April 2, 2019 / 2:40 PM / in 6 months

Brexit: Paris et Dublin pressent Londres de trouver un accord

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron et le Premier ministre irlandais Leo Varadkar ont exhorté mardi le Royaume-Uni à trouver un plan alternatif avant le prochain Conseil européen du 10 avril afin d’éviter une sortie sans accord de l’Union européenne au soir du 12 avril.

Emmanuel Macron et le Premier ministre irlandais Leo Varadkar (à gauche) ont exhorté mardi le Royaume-Uni à trouver un plan alternatif avant le prochain Conseil européen du 10 avril afin d'éviter une sortie sans accord de l'Union européenne au soir du 12 avril. /Photo prise le 2 avril 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

“Le rejet par trois fois de l’accord de retrait par la Chambre des communes ainsi que le rejet de tout plan alternatif nous mettent sur le chemin d’une sortie sans accord”, a estimé le chef de l’Etat français à l’Elysée avant un entretien avec le chef du gouvernement irlandais.

“Il revient au Royaume-Uni de présenter un plan alternatif crédible soutenu par une majorité d’ici au 10 avril pour l’éviter”, a-t-il ajouté dans une déclaration à la presse. “Si le Royaume-Uni n’est pas capable, près de trois ans après le référendum, de proposer une solution qui réunit une majorité, il aura de facto choisi de lui-même de sortir sans accord, nous ne pouvons pas éviter l’échec à sa place”.

“Ce plan doit-il être de nouvelles élections, un référendum, une solution différente pour la relation future comme une union douanière? Il ne m’appartient pas ici de le prescrire, mais nous y sommes ouverts, c’est à Londres de le dire et de le dire maintenant”, a-t-il poursuivi. “L’Union européenne ne peut être durablement l’otage de la résolution d’une crise politique au Royaume-Uni (....) Ce dernier “restera un ami, un allié essentiel mais nous ne pouvons pas passer les prochains mois à régler encore les modalités de notre divorce et à solder le passé”.

A ses côtés, Leo Varadkar, qui recevra la chancelière allemande Angela Merkel jeudi à Dublin, a lancé le même appel et dressé le même constat.

“Dans l’état actuel des choses, le Royaume-Uni quittera l’Union européenne le 12 avril sans accord”, a-t-il dit. “Mais il est encore temps pour la Première ministre (Theresa May) de venir au Conseil européen avec des propositions, des propositions crédibles et un chemin clair vers le succès”.

“Nous devons être ouverts à toute proposition qu’elle pourrait nous présenter”, a-t-il ajouté.

INQUIÉTUDES IRLANDAISES

Un peu moins de trois ans après le référendum du 23 juin 2016 sur l’appartenance à L’Union européenne qui a conduit au Brexit, le Royaume-Uni semble incapable de sortir de l’impasse politique et diplomatique dans lequel il est plongé depuis.

Conclu en novembre 2018 entre les Vingt-Sept et Theresa May, l’accord de retrait a été rejeté pour la troisième fois vendredi par la Chambre des communes, la chambre basse du parlement britannique, faisant craindre un “no deal” le 12 avril prochain.

Le rejet de ce texte, qui prévoit entre autres un “filet de sécurité” (backstop) afin d’éviter le retour d’une frontière physique entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, suscite notamment l’inquiétude de Dublin qui redoute un impact économique et social.

“Nous devons trouver un moyen de garantir la protection de l’intégrité du marché unique et d’éviter de rétablir des infrastructures physiques à la frontière”, a souligné le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney mardi devant le Parlement à Dublin.

“L’Irlande ne permettra pas que la sortie sans accord du Royaume-Uni de l’UE entraîne l’Irlande en dehors du marché unique”, a-t-il poursuivi. “Ce que je veux dire, c’est qu’il est exclu que tous les produits irlandais fassent l’objet de contrôles dans les ports de l’UE, cela entraînerait des conséquences négatives pour notre économie et nous ne le permettrons pas”.

A Paris, Emmanuel Macron a assuré mesurer “pleinement l’extraordinaire difficulté” qu’une sortie sans accord “poserait à l’Irlande” et réaffirmé “que nous n’abandonnerons jamais quoi qu’il arrive l’Irlande et les Irlandais car cette solidarité est le sens même de l’intérêt européen.”

Marine Pennetier, avec Richard Lough et Jean-Stéphane Brosse, édité par Yves Clarisse

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