April 16, 2019 / 3:34 PM / 6 months ago

Notre-Dame, métaphore de la planète pour Greta Thunberg

STRASBOURG (Reuters) - Greta Thunberg, la jeune Suédoise qui s’est donné pour mission d’alerter sur le réchauffement climatique, entraînant derrière elle des milliers d’écoliers de par le monde, s’est inspirée mardi de Notre-Dame de Paris pour rappeler la fragilité de notre civilisation.

Greta Thunberg, la jeune Suédoise qui s’est donné pour mission d’alerter sur le réchauffement climatique, entraînant derrière elle des milliers d’écoliers de par le monde, s’est inspirée mardi de Notre-Dame de Paris pour rappeler la fragilité de notre civilisation. /Photo prise le 16 avril 2019/REUTERS/Vincent Kessler

La lycéenne de 16 ans, chemise à carreaux et visage enfantin encadré par deux longues nattes, était reçue au Parlement européen, à Strasbourg, où les députés de la commission de l’Environnement l’ont ovationnée.

« Hier, le monde entier a assisté avec tristesse et désespoir à l’incendie de Notre-Dame de Paris, mais Notre-Dame sera reconstruite. J’espère que ses fondations sont solides. J’espère que nos fondations sont solides aussi, mais je n’en suis pas sûr », a-t-elle déclaré.

« Il va falloir passer en mode cathédrale. Je vous demande de vous réveiller et de faire ce qui est nécessaire”, a-t-elle souligné.

La lycéenne, qui se fie aux prévisions des scientifiques pour sonner le tocsin et inciter les adultes à agir plus fort et plus vite, a énoncé, devant les parlementaires, un discours qu’elle répète désormais dans le monde entier.

« Je veux vous faire paniquer, je veux vous faire agir comme si votre maison était en feu », a-t-elle débuté, faisant écho à la phrase de Jacques Chirac, en 2002, au sommet de la Terre de Johannesburg en Afrique du Sud (« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs »).

« Un grand nombre de politiciens m’ont expliqué que paniquer n’engendrait rien de bon. Je suis d’accord, mais lorsque votre maison est en feu et que vous voulez éviter qu’elle s’effondre, il vaut mieux paniquer un petit peu », a ajouté la jeune fille.

Elle a mis en doute la capacité de l’UE à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 50% d’ici 2030, comme le jugent nécessaire les experts du Giec (le groupe d’experts intergouvernemental sur le climat), pour éviter un réchauffement supérieur à 1,5°.

« En 2030, ce sera une situation où nous aurons une réaction en chaîne irréversible que l’être humain ne pourra plus contrôler et ce sera la fin de notre civilisation », a-t-elle prédit.

Très émue au point de devoir s’interrompre lorsqu’elle a évoqué la disparition des espèces, la déforestation et la stérilisation des sols qui frappent déjà la planète, elle a interpellé ses interlocuteurs.

« Si votre maison était en train de s’effondrer, vous ne voyageriez plus en avion à travers le monde en ‘business class’ », a dit la lycéenne venue en train de Stockholm, « vous n’organiseriez pas trois sommets d’urgence sur le Brexit et aucun sur le changement climatique ».

Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet

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