April 8, 2019 / 5:07 AM / 4 months ago

Un syndicat alerte contre les suicides de policiers

PARIS (Reuters) - Vingt-cinq policiers se sont suicidés depuis le début de l’année, soit un tous les quatre jours, s’alarme dimanche le syndicat Alternative Police-CFDT, qui appelle à “des actes concrets” pour endiguer ce “fléau”.

Vingt-cinq policiers se sont suicidés depuis le début de l'année, soit un tous les quatre jours. /Photo prise le 16 février 2019/REUTERS/Benoît Tessier

“Nous venons d’apprendre le 25ème suicide d’un policier à Alès, par pendaison. Il avait disparu depuis le 1er avril. Son corps vient d’être retrouvé”, a déclaré dimanche à Reuters Denis Jacob, secrétaire général de cette organisation représentative.

Le syndicat précise dans un communiqué diffusé dimanche avoir appris “avec effroi, tristesse mais également avec une très grande colère que deux policiers se sont encore donnés la mort”: une policière à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) et un policier à Alès (Gard).

Selon Le Parisien, la fonctionnaire de la brigade de nuit de Conflans-Sainte-Honorine, âgée de 37 ans, se serait donné la mort avec son arme de service à Guainville (Eure-et-Loir), dans la nuit de samedi à dimanche.

Le corps d’un policier du commissariat d’Alès âgé de 49 ans et disparu depuis une semaine a quant à lui été retrouvé dimanche matin lors d’une battue dans un bois dans le Gard, selon France Bleu Gard Lozère et La Dépêche du Midi.

Le service d’information et de communication de la police (SICoP) a confirmé à Reuters que deux décès de fonctionnaires de police avaient été enregistrés dans le week-end tout en précisant qu’il ne s’agissait pour l’instant que de “suspicions” de suicides devant encore être confirmées après la réalisation d’autopsies.

L’association “Mobilisation des policiers en colère” (MPC), qui se veut indépendante des syndicats, évoquait dans le dernier bilan diffusé vendredi sur son site internet un total de 23 suicides et un mort en service depuis le début de l’année dans la police nationale.

“Bien que les raisons du passage à l’acte restent multifactorielles, entre problèmes privés et situations professionnelles compliquées, il y a incontestablement une véritable souffrance des policiers confrontés quotidiennement à la misère sociale, à la pression hiérarchique et aux missions successives sans possibilité de repos régulier”, estime Alternative Police-CFDT dans son communiqué.

Malgré le lancement en mai 2018 par Gérard Collomb, alors ministre de l’Intérieur, d’un plan de mobilisation visant à renforcer la prévention des suicides parmi les membres des forces de l’ordre, le syndicat juge que “les actes concrets restent bien timides pour endiguer le fléau des suicides”.

Alternative Police-CFDT précise avoir mis en place depuis le mois de février un groupe de travail sur les questions du suicide et des risques psychosociaux et avoir l’intention de faire des propositions sur le sujet au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner au mois de mai.

Selon un rapport sénatorial publié en juin dernier, le taux de suicide dans la police est supérieur de 36% à celui observé dans la population générale.

Emmanuel Jarry et Myriam Rivet, édité par Danielle Rouquié

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