April 29, 2019 / 9:17 AM / 7 months ago

"Gilets jaunes": Le gouvernement a son programme de travail

PARIS (Reuters) - Quatre jours après les annonces d’Emmanuel Macron destinées à répondre à la crise des “Gilets jaunes”, Edouard Philippe a mis au point lundi, lors d’un séminaire à Matignon, le programme de travail du gouvernement et de la majorité pour les mois à venir.

Quatre jours après les annonces d'Emmanuel Macron destinées à répondre à la crise des "Gilets jaunes", Edouard Philippe a mis au point lundi, lors d'un séminaire à Matignon, le programme de travail du gouvernement et de la majorité pour les mois à venir. /Photo prise le 17 avril 2019/REUTERS/Ludovic Marin

Des baisses d’impôt à la transition écologique en passant par la réforme constitutionnelle, qui sera remise sur le métier en juillet, le chef du gouvernement a donné le calendrier de travail de son équipe jusqu’à l’automne.

“Il faut à la fois aller vite et aller bien”, a-t-il expliqué devant la presse dans la cour de Matignon.

“Si j’ai indiqué ce soir les éléments du calendrier, c’est pour que chacun sache à quel moment le travail commençait et à quel moment il devait s’achever, pour que les solutions puissent entrer en oeuvre et devenir visibles pour chacun de nos concitoyens”, a-t-il ajouté.

Les chefs des groupes et des commissions parlementaires La République en marche (LaRem) et Mouvement démocrate (MoDem) de l’Assemblée nationale et du Sénat ont participé au séminaire, un format destiné à prévenir toute cacophonie future au sein d’une majorité parfois agitée.

“Si nous voulons pouvoir traduire dans les faits les annonces du président de la République, nous devons avoir la même vision des contraintes, la même ambition, discuter, travailler en commun”, avait dit Edouard Philippe en début de journée.

Dès cette semaine, il donnera mission à l’avocat Frédéric Thiriez de réfléchir à l’avenir de la haute fonction publique et à la Cour des comptes de se pencher sur la lutte contre la fraude fiscale. Des propositions sont attendues à l’automne sur ces deux sujets.

Le mois de juin verra le chef du gouvernement réunir les associations d’élus sur les questions relatives à la décentralisation et à la façon de rapprocher les services publics des citoyens.

C’est aussi à ce moment-là que seront présentées les modalités de baisse de l’impôt sur le revenu, de l’ordre de cinq milliards (), et la mise en place d’une convention citoyenne de 150 Français chargés de réfléchir aux questions liées au climat.

“TENIR LA DÉPENSE PUBLIQUE”

Juillet verra la présentation en conseil des ministres du texte sur la révision constitutionnelle - interrompue l’été dernier par “l’affaire Benalla” - et de celui sur la bioéthique, avec un mois de retard sur le calendrier initial.

Le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, remettra son rapport sur le système universel de retraites, qui donnera lieu à des arbitrages du gouvernement en septembre.

Edouard Philippe n’a pas donné de détails quant au financement des mesures, alors que la marge de manoeuvre est très étroite.

Selon Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, les nouveaux gestes consentis jeudi par le chef de l’Etat s’élèvent à environ 6,5 milliards d’euros.

La réindexation sur l’inflation des pensions de retraites inférieures à 2.000 euros par mois en 2020 représente environ 1,5 milliard d’euros, qui viennent s’ajouter aux cinq milliards d’euros de baisse d’impôt promis aux ménages, a-t-il déclaré.

Après les 10 milliards d’euros de mesures en faveur du pouvoir d’achat déjà annoncés en décembre, “ça fait donc à peu près 17 milliards en tout”, a-t-il estimé lundi sur Europe 1.

Pour autant, “nous tiendrons les comptes publics et nous serons autour de 2% de déficit l’année prochaine”, a-t-il dit.

Pour tenir cet objectif malgré les nouvelles mesures annoncées la semaine dernière, le gouvernement continuera “à tenir la dépense publique”, a dit Gérald Darmanin. Il a évoqué notamment les réformes programmées de la fonction publique, de l’assurance chômage, des retraites et de l’audiovisuel public.

Mais pour Jean Pisani-Ferry, un des architectes du programme économique d’Emmanuel Macron en 2017, le retour à l’équilibre des finances publiques va “certainement” être retardé avec les annonces de jeudi.

“A l’horizon 2021, on est à 30 milliards d’euros de dépenses supplémentaires et de moindres recettes”, a souligné cet économiste dans le Journal du Dimanche. “Pour l’instant, le gouvernement annonce au mieux 10 milliards d’économies et de recettes nouvelles, notamment grâce aux cinq milliards de niches fiscales qui vont être supprimées pour les entreprises. Il y a donc un écart de 20 milliards d’euros, soit 1% du PIB du pays”.

Marine Pennetier et Elizabeth Pineau avec Myriam Rivet, édité par Emmanuel Jarry

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