April 30, 2019 / 1:34 PM / 7 months ago

Guaido appelle les soldats au soulèvement, Maduro dit l'armée loyale

CARACAS (Reuters) - Juan Guaido, chef de file de l’opposition vénézuélienne, a dit mardi avoir entamé “la phase finale” de son projet de renversement du président Nicolas Maduro, appelant la population et l’armée au soulèvement, mais rien n’indique pour l’heure que les généraux aient changé de camp.

Le chef de file de l'opposition vénézuélienne, Juan Guaido, a dit mardi avoir entamé "la phase finale" de son projet de renversement du président Nicolas Maduro, appelant la population et l'armée au soulèvement. /Photo prise le 30 avril 2019/REUTERS/Manaure Quintero

Au cours de la matinée, plusieurs dizaines d’hommes en uniforme qui accompagnaient Juan Guaido ont affronté les militaires fidèles à Nicolas Maduro en marge d’un rassemblement à Caracas.

Un retour au calme relatif a été constaté en fin de journée.

Nicolas Maduro était prêt à quitter le pays mardi matin, à destination de Cuba, mais la Russie - autre soutien du dirigeant socialiste - l’a fait changer d’avis, a déclaré sur CNN le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, sur la base d’éléments dont disposaient les Etats-Unis, a-t-il précisé.

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a démenti mercredi en accusant Washington de mener une “guerre de l’information”.

Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux mardi soir, Guaido a appelé la population à manifester de nouveau en nombre mercredi pour faire pression sur Maduro.

Il a déclaré que le président en exercice ne disposait plus du soutien de l’armée et a demandé aux soldats de “poursuivre” les efforts destinés à chasser Maduro du pouvoir.

“Le Venezuela a l’opportunité de se rebeller pacifiquement contre un tyran replié sur lui-même”, a dit Guaido.

“LEUR PLAN A ÉCHOUÉ”

Maduro est apparu mardi soir à la télévision publique aux côtés notamment du ministre de la Défense, Vladimir Padrino, et du vice-président du Parti socialiste, Diosdado Cabello.

“Le but du jour était de faire le spectacle”, a-t-il affirmé à propos de l’opposition, décrivant comme un “petit groupe” les soldats aperçus en compagnie de Guaido dans la journée.

“Leur plan a échoué, leur appel a échoué, parce que le Venezuela veut la paix”, a déclaré le chef d’Etat.

Vladimir Padrino a pour sa part affirmé mardi que l’armée allait continuer à défendre la constitution et les “autorités légitimes”. Il a indiqué que la situation était normale dans les casernes du pays.

Des représentants de l’administration américaine avaient auparavant dit que trois des principaux membres du régime Maduro - le ministre de la Défense, le chef de la Garde nationale et le président de la Cour suprême - avaient entamé des discussions avec l’opposition et qu’ils étaient prêts à soutenir une alternance pacifique du pouvoir.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Caracas mardi matin en soutien à Juan Guaido, un rassemblement qui a donné lieu à des affrontements avec les forces de sécurité.

Après le départ de Guaido, un véhicule de la garde nationale a renversé plusieurs des partisans de Guaido qui lançaient des pierres et étaient armés de bâtons aux abords de la base aérienne, montrent des images de Reuters télévision.

Selon des groupes de défense des droits de l’homme, 109 personnes ont été blessées dans ces incidents.

CARACAS ACCUSE WASHINGTON

Dans un message vidéo publié sur Twitter en début de journée, Guaido, qui s’est autoproclamé en janvier président par intérim, est apparu entouré par des hommes en uniforme. L’opposant Leopoldo Lopez, qui est normalement assigné à résidence depuis 2017, était également présent à ses côtés, précisant dans un tweet avoir été “libéré par des soldats”.

“Les forces armées nationales ont pris la bonne décision, elles peuvent compter sur le soutien du peuple vénézuélien”, a déclaré Juan Guaido tout en demandant que soit mis fin “définitivement à l’usurpation” de Nicolas Maduro, réélu à la présidence l’an dernier dans la controverse.

Le ministre des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, a accusé les Etats-Unis de téléguider une tentative de coup d’Etat.

“Ce n’est pas une tentative de coup d’Etat militaire. Ce qui se passe est organisé directement à Washington, au Pentagone et au département d’Etat, et par Bolton”, a-t-il déclaré à Reuters.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison blanche a rejeté ces accusations et présenté la situation comme une tentative de Guaido, que les Etats-Unis ont reconnu comme président légitime, de “prendre le contrôle” de son pays.

John Bolton a également mis en garde le gouvernement de Maduro contre la tentation de recourir à la force contre des civils et prévenu que “toutes les options sont sur la table”.

La Russie, qui a apporté un soutien militaire et logistique à Maduro, a dénoncé l’attitude de “l’opposition radicale qui a une nouvelle fois recours à des méthodes violentes de confrontation”.

Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères déplore que les opposants “aient pris l’option d’envenimer le conflit et de provoquer des violations de l’ordre public (...)”.

Le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a appelé tous les participants à ce conflit à éviter le recours à la violence et à prendre des mesures immédiates pour rétablir le calme, a déclaré un porte-parole.

avec Corina Pons et Mayela Armas à Caracas, Matt Spetalnick, Patricia Zengerle, Roberta Ramptoon et Lesley Wroughton à Washington; Jean-Stéphane Brosse, Pierre Sérisier, Tangi Salaün et Jean Terzian pour le service français

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