April 2, 2019 / 8:50 AM / 8 months ago

Macron "volontaire et disponible" avant sa visite en Corse

AJACCIO (Reuters) - Emmanuel Macron s’affiche “volontaire et disponible” dans un entretien à Corse Matin publié mardi, à deux jours de sa visite dans l’île dans le cadre du “grand débat national” qui sera boycotté par les dirigeants nationalistes corses dénonçant un “dialogue au point mort”.

Emmanuel Macron s'affiche "volontaire et disponible" dans un entretien à Corse Matin publié mardi, à deux jours de sa visite dans l'île dans le cadre du "grand débat national" qui sera boycotté par les dirigeants nationalistes corses dénonçant un "dialogue au point mort". /Photo prise le 31 mars 2019/REUTERS/Ludovic Marin

“Jeudi, je viens en Corse parce que j’ai de la considération pour les Corses et avec la volonté d’un dialogue et de respect républicains”, déclare le chef de l’Etat dans ce entretien. “Je viens en Corse disponible et volontaire. Disponible pour toutes celles et ceux qui seront présents, et volontaire pour échanger et apporter ma part de réponses de manière concrète.”

Pour la dernière étape de son tour de France engagé dans le cadre du “grand débat national” lancé face à la crise des “Gilets jaunes”, Emmanuel Macron est attendu à Cozzano, un village de montagne situé à 60 km d’Ajaccio, pour échanger avec des maires de l’île.

Le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a indiqué qu’il boycotterait la rencontre qu’il qualifie de “show de communication”. Le président de l’exécutif corse, Gilles Simeoni, a également fait savoir qu’il ne participerait pas à ce débat qui s’inscrit “dans un climat tendu” et a fustigé un dialogue avec Paris selon lui “au point mort”.

“Je sais au moins deux choses du président Simeoni”, souligne Emmanuel Macron. “Quand la République a été attaquée dans ses valeurs, il a pris ses responsabilités et l’a soutenue publiquement.”

“Et quand je suis venu rendre hommage au préfet Erignac, il était là au premier rang”, ajoute-t-il, estimant que “notre responsabilité à tous les deux, c’est de ne pas faire bégayer l’Histoire”.

“LE TON A CHANGÉ” MAIS...

Réagissant sur BFM TV mardi matin à l’interview du chef de l’Etat, Gilles Simeoni estime que “le ton a changé” mais ne croit pas “qu’aujourd’hui il y ait une volonté de laisser vivre un véritable débat et un véritable échange, pour ma part je le regrette.”

“Nous sommes totalement disposés au dialogue mais je trouve qu’il y a quand même un hiatus entre l’affirmation du chef de l’Etat qui dit être prêt notamment à avancer beaucoup et le contenu réel de ses propositions, qui sont très en deçà, malheureusement dans tous les domaines”, a-t-il ajouté.

Les nationalistes réclament un article spécifique dans la Constitution reconnaissant la spécificité de la Corse, un statut fiscal dérogatoire et d’île-montagne, le rapprochement des détenus corses, la non-assimilation des justiciables corses et des terroristes islamistes, la promotion de la langue corse et la lutte contre la spéculation immobilière, notamment.

Dans les colonnes de Corse Matin, Emmanuel Macron confirme que l’inscription de la Corse dans la Constitution “est toujours d’actualité”. “Même s’il ne va pas aussi loin que certains l’auraient voulu, (le projet de texte) fait entrer la Corse dans la Constitution, reconnaît sa singularité et ses spécificités, et suscite un consensus national qui rend possible cette évolution”, fait-il valoir. Il réaffirme dans le même temps son opposition à la co-officialité de la langue corse.

Paul Ortoli, avec Simon Carraud à Paris, édité par Marine Pennetier

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