April 8, 2019 / 9:42 AM / in 5 months

Libye: Paris nie tout "plan caché" avec Haftar, redit son soutien à Serraj

PARIS (Reuters) - La France n’a “aucun plan caché” concernant le rôle que doit jouer en Libye le maréchal Khalifa Haftar, qui a lancé une offensive militaire surprise vers Tripoli, a déclaré lundi une source diplomatique française, réaffirmant le soutien de Paris au gouvernement légitime du Premier ministre Fayez al Serraj.

La France n'a "aucun plan caché" concernant le rôle que doit jouer en Libye le maréchal Khalifa Haftar (photo), qui a lancé une offensive militaire surprise vers Tripoli, a déclaré lundi une source diplomatique française. /Photo d'archives/REUTERS/Sergei Karpukhin

L’offensive de l’armée nationale libyenne (ANL) du maréchal, qui s’est traduite dimanche par un raid aérien dans la partie sud de la capitale, a fait ressurgir des critiques contre Paris, qui comme Le Caire et Abou Dhabi, est accusé de soutenir l’homme fort de l’Est libyen, acteur selon eux incontournable de la lutte contre le terrorisme.

Signes des crispations, les zones d’ombres présumées entourant le rôle joué par la France ont fait l’objet samedi d’un entretien selon Paris - une convocation selon Tripoli - entre l’ambassadrice de France pour la Libye Béatrice le Fraper du Hellen et le Premier ministre Fayez el Serraj.

Ce dernier “a été direct en demandant des explications sur notre rôle”, a confirmé la source diplomatique française. “L’ambassadrice lui a redit que nous n’avions rien à voir avec cette offensive militaire, qu’au contraire nous avions fait passer des messages à Haftar pour le dissuader de marcher sur Tripoli et que nous allions refaire passer des messages”.

“Nous souhaitons continuer à mettre le gouvernement de Serraj au centre du jeu et d’essayer d’aller au bout du processus politique négocié à Abou Dhabi” fin février où les deux dirigeants se sont mis d’accord sur la nécessité d’organiser des élections, sans toutefois fixer de calendrier.

“On dit souvent que la France est du côté du maréchal Haftar, qu’elle aurait des velléités de le placer au pouvoir, or nous n’avons jamais défendu cette option-là”, a poursuivi cette source, assurant par ailleurs de la France n’était pas au courant des intentions du maréchal. “Il n’y a pas de double discours ou de plan caché par rapport à ça”.

“PAS NAÏFS”

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est divisée en deux, entre le GNA qui siège à Tripoli et un gouvernement parallèle, soutenu par Khalifa Haftar, qui dirige l’est du pays et qui a récemment étendu son contrôle sur le sud.

Accusé par ses détracteurs de tenter depuis plusieurs années de fomenter un coup d’Etat, le maréchal a été réhabilité en 2016 par plusieurs pays, au premier rang desquels la France, notamment en raison de son rôle joué dans la lutte contre les “groupes terroristes” et contre l’immigration clandestine.

Sur ces deux points, “Haftar a été un partenaire important pour la France, cela explique le fait qu’il y ait cette relation forte avec lui”, explique-t-on à Paris. “Mais pour atteindre l’objectif de stabilité politique partagé par nos partenaires de la communauté internationale, ce sera avec le gouvernement libyen légitime et avec les autres acteurs libyens”.

“Nous assumons le fait qu’il fallait l’inclure dans l’équation politique” mais il n’a aucune “légitimité politique ni institutionnelle”, renchérit un diplomate, qui estime que la France n’a ni été “naïve”, ni n’a fait passer de “messages ambigus.”

Prenant de court la communauté internationale, les combats dans la partie sud de Tripoli, qui ont fait onze morts et 23 blessés selon le ministère de la Santé, portent un coup à un processus politique déjà laborieux qui devait donner lieu à une “conférence nationale” du 14 au 16 avril à Ghadamès.

Compte tenu du contexte sécuritaire, cette conférence pourrait toutefois être remise en cause. La tenue d’une réunion à Tripoli autour de l’envoyé spécial de l’Onu Ghassan Salamé et des représentants des différentes factions armées pour obtenir un cessez-le-feu est quant à elle “actuellement en discussion mais reste hypothétique”, selon la source diplomatique française.

“L’urgence en Libye est de protéger la population civile, faire cesser le feu et remettre les acteurs libyens autour de la table”.

Marine Pennetier, édité par Simon Carraud

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