April 8, 2019 / 10:32 AM / 7 months ago

Grand débat: Philippe veut baisser les impôts plus rapidement

PARIS (Reuters) - Il faudra baisser plus vite les impôts pour répondre à l’exaspération des Français, a déclaré lundi Edouard Philippe, amorçant la réponse de l’exécutif au “grand débat” lancé il y a près de trois mois pour répondre à la crise des “Gilets jaunes”.

Il faudra baisser plus vite les impôts pour répondre à l'exaspération des Français, a déclaré lundi Edouard Philippe, amorçant la réponse de l'exécutif au "grand débat" lancé il y a près de trois mois pour répondre à la crise des "Gilets jaunes". /Photo prise le 8 avril 2019/REUTERS/Charles Platiau

Le Premier ministre a cité quatre “exigences” : baisser la fiscalité, renouer les liens avec les territoires se sentant délaissés, renforcer le lien démocratique avec les citoyens et mieux répondre à l’urgence climatique.

Il s’exprimera de nouveau mardi à l’Assemblée nationale et mercredi au Sénat. Le président Emmanuel Macron précisera ensuite les “grandes orientations” à une date inconnue.

Le débat a mis au jour “un immense besoin de justice et d’équité”, a dit le chef du gouvernement lors d’une conférence de restitution des résultats du “grand débat”, et notamment “une immense exaspération fiscale”.

“Elle ne date pas d’hier, mon gouvernement en assume sa part de responsabilité”, a-t-il ajouté, citant la hausse de la fiscalité sur les carburants qui a contribué à déclencher à la mi-novembre la crise actuelle.

“Le débat nous indique clairement la direction à prendre : nous devons baisser et baisser plus vite les impôts”, a-t-il poursuivi. “Les Français ont aussi compris avec beaucoup de maturité (...) qu’on ne peut pas baisser les impôts si on ne baisse pas la dépense publique.”

Le déficit public prévu au-delà de 3% du PIB cette année contraint l’action de l’exécutif, déjà forcé d’annoncer quelque 10 milliards d’euros de mesures en décembre pour endiguer la contestation.

TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE

Il faudra en outre renforcer la présence des services publics dans les villes petites et moyennes et mettre plus de fonctionnaires face aux citoyens, a dit Edouard Philippe, ce qu’Emmanuel Macron a déjà annoncé lors de ses nombreux échanges avec des élus ces dernières semaines.

Le Premier ministre a ensuite évoqué une exigence démocratique car “nous ne sommes pas parvenus à réconcilier les Français avec ceux qui les dirigent”.

A ce propos, il a défendu la limitation de la vitesse à 80 km/h sur certaines routes, une mesure très critiquée par des “Gilets jaunes” et qu’il a lui-même portée.

“Je ne me résigne pas à abandonner cette ambition en matière de sécurité routière, c’est une grande politique publique au service de nos concitoyens, elle est indispensable mais je dois apprendre à composer avec l’incompréhension ou le rejet de certains de nos concitoyens”, a-t-il dit.

Le chef du gouvernement a dit vouloir “construire les outils d’une démocratie plus délibérative”, sans trancher entre les différentes options mises sur la table, notamment concernant la possibilité d’étendre le champ du référendum.

Une fois les orientations précisées par le président, le gouvernement travaillera avec le Parlement, les partenaires sociaux, les élus locaux et les acteurs associatifs, a promis Edouard Philippe.

1,5 MILLION DE FRANÇAIS ONT PARTICIPÉ

“Cet agenda des solutions obéira forcément à plusieurs échelles de temps mais une chose m’apparait certaine : nous sommes parvenus à une situation où hésiter serait pire qu’une erreur, ce serait une faute”, a-t-il déclaré. “Le besoin de changement est si radical que tout conservatisme, toute frilosité serait à mes yeux impardonnable.”

Emmanuel Macron avait cité des pistes ces derniers jours.

Une action pour les territoires d’abord, avec davantage de déconcentration, synonyme de plus de fonctionnaires sur le terrain, et de décentralisation combinant compétences, financements et responsabilité politique.

Un geste pour certaines petites retraites ensuite, avec notamment un relèvement du minimum contributif, ainsi qu’une meilleure association des citoyens aux décisions publiques, avec peut-être une réforme du référendum d’initiative partagée.

Le président et le Premier ministre avaient prévenu qu’ils ne détricoteraient pas les mesures prises depuis le début du quinquennat et écarté plusieurs propositions de hausses des prélèvements pour les contribuables les plus riches.

Selon les organisateurs, 1,5 million de Français ont participé d’une façon ou d’une autre au “grand débat”, notamment à travers plus de 1,9 million de contributions sur Internet et plus de 10.000 réunions locales.

La restitution des contributions a fait ressortir des attentes parfois contradictoires mais un consensus sur le niveau jugé trop élevé des prélèvements obligatoires et le besoin de réduire la dépense publique.

“On a enfoncé des portes ouvertes aujourd’hui”, a déploré le porte-parole du parti Les Républicains, Geoffroy Didier, sur BFMTV.

“Ce ‘grand débat’ ne sert qu’à une chose, conforter la politique du gouvernement”, a estimé Eric Coquerel, député La France insoumise, citant en particulier l’ISF, que l’exécutif refuse de rétablir.

Jean-Baptiste Vey, avec Simon Carraud

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