April 10, 2019 / 3:51 PM / 4 months ago

Macron "regrette" les tentatives de clivage gauche-droite

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a “fortement regretté” mercredi les tentatives visant à “faire exister des divergences” avec son Premier ministre Edouard Philippe à l’approche des arbitrages liés au “grand débat” qui ont réveillé le clivage gauche-droite au sein de la majorité et du gouvernement.

Emmanuel Macron a "fortement regretté" mercredi les tentatives visant à "faire exister des divergences" avec son Premier ministre Edouard Philippe à l'approche des arbitrages liés au "grand débat" qui ont réveillé le clivage gauche-droite au sein de la majorité et du gouvernement. /Photo prise le 9 avril 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

Cette fragmentation a récemment ressurgi avec la porte ouverte par Edouard Philippe, transfuge de la droite, à un éventuel report de l’âge légal du départ à la retraite pour financer la dépendance, une hypothèse qui a suscité des remous dans l’aile gauche du parti La République en marche (LaRem).

Un des tenants de cette aile, le député Aurélien Taché, a annoncé mardi le lancement d’Hypérion, un laboratoire d’idées visant à faire vivre “la gauche démocrate” au sein du parti présidentiel, en collaboration avec l’avocat Jean-Pierre Mignard, soutien du chef de l’Etat.

“Il faut faire contrepoids à ces ministres venus de la droite”, a indiqué le député du Val-d’Oise dimanche dans les colonnes du JDD, visant Gérald Darmanin (Action et Comptes publics), Bruno Le Maire (Economie et Finances) et Sébastien Lecornu (Cohésion des territoires).

“Plutôt que de tenter de réviser le programme présidentiel qui affirme le maintien de la retraite à 62 ans, ils devraient s’interroger sur le maintien ou le retour dans l’emploi de nombreux seniors au chômage”, avait ajouté dans le même journal Guillaume Chiche, député LaRem des Deux-Sèvres au profil également marqué à gauche.

COLÈRE DE PHILIPPE

Ces différentes prises de parole et cette lutte d’influence au sein du gouvernement et de la majorité, déjà constatée lors du récent examen de la loi dite “anti-casseurs”, ont suscité l’ire d’Edouard Philippe qui, lors d’une réunion du bureau politique de LaRem lundi soir, a adressé une mise au point.

Selon des participants, le Premier ministre aurait à cette occasion fustigé la tentation de “l’entre-soi” chez certains “venant de la gauche” et démenti tout “désalignement” avec le chef de l’Etat.

“Il est naturel dans un mouvement politique que des opinions diverses puissent s’exprimer”, a réagi mercredi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye lors du compte rendu du conseil des ministres à l’Elysée. “En Marche a été constitué justement sur la base de personnes qui venaient de sensibilités et d’horizon différents, de la droite, de la gauche”.

Pour autant, Emmanuel Macron a “fortement regretté” lors du conseil des ministres “que les uns et les autres puisent essayer de montrer ou de faire exister des divergences entre lui et le Premier ministre”, a-t-elle ajouté.

“Il a rappelé la parfaite entente qui existe entre les deux têtes de l’exécutif et le fait que l’un comme l’autre partagent le même diagnostic et la même analyse sur ce que doivent être les solutions qui interviendront à la fin de ce grand débat”, a-t-il ajouté, selon la porte-parole du gouvernement.

Marine Pennetier et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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