April 8, 2019 / 2:57 PM / 4 months ago

En attendant une réponse de Rome, la France poursuit le Lyon-Turin

La France a réaffirmé lundi son soutien au projet de liaison ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, suspendu à un arbitrage du gouvernement italien, en lançant le programme d'études en vue de la réalisation des voies d'accès au tunnel, côté français. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

PARIS (Reuters) - La France a réaffirmé lundi son soutien au projet de liaison ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, suspendu à un arbitrage du gouvernement italien, en lançant le programme d’études en vue de la réalisation des voies d’accès au tunnel, côté français.

Paris n’a jamais remis en cause son engagement en faveur de ce chantier à plusieurs milliards d’euros, qui divise en revanche les deux composantes de la coalition au pouvoir à Rome.

La Ligue, un parti d’extrême droite emmené par le vice-président du Conseil Matteo Salvini, y est favorable tandis que le Mouvement 5 Etoiles (M5S), de l’autre vice-président du Conseil Luigi Di Maio, s’y oppose vigoureusement.

Le gouvernement n’a pas encore tranché la question de sa participation à ce projet connu en Italie sous le nom de TAV (treno ad alta velocità), financé à 40% par l’Union européenne, à 25% par l’Etat français et à 35% par l’Etat italien.

Pour sa part, “la France est résolument engagée dans le projet de ligne nouvelle Lyon-Turin”, peut-on lire dans un communiqué du ministère des Transports.

Conformément à cet engagement, la ministre Elisabeth Borne a officiellement demandé à SNCF Réseau “d’engager dès à présent le programme d’études visant à préciser les investissements nécessaires pour la réalisation des voies d’accès, qu’il s’agisse de la modernisation du réseau existant ou de la réalisation de lignes nouvelles”, est-il précisé.

A Rome, le président du Conseil, Giuseppe Conte, promet de prendre une décision sur la base d’une analyse coûts-bénéfices réalisée à la demande du ministre des Transports, Danilo Toninelli (M5S), et rendue publique il y a un mois.

Pour les auteurs de cette étude, qui parlent d’un gaspillage d’argent public, la ligne représenterait sept milliards d’euros de pertes si elle devait voir le jour.

Simon Carraud, édité par Elizabeth Pineau

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