April 3, 2019 / 7:57 AM / in 5 months

Sibeth Ndiaye : "rien n'est arbitré" sur les retraites

PARIS (Reuters) - La nouvelle port-parole du gouvernement français n’a pas voulu confirmer mercredi que l’âge légal de départ à la retraite serait maintenu à 62 ans, ajoutant encore à la polémique qui a amené le Haut-commissaire à la réforme des retraites à mettre sa démission dans la balance.

La nouvelle port-parole du gouvernement français n'a pas voulu confirmer mercredi que l'âge légal de départ à la retraite serait maintenu à 62 ans, ajoutant encore à la polémique qui a amené le Haut-commissaire à la réforme des retraites à mettre sa démission dans la balance. /Photo prise le 1er avril 2019/REUTERS/Ludovic Marin

Sibeth Ndiaye évoque un débat toujours en cours sur la réforme des retraites et le financement de la perte d’autonomie des personnes âgées dont le coût pour les finances publiques est estimé à 32,9 milliards d’euros par année à moyen terme.

“Quand on a des défis aussi importants que celui de la dépendance, mécaniquement, on doit se poser la question de leur financement. Aujourd’hui, j’ai envie de dire : tout est sur la table et rien n’est arbitré”, a déclaré Sibeth Ndiaye, qui était interrogée sur BFMTV.

La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn avait évoqué le 17 mars, à titre personnel, la possibilité de reporter l’âge de départ à la retraite.

Trois jours plus tard, le Premier ministre, Edouard Philippe, assurait qu’il n’était pas question de modifier cet âge légal dans le cadre de la réforme en discussion avec les syndicats. Mais il a contribué à la confusion en ajoutant qu’il n’était pas illégitime de se poser la question de l’allongement de la durée du travail.

Le Haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, a réalisé “un travail considérable” a déclaré la porte-parole du gouvernement, mais “ce travail doit encore se poursuivre”, a-t-elle ajouté.

“On n’est pas au bout de la discussion sur le contenu de cette réforme. La cohérence de cette réforme veut qu’il n’y ait pas forcément de nécessité à allonger la durée de cotisation. c’est une chose”, a-t-elle dit, mais, a-t-elle nuancé, il faut aussi se poser la question du financement des conditions de vie des personnes âgées dépendantes dont le nombre devrait augmenter.

Auparavant, le délégué général de La République en marche (LaRem) Stanislas Guerini et le chef de file des députés LaRem, Gilles Le Gendre, avaient tous deux tenté de clore le débat en disait que l’âge légal de la retraite devait être maintenu à 62 ans.

“Ma position c’est de mener cette réforme à périmètre constant, et de ne pas toucher à l’âge de la retraite”, a déclaré le premier devant l’Association des journalistes parlementaires (AJP), tout en évoquant la nécessité d’une réflexion sur les “besoins de financement” de la dépendance.

“L’âge pivot de 62 ans ne bougera pas (...)”, a dit le deuxième. “Le gouvernement a lui aussi été très clair là-dessus. Quant à la polémique ouverte par les propos d’Agnès Buzyn, “considérons-là comme refermée.”

LES SYNDICATS INQUIETS

Selon la dernière édition du Canard enchaîné, le Haut-commissaire s’est dit prêt à démissionner si l’exécutif décalait cette borne d’âge dans le cadre de la réforme en discussion.

Jean-Paul Delevoye est “prêt à prendre ses dispositions” si les termes de la réforme changent, confirme-t-on à demi-mot à Reuters dans son entourage. Il attend des clarifications de la part du gouvernement.

Les syndicats, qui s’opposent fermement à un report de l’âge légal, ont tous fait part de leurs inquiétudes sur le sujet.

Force ouvrière a écrit lundi au Premier ministre pour réclamer des clarifications de la part du gouvernement.

“En l’absence de clarifications et de communication du projet du gouvernement (...), nous nous verrions donc en situation de mettre fin à notre participation à ladite ‘concertation’, qui pourrait prêter à confusion quant à son objet et notre rôle”, peut-on lire dans la lettre publiée mercredi.

La CGT a exigé la “tenue immédiate” d’une réunion multilatérale avec l’ensemble des organisations syndicales et patronales pour que “le gouvernement présente dans les moindres détails” son projet.

Dans ses propositions post-“grand débat national”, La République en marche propose de réindexer les petites retraites sur l’inflation. Le parti présidentiel lance aussi l’idée d’une “journée de solidarité”, qui consiste en une journée de travail supplémentaire non rémunérée pour financer la dépendance.

Emmanuel Jarry et Danielle Rouquié, avec Elizabeth Pineau et Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below