April 28, 2019 / 2:26 PM / 4 months ago

Gouvernement et majorité se penchent sur la partition de Macron

PARIS (Reuters) - Ministres et responsables de la majorité présidentielle commenceront lundi à mettre en musique la “nouvelle ambition” présentée par Emmanuel Macron pour relancer son quinquennat, autour d’un calendrier législatif et politique chargé.

Ministres et responsables de la majorité présidentielle commenceront lundi à mettre en musique la "nouvelle ambition" présentée par Emmanuel Macron pour relancer son quinquennat, autour d'un calendrier législatif et politique chargé. /Photo prise le 25 avril 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

Ce “séminaire de la majorité”, une formule inédite selon l’Elysée, rassemblera à Matignon le gouvernement et les chefs des groupes et présidents La République en marche (LaRem) et Mouvement démocrate (MoDem) des commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Au programme : méthode de travail, répartition des rôles et calendrier pour installer les chantiers annoncés par le chef de l’Etat, qui veut aller vite en réponse à cinq mois de crise des “Gilets jaunes”, sans “se substituer” au gouvernement ou au Parlement.

Pour répondre à l’urgence créée par l’incendie de Notre-Dame de Paris le 15 avril, les élus sont invités à voter rapidement le projet de loi consacré à la reconstruction, qui a été présenté mercredi au conseil des ministres.

Le texte relatif à l’énergie et au climat, qui inscrira notamment dans la loi l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050, sera quant à lui présenté mardi au conseil des ministres.

Déjà adopté par le Sénat, le projet de loi sur les mobilités, un catalogue de mesures allant du financement des infrastructures au soutien à la pratique du vélo, arrivera mi-mai en commission à l’Assemblée. Un poids lourd de la majorité promet “des aménagements” sur l’éruptif sujet de la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes nationales.

D’importants chantiers devraient ensuite s’enchaîner.

RETOUR DE LA RÉFORME CONSTITUTIONNELLE

Lors de sa conférence de presse jeudi, Emmanuel Macron a annoncé la mise sur le métier “à l’été” des réformes des retraites et de l’assurance-chômage, ainsi que de la réforme constitutionnelle, dont l’examen à l’Assemblée avait été interrompu en juillet par “l’affaire Benalla”.

Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, doit présenter son plan début juin en vue d’un premier examen à l’Assemblée en juillet. La réforme de l’assurance-chômage devrait quant à elle se faire par décret, sans passer par la loi.

Avant le retour au Parlement cet été de la réforme constitutionnelle, qui pourrait être adoptée au premier semestre 2020, Emmanuel Macron a souhaité que 150 personnes soient tirées au sort et commencent à travailler en juin en lien avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

La transformation du CESE en “Conseil de la participation citoyenne”, que le chef de l’Etat a appelé de ses voeux, suppose une modification de la Constitution.

Le projet de loi sur la bioéthique, attendu en juin au conseil des ministres, devrait attendre l’automne, au moins, pour arriver au Parlement, tout comme le chantier de la dépendance.

L’essentiel des mesures économiques annoncées - baisse de l’impôt sur le revenu, révision de niches fiscales et réindexation des retraites jusqu’à 2.000 euros par mois - devrait entrer en vigueur début 2020 et peut donc attendre les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale de l’automne prochain.

Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a cependant déjà annoncé qu’il proposerait que la baisse de cinq milliards d’euros de l’impôt sur le revenu puisse bénéficier à environ 15 millions de foyers fiscaux.

L’EXÉCUTIF DAVANTAGE À L’ÉCOUTE DE LA MAJORITÉ

Le chef de l’Etat a également souhaité qu’un “acte II de la décentralisation” entre en vigueur en 2020 sur des sujets comme “le logement, le transport et la transition écologique”. Il devrait se traduire par l’installation de maisons “France Services” dans quelque 2.000 cantons.

Parmi les autres annonces à mettre en oeuvre figurent le soutien aux parents dont l’ex-conjoint ne verse pas la pension alimentaire qu’il doit et la fin des grands corps d’Etat, via une mission confiée à Frédéric Thiriez sur l’Ecole nationale d’administration (ENA), qu’Emmanuel Macron veut supprimer.

Au sein du groupe LaRem à l’Assemblée, une poignée de députés dont Aurélien Taché ont parallèlement été chargés de réfléchir à une revitalisation des corps intermédiaires, en particulier des syndicats et des associations.

“Le président a pris conscience de la richesse du groupe La République en marche”, a dit un proche de son chef de file à l’Assemblée, Gilles Le Gendre. “Le gouvernement doit se montrer beaucoup plus à l’écoute du groupe mais cette coopération implique une élévation du niveau de jeu et du sens des responsabilités pour tout le groupe. Quand on tope avec le gouvernement, on s’aligne.”

Un message envoyé à l’aile “gauche” de LaRem qui s’est montrée agitée, notamment à l’occasion de la loi “anti-casseurs” lors du vote de laquelle 50 de ses députés se sont abstenus en février.

Avec Julie Carriat et Caroline Paillez, édité par Jean-Baptiste Vey

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