April 3, 2019 / 12:17 PM / 5 months ago

Brexit: Rencontre May-Corbyn pour tenter de sortir de l'impasse

LONDRES (Reuters) - La Première ministre britannique Theresa May et le chef de file de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn se sont retrouvés mercredi pour examiner ensemble les moyens de trouver une issue à l’impasse politique du Brexit.

La Première ministre britannique Theresa May doit rencontrer ce mercredi le chef de file de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn pour examiner ensemble les moyens de trouver une issue à l'impasse politique du Brexit. /Image diffusée le 3 avril 2019/REUTERS/Reuters TV

Jeremy Corbyn a regretté que l’option d’un deuxième référendum ait été écarté par la Première ministre. Pour le Parti travailliste, cette hypothèse serait susceptible de sortir Londres de l’impasse.

Devant le Parlement européen, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a prévenu que l’Union européenne n’accorderait aucun délai supplémentaire pour la date du Brexit si le Parlement britannique ne ratifie pas d’ici le 12 avril prochain l’Accord de retrait entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

En théorie, selon le dernier calendrier fixé par les Européens, le Brexit doit intervenir le 12 avril prochain, soit dans neuf jours, puisque la Chambre des communes, malgré trois tentatives, n’a toujours pas réussi à dégager une majorité sur l’Accord de retrait négocié par Theresa May avec les Européens.

Si cet Accord finit par être ratifié avant le 12 avril, la date du Brexit serait, toujours en théorie, reportée au 22 mai.

Un sommet européen extraordinaire a été programmé le 10 avril.

Les principaux événements de la journée:

19h58 - CORBYN DEPLORE L’ABSENCE D’ACCORD SUR UN REFERENDUM

Jeremy Corbyn a déploré à l’issue de sa réunion avec Theresa May qu’ils n’aient pas trouvé d’accord sur l’hypothèse d’un deuxième référendum, une option susceptible, selon lui, de sortir le Royaume-Uni de l’impasse.

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18h58 - CORBYN A EU DES DISCUSSIONS “CONSTRUCTIVES” AVEC MAY

“Nous avons eu des discussions exploratoires contructives sur la manière de sortir de l’impasse”, a déclaré un porte-parole du Parti travailliste. “Nous sommes tombés d’accord sur un programme de travail entre nos équipes pour établir le cadre de l’accord.”

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18h30 - PAS DE NOUVEAUX “VOTES INDICATIFS” LUNDI AUX COMMUNES

Le “speaker” de la Chambre des communes, John Bercow, tranche: il n’y aura pas de nouveaux “votes indicatifs” sur le Brexit lundi prochain.

Un amendement appelant à une troisième série de votes avait été soumis jeudi aux parlementaires. Le vote a débouché sur une égalité parfaite (310 voix contre 310). “Conformément à la jurisprudence et au principe posant que les décisions importantes ne devraient être prises qu’à la majorité, je donne ma voix aux ‘non’, donc les ‘non’ l’emportent”, a dit Bercow.

La voix décisive de Bercow a rejeté la proposition.

Cette “voie parlementaire”, dans l’esprit de ses concepteurs, était censée affiner différentes options et de dégager celles qui seraient susceptibles de réunir une majorité à la Chambre des communes. A deux reprises déjà, le 27 mars et lundi dernier, les élus avaient examiné et voté sur des options. Aucune n’avait recueilli de majorité.

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18h20 - STURGEON REDOUTE LES EFFETS DE L’”EMPRESSEMENT”

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon évoque une conversation “intéressante et ouverte” avec Theresa May mais ajoute qu’elle ne sait pas vraiment sur quels points la Première ministre britannique souhaite nouer un compromis.

Elle dit aussi redouter que “l’empressement à parvenir à un compromis débouche sur un mauvais compromis”.

En début d’après-midi, elle estimait sur la BBC que May devrait demander aux Européens une extension longue des négociations autour du Brexit et plaidait à nouveau en faveur de la tenue d’un second référendum sur la question.

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17h01 - NOUVELLES DÉMISSIONS AU SEIN DU GOUVERNEMENT MAY

Chris Heaton-Harris, secrétaire d’Etat rattaché au ministère du Brexit, annonce sa démission. “Je ne peux tout simplement pas soutenir une nouvelle prolongation de l’Article 50 et cela signifie évidemment que je ne peux pas rester au gouvernement”, écrit-il dans une lettre à Theresa May.

En fin de matinée, l’élu conservateur Nigel Adams avait déjà annoncé qu’il renonçait à sa charge de ministre chargé du Pays de Galles. “Il semble désormais que votre cabinet et vous-même ayez décidé qu’un accord concocté avec un marxiste qui n’a jamais au cours de sa vie politique fait passer les intérêts britanniques d’abord (ndlr, Jeremy Corbyn) vaut mieux qu’un no deal”, explique-t-il.

En faisant appel à Corbyn, ajoute-t-il, May commet une “grave erreur” qui aboutira au maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE.

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16h30 - MERKEL SE BATTRA JUSQU’À LA DERNIÈRE MINUTE

Angela Merkel se battra “jusqu’à la dernière minute” pour éviter un divorce sans accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

“J’ai toujours dit que je me battrai jusqu’à la dernière minute de ce jour-là pour un Brexit ordonné. C’est dans l’intérêt de la Grande-Bretagne mais c’est par dessus tout dans notre intérêt”, dit la chancelière allemande lors d’une conférence de presse.

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15h35: L’OUVERTURE DE MAY NE GARANTIT PAS UN SUCCÈS, DIT AMÉLIE DE MONTCHALIN

Les discussions que Theresa May a proposées au travailliste Jeremy Corbyn pour tenter d’éviter une sortie sans accord de l’Union européenne est positive mais ne garantit pas que ce risque sera évité, souligné la nouvelle secrétaire d’Etat française aux Affaires européennes.

“L’appel hier soir de Theresa May à l’unité nationale est très positif mais nous n’avons aucune certitude sur son issue”, dit Amélie de Montchalin lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

“Une extension longue, qui impliquerait la participation des Britanniques aux élections européennes, n’a rien d’automatique. Si Theresa May ne propose pas un plan solide, ce pays (...) aura de facto choisi de sortir sans accord”.

“Nous ne pouvons pas éviter l’échec à sa place.”

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15h06 - DUBLIN PENSE LES 27 “OUVERTS” À L’IDÉE D’UN NOUVEAU REPORT

Le Premier ministre irlandais dit avoir le sentiment que ses partenaires européens seraient “ouverts” à un nouveau report de la date du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

“Je n’ai pas encore eu l’occasion de parler à tout le monde, mais mon sentiment général, c’est que le conseil européen (ndlr, les dirigeants des Vingt-Sept) est ouvert à l’octroi d’une extension supplémentaire au Royaume-Uni”, dit-il devant le Parlement irlandais.

“Mais nous ne voulons pas qu’une extension supplémentaire soit un permis pour l’indécision. Une extension qui ne ferait qu’aboutir à plus d’indécision, à plus de ‘majorités contre’ mais à aucune ‘majorité pour’, ce n’est une solution pour personne”, poursuit Leo Varadkar.

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LE FLOU DU BREXIT MENACE DE PLUS EN L’ÉCONOMIE BRITANNIQUE

La menace d’une contraction de l’économie britannique dans les prochains mois est de plus en plus précise, les doutes liés au Brexit ayant provoqué en mars la première baisse de l’activité du secteur clé des services depuis près de trois ans, montre mercredi une enquête auprès des entreprises.

L’indice des directeurs d’achats (PMI) IHS Markit/CIPS du secteur des services, qui inclut aussi bien les grandes banques que les coiffeurs, a chuté à 48,9 après 51,3 en février, un chiffre inférieur à la plus pessimiste des estimations des économistes interrogés par Reuters.

Ce baromètre très suivi de la santé de l’économie traduit désormais une contraction de l’activité pour la première fois depuis juillet 2016, le mois qui a suivi le vote des Britanniques pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

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14h30 - LE 12 AVRIL, DERNIÈRE DATE BUTOIR, PRÉVIENT JUNCKER

L’Union européenne n’accordera pas de délai supplémentaire pour la date du Brexit si le Parlement britannique ne ratifie pas d’ici le 12 avril prochain l’Accord de retrait entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, prévient le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

“Le 12 avril est l’ultime date limite pour une ratification de l’Accord de retrait par la Chambre des communes”, dit-il devant le Parlement européenne. “Si cela n’a pas encore été fait d’ici là, aucune nouvelle extension courte ne sera possible.”

“Un ‘no deal’ à minuit le 12 avril est désormais un scénario très probable. Ce n’est pas l’issue que je souhaite. Mais c’est une issue à laquelle j’ai fait en sorte que l’UE soit prête.”

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14h20 - LE LABOUR VEUT MODIFIER LA DÉCLARATION POLITIQUE

Le Parti travailliste précise qu’il est prêt à des “discussions sérieuses” avec Theresa May si cette dernière accepte de bouger sur les “lignes rouges” qu’elle a fixées à l’entame des négociations avec la Commission européenne (dont la fin de la liberté de circulation des personnes en provenance de l’UE et la souveraineté britannique à négocier ses propres accords commerciaux avec des pays tiers, ce qui exclut en l’état une appartenance au marché unique et à l’union douanière européenne).

Le porte-parole du Labour ajoute que si les propositions du Parti travailliste (notamment une relation étroite avec l’UE après le divorce) sont intégrées à la Déclaration politique, de nombreux problèmes dont celui de la frontière nord-irlandaise seraient réduits.

Cette Déclaration politique, d’une trentaine de pages, qui accompagne l’Accord de retrait, fixe le cadre de la négociation à venir sur la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’UE.

Si les Européens ont martelé qu’il était impossible de rouvrir l’Accord de retrait, entériné fin novembre, ils sont en revanche disposés à modifier cette Déclaration politique.

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13h50 - JE VEUX QUE LE ROYAUME-UNI PUISSE PARTIR LE 22 MAI

Theresa May indique qu’elle souhaite que le Royaume-Uni puisse sortir de l’Union européenne le 22 mai prochain.

Elle réaffirme qu’une absence d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord mais ajoute que l’accord de retrait négocié avec les Européens est un “bon accord”.

Devant la Chambre des communes, elle affirme qu’elle voit plusieurs domaines sur lesquels il existe une convergence avec les travaillistes. “Ce que nous voulons faire à présent, c’est de trouver un moyen d’avancer qui puisse obtenir le soutien de cette Chambre et mettre en oeuvre le Brexit”, dit la Première ministre.

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LA REPARTITION DES SIEGES A LA CHAMBRE DES COMMUNES

Parti conservateur 314 élus

Parti travailliste 245

Parti national écossais (SNP) 35

Indépendants 21

Libéraux démocrates 11

Parti unioniste démocratique 10

Sinn Féin 7

Plaid Cymru 4

Green Party 1

Président (“speaker”) 1

Vacant 1

Total: 650 élus

NOTE:

Les sept élus républicains nord-irlandais du Sinn Féin refusent de siéger aux Communes, puisqu’ils ne reconnaissent pas le contrôle du Royaume-Uni sur l’Irlande du Nord. Par ailleurs, le président de la Chambre (“speaker”, sans affiliation politique) et ses trois adjoints ne prennent pas part aux votes.

La majorité absolue se calcule donc sur la base de 639 votants, elle est par conséquent de 320 voix.

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11h25 - L’AUTRICHE NE VOIT “ABSOLUMENT AUCUNE RAISON” JUSTIFIANT POUR L’HEURE UN NOUVEAU REPORT DU BREXIT

Il n’existe “absolument aucune raison”, pour l’instant, qui justifie d’accorder au Royaume-Uni un nouveau report de la date du Brexit car la situation à la Chambre des communes n’a pas vraiment changé, estime le chancelier autrichien Sebastian Kurz.

“Du point de vue actuel, il n’y a absolument aucune raison à une prolongation dans la mesure où le chaos en Grande-Bretagne n’a pas changé”, déclare-t-il un conseil des ministres. “Il n’y a pas de plan B capable d’obtenir le soutien de la chambre basse du Parlement britannique.”

“Croisons les doigts pour les efforts que fait Theresa May, espérons qu’elle puisse convaincre les membres de la chambre basse du parlement et qu’elle puisse finalement trouver un moyen d’éviter un Brexit dur”, ajoute-t-il cependant.

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09h48 - LES DISCUSSIONS AVEC MAY SONT “UN PIÈGE”, DIT UN ÉLU DU LABOUR

Pour Ben Bradshaw, élu travailliste à la Chambre des communes, les discussions proposées par May à Corbyn sont “un piège” visant à faire ratifier l’”horrible” accord de retrait qu’elle a négocié avec les Européens.

“J’ai pensé un moment que son ‘offre’ d’hier soir était peut-être sincère. Après avoir entendu (le ministre du Brexit Stephen) Barclay, c’est à l’évidence un piège conçu pour faire passer l’horrible accord de May, un piège dans lequel certains sont tombés, mais le Labour ne doit pas tomber dedans.”

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08h55 - LES TRAVAILLISTES N’ONT PAS DE “LIGNES ROUGES”

Les travaillistes n’entendent pas fixer de ligne rouge à la conclusion d’un compromis pour parvenir à un Brexit ordonnée, a dit une élue du Labour.

“Nous devons trouver un terrain d’entente et nous devons le trouver très très rapidement. C’est la raison pour laquelle Jeremy (Corbyn) a très clairement dit qu’il ne posait aucune condition et qu’il conservait un état d’esprit très ouvert”, a dit Rebecca Long-Bailey.

Bureau de Londres

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