April 10, 2019 / 1:36 PM / 6 months ago

Réponse au "grand débat" dans "les prochains jours"

PARIS (Reuters) - La réponse de l’exécutif au “grand débat” national, qui a permis de montrer “un visage apaisé, digne et respectueux” de la démocratie face aux violences qui ont émaillé les manifestations des “Gilets jaunes”, sera connue dans “les prochains jours”, a confirmé mercredi Emmanuel Macron lors du conseil des ministres.

La réponse de l'exécutif au "grand débat" national, qui a permis de montrer "un visage apaisé, digne et respectueux" de la démocratie face aux violences qui ont émaillé les manifestations des "Gilets jaunes", sera connue dans "les prochains jours", a confirmé mercredi Emmanuel Macron lors du conseil des ministres. /Photo prise le 8 avril 2019/REUTERS/Charles Platiau

Le chef de l’Etat “s’est félicité” devant ses ministres “de ce que notre démocratie pouvait avoir montré un visage apaisé, certes moins spectaculaire que les images des samedis de casse, mais un visage à la fois digne et respectueux”, a rapporté la porte-parole du gouvernement lors du compte rendu du conseil.

“Il a indiqué qu’une réponse serait apportée à son niveau dans les prochains jours (...) et que cette réponse s’intégrerait dans le renouvellement du cadre de notre projet national et de notre projet européen”, a ajouté Sibeth Ndiaye. “Il sera amené à prendre la parole sous une forme qu’il ne m’appartient pas de dévoiler”.

Selon les organisateurs, 1,5 million de Français ont participé d’une façon ou d’une autre au “grand débat” lancé le 15 janvier et conçu comme une réponse à la crise des “Gilets jaunes”, notamment via quelque 1,9 million de contributions sur internet et plus de 10.000 réunions locales.

Lors d’un discours devant l’Assemblée nationale mardi, le Premier ministre Edouard Philippe a promis des “décisions puissantes et concrètes”, fidèles “à l’esprit de dépassement de cette majorité - loin des vieux clivages -, où les valeurs de justice, d’intérêt général et d’efficacité sont les boussoles de l’action publique”.

A l’approche de l’intervention présidentielle, le mystère demeure sur les pistes qui seront retenues in fine par l’exécutif. Sans entrer dans le détail des mesures à venir, le Premier ministre a cité mardi l’importance de prendre des mesures en matière de fiscalité, d’organisation des territoires et de réforme institutionnelle.

“INDIFFÉRENTS À EUX”

Mercredi devant les sénateurs, Edouard Philippe a de nouveau évoqué le “mur de défiance, voire le mur de haine” qui sépare les citoyens de leurs représentants que sont les élus, à l’exception des maires, les hauts fonctionnaires, les syndicats ou encore les journalistes.

Les Français “ont souvent le sentiment que ceux qui décident pour eux sont loin d’eux, à la fois différents d’eux et indifférents à eux”, a-t-il fait remarquer.

“Jamais les collectivités territoriales n’ont bénéficié d’autant de moyens financiers”, a-t-il aussi déclaré, sous les protestations d’un Sénat en majorité à droite, considéré comme l’assemblée des territoires. Prônant un “juste équilibre entre l’Etat central et l’Etat local”, il a invité à “redéployer du service public, des fonctionnaires sur le terrain en leur donnant le pouvoir et les moyens d’agir localement”.

Au chapitre des chantiers à accélérer, il a cité l’objectif du “très haut débit pour tous d’ici 2022”, la construction de tronçons de routes nationales, le plan “action coeur de ville” et la réforme du système de santé.

“Le grand débat nous invite maintenant à aller plus loin dans la baisse des impôts”, a-t-il ajouté, s’engageant à “aller plus loin” mais pas “au prix du creusement d’une dette qui est en réalité un impôt pour les générations futures”.

La marge de manoeuvre budgétaire de l’exécutif s’annonce réduite depuis l’annonce début décembre de mesures en faveur du pouvoir d’achat chiffrées à dix milliards d’euros.

Evoqué lors du conseil des ministres, le programme de stabilité et le programme national de réformes “ne tient évidemment pas compte de ce que seront les points de sortie du grand débat mais de la souplesse a été donnée de manière à ce que les décisions qui seront prises puissent être intégrées et répondre aux impératifs de la trajectoire”, a dit Sibeth Ndiaye.

Marine Pennetier et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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