April 26, 2019 / 12:51 PM / 4 months ago

Les annonces d'Emmanuel Macron déçoivent les écologistes

PARIS (Reuters) - La conférence de presse post-“grand débat” d’Emmanuel Macron a laissé sur leur faim les figures de l’écologie politique et les associations de défense de l’environnement, qui ont dénoncé l’absence de mesures à effet immédiat en faveur du climat.

La conférence de presse post-"grand débat" d'Emmanuel Macron a laissé sur leur faim les figures de l'écologie politique et les associations de défense de l'environnement, qui ont dénoncé l'absence de mesures à effet immédiat en faveur du climat. /Photo prise le 25 avril 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

Tout en soulignant l’”urgence” en la matière, le chef de l’Etat n’a rien dévoilé de nouveau, si ce n’est un changement de méthode se traduisant par la création de nouvelles instances.

Une assemblée incluant 150 personnes tirées au sort verra ainsi le jour, avec “pour première mission de travailler sur ce sujet, de redessiner toutes les mesures concrètes d’aides aux citoyens sur la transition climatique dans le domaine des transports, de la rénovation des logements”, a-t-il dit.

“Ce qui sortira de cette convention, je m’y engage, sera soumis sans filtre soit au vote du Parlement soit à référendum soit à application réglementaire directe”, a-t-il ajouté.

Parallèlement à cette “convention citoyenne”, le président français promet de réunir “de manière régulière” un “conseil de défense écologique”, sur le modèle du conseil de défense, en présence du chef du gouvernement et des ministres concernés.

Pour le reste, il a renvoyé au projet de loi sur l’énergie et le climat, qui doit être présenté mardi en conseil des ministres, et à des annonces ultérieures concernant la lutte anti-gaspillage.

“Donc des ‘orientations’, mais pas de vraies décisions”, a réagi sur Twitter l’ONG Greenpeace, qui a raillé la création d’un “énième comité Théodule”.

Dans un communiqué publié vendredi, le WWF France s’est pour sa part dit “très déçu”.

“Le président n’a pas saisi l’opportunité qui se présentait à lui pour répondre à cette urgence”, déplore l’association, qui fut dirigée jusqu’à la fin mars par l’ex-ministre Pascal Canfin, devenu depuis lors candidat de la majorité aux européennes.

Le WWF France souligne l’absence de toute mention de la biodiversité, alors même que l’IPBES (plateforme intergouvernementale sur la biodiversité) doit publier le 6 mai un rapport alarmant sur le sujet.

PAS “LE DÉBUT D’UNE POLITIQUE DE TRANSITION”

“Très déçu par l’absence de nouvelles mesures concrètes”, le député Matthieu Orphelin, élu sous l’étiquette de La République en marche (LaRem) mais en rupture de ban depuis le mois de février, a lui aussi dénoncé une “occasion manquée”.

L’ancien ministre Nicolas Hulot, revenu à la vie associative après sa démission fracassante au mois d’août, avait fait ce même constat le week-end dernier, sur la foi des annonces dont la presse s’était déjà largement fait l’écho.

“Ce qui a fuité dans les médias laisse craindre que l’exécutif se contente d’acheter la paix sociale (...) mais sans engager le début d’une politique de transition écologique et solidaire”, avait-t-il regretté dans un entretien à Libération.

Ecologie exceptée, Emmanuel Macron a annoncé, jeudi, de nombreuses mesures censées répondre au malaise social incarné par les “Gilets jaunes”, allant d’une baisse de l’impôt sur le revenu à la réindexation des petites retraites sur l’inflation.

S’il est resté si discret sur les questions liées à l’environnement, il faut en faire le reproche aux journalistes, selon la secrétaire d’Etat Brune Poirson.

“Pas une question sur ce sujet” durant les deux heures et demie de conférence de presse, a-t-elle écrit sur Twitter. “La transition écologique est la priorité des Français mais à l’Elysée, pas celle des journalistes.”

Champion autoproclamé du “make our planet great again” mais critiqué par les ONG, le président français envoie des signaux ambivalents depuis le début de son mandat.

Le gouvernement vient de relever ses ambitions en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, à en croire une nouvelle version du projet de loi à venir mardi sur la table du conseil des ministres.

Cette deuxième mouture prévoit une division par plus de six des émissions d’ici à 2050 alors que la précédente version, mise au rebut le mois dernier, fixait comme seul objectif celui, plus flou, de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

A l’initiative d’Emmanuel Macron, la France a aussi décidé, symboliquement, de s’opposer à l’ouverture de négociations commerciales entre l’Union européenne et les Etats-Unis en raison, notamment, de la sortie de Washington de l’Accord de Paris sur le climat.

Selon un député influent de la majorité, le groupe “pousse” désormais pour l’élaboration d’une “loi de programmation écologique”, inspirée de la loi de programmation militaire, qui vaudrait sur plusieurs années.

Simon Carraud avec Elizabeth Pineau, édité par Yann Le Guernigou

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