April 27, 2019 / 2:13 PM / 6 months ago

Faible mobilisation des "Gilets jaunes" après les annonces de Macron

PARIS (Reuters) - La mobilisation des “Gilets jaunes” a marqué le pas lors du 24e samedi consécutif de contestation, organisé deux jours après les annonces d’Emmanuel Macron, qui a dévoilé jeudi un train de mesures censées répondre au malaise social.

La mobilisation des "Gilets jaunes" a marqué le pas lors du 24e samedi consécutif de contestation, organisé deux jours après les annonces d'Emmanuel Macron, qui a dévoilé jeudi un train de mesures censées répondre au malaise social. /Photo prise le 27 avril 2019/REUTERS/Vincent Kessler

Le ministère de l’Intérieur a recensé 23.600 manifestants dans tout le pays, dont 2.600 à Paris, des chiffres proches des plus bas niveaux observés depuis le début du mouvement, il y a un peu plus de cinq mois.

Les organisateurs contestent ces estimations, qu’ils jugent en deçà de la réalité.

Aucun incident majeur, de l’ampleur de ceux de décembre ou de la mi-mars, n’est venu perturber ce nouveau rendez-vous des “Gilets jaunes”, qui ont cette fois choisi Paris et Strasbourg comme principaux points de ralliement.

Dans le chef-lieu du Bas-Rhin, environ 2.000 personnes se sont rassemblées, selon la préfecture. Les forces de l’ordre ont fait usage, à plusieurs reprises, de gaz lacrymogène pour les disperser aux abords du quartier du Parlement européen, où les cortèges étaient proscrits par arrêté préfectoral.

“RIC en toutes matières, RIC dans la constitution”, pouvait-on lire sur certaines banderoles appelant à l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne - une innovation constitutionnelle qu’Emmanuel Macron a balayée lors de la première grande conférence de presse de son mandat, jeudi.

La préfecture du département a fait état de “nombreuses dégradations”, en particulier de mobilier urbain, de 42 interpellations et de sept blessés - trois manifestants, trois parmi les forces de l’ordre et une riveraine.

A Paris, les manifestants ont suivi deux parcours distincts, dont l’un est passé par le siège de plusieurs grands médias nationaux, accusés de donner une image biaisée du mouvement, comme Radio France, TF1-LCI, France Télévisions et BFM TV.

“ÉVÉNEMENT”

Le second cortège, partant du quartier de Montparnasse en direction de la place d’Italie, a réuni des “Gilets jaunes”, des syndicalistes, principalement de la CGT, et des personnalités politiques, parmi lesquelles Jean-Luc Mélenchon, sous le mot d’ordre commun “Face à une attaque globale, riposte générale”.

“C’est la première fois qu’il y a un appel de cette nature, c’est-à-dire des organisations syndicales, des associations et des mouvements politiques”, a déclaré le chef de file de La France insoumise, dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook. “Je tenais à tout prix à être là au moment où ça commence.”

Au total, 2.600 “Gilets jaunes” ont défilé dans la capitale, un chiffre auquel il faut ajouter les 3.500 personnes qui se sont jointes au cortège, plus traditionnel, de la CGT, selon le décompte du ministère de l’Intérieur.

La préfecture de police a dit à Reuters avoir procédé à 14 interpellations et 13.500 contrôles préventifs.

Les manifestants étaient également environ 2.000 à Bordeaux selon des estimations de Reuters, 1.000 à Marseille selon la préfecture et plusieurs centaines à Lyon.

Dans la préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes, une trentaine de véhicules ont par ailleurs participé dans la matinée à une opération escargot sur le périphérique afin de protester contre le passage à 70km/h de la vitesse maximale, provoquant d’importante perturbations dans toute l’agglomération.

Les trois précédents samedis du mois d’avril, les autorités avaient recensé entre 22.000 et 31.000 manifestants, loin des près de 300.000 comptabilisés le 17 novembre.

La prochaine journée à valeur de test pour le gouvernement aura lieu le 1er mai, inscrit au calendrier des syndicats.

Jeudi, Emmanuel Macron a annoncé, entre autres, une baisse de cinq milliards d’euros de l’impôt sur le revenu, une réindexation des retraites sur l’inflation et la suspension des fermetures d’écoles et d’hôpitaux, autant de mesures présentées comme le fruit du “grand débat national” du premier trimestre 2019.

Simon Carraud avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, Catherine lagrange à Lyon et Claude Canellas à Bordeaux, édité par Arthur Connan

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