March 27, 2019 / 2:07 PM / 9 months ago

La course pour Strasbourg est lancée en France

PARIS (Reuters) - Le dévoilement de la liste de la majorité pour les élections européennes apporte la dernière touche au tableau présenté aux électeurs pour le 26 mai, qui ne se limite pas à un duel entre le Rassemblement national et la République en marche.

Le dévoilement de la liste de la majorité pour les élections européennes apporte la dernière touche au tableau présenté aux électeurs pour le 26 mai, qui ne se limite pas à un duel entre le Rassemblement national et la République en marche. /Photo prise le 26 mars 2019/REUTERS/Vincent Kessler

Méconnues, souvent jeunes, les têtes de listes apportent un vent de nouveauté dans un paysage politique toujours en mutation deux ans après le raz-de-marée de l’élection d’Emmanuel Macron.

Confirmé pour le camp présidentiel, le duo Nathalie Loiseau-Pascal Canfin rejoint les autres chefs de file que sont principalement, de droite à gauche : Jordan Bardella (Rassemblement national), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), François-Xavier Bellamy (Les Républicains), Yannick Jadot (Europe Ecologie-Les verts), Raphaël Glucksmann (Parti socialiste-Place publique), Manon Aubry (La France insoumise), Ian Brossat (Parti communiste) et Benoît Hamon (Génération.s).

“Je ne me voyais pas faire de la politique”, confiait récemment à des journalistes Manon Aubry, 29 ans, arrivée sur le ring après un passage à l’ONG Oxfam et une rencontre l’été dernier avec Jean-Luc Mélenchon, dont elle ne doute pas qu’il lui laissera “toute [s]a place dans la campagne”.

Au RN, c’est aussi un jeune de moins de trente ans, à la notoriété proche de zéro au moment de sa désignation, qui fait officiellement campagne depuis déjà plus de deux mois, sur les plateaux de télévision et dans des salles des fêtes en région.

Mais, sans être sur la liste, Marine Le Pen joue le rôle de locomotive, comme Laurent Wauquiez chez LR.

Critiquée par l’opposition pour son éclectisme, la liste majoritaire “verdie” par la présence de Pascal Canfin a été défendue par Nathalie Loiseau mercredi matin sur RTL. “Je connais bien Pascal Canfin, il n’a pas une tête d’alibi. Il nous rejoint parce qu’il le souhaite”, a plaidé la diplomate. “Nous sommes totalement convaincus que nous devons apporter aux Français, aux Européens, une réponse sur l’urgence climatique.”

Peu après, sur France Inter, Pascal Canfin expliquait son choix par une évolution d’Emmanuel Macron sur l’écologie et parce qu’il s’agit d’un poste au niveau européen.

FRÉMISSEMENT CHEZ LR

Depuis des semaines, un duel RN-LaRem rappelant celui du second tour de la présidentielle est annoncé par les sondages avec des scores égaux ou légèrement supérieurs à 20%, à deux mois d’un scrutin généralement marqué par une forte abstention.

“On est encore assez loin des élections et les Français ne sont pas tellement dans la campagne dont les thèmes ne sont pas arrêtés entre pouvoir d’achat, sécurité, immigration, environnement, etc... Les intentions de vote vont évoluer en fonction des thèmes développés”, a expliqué à Reuters Jean-Daniel Lévy, de l’institut de sondage Harris Interactive.

Loin derrière le duo de tête, les choses commencent à évoluer, avec par exemple une légère remontée de la cote des Républicains, crédités de 14% dans un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNEWS et Sud Radio publié mardi.

Un frémissement que Jean-Daniel Lévy n’attribue pas au choix de François-Xavier Bellamy, professeur de philosophie de 33 ans, mais à une “réaffirmation des valeurs de droite.”

Dans l’enquête Ifop-Fiducial, la liste PS-Place publique emmenée par Raphaël Glucksmann, un choix contesté par certains socialistes, est à 5%, derrière EELV (8%) et LFI (8,5%).

Le PS, qui avait reçu 350 candidatures, a dévoilé mercredi ses 40 noms - 20 femmes, 20 hommes - choisis pour figurer sur la liste bicéphale composée au terme de débats qui ont notamment porté sur la place de numéro deux, finalement confiée à l’eurodéputée sortante Sylvie Guillaume. Le premier secrétaire, Olivier Faure, n’est pas candidat.

Devant la presse, le porte-parole Pierre Jouvet a résumé le choix qui s’offrait à son camp après la débâcle du printemps 2017 : “Changer ou disparaître. Et nous avons décidé de changer”. Et fixé un objectif : “offrir une alternative crédible” pour qu’au soir du 26 mai, cette liste “soit la véritable surprise de ces élections européennes.”

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qui doit annoncer son casting jeudi matin, est crédité lui aussi de 5%, la limite pour envoyer des députés à Strasbourg.

Côté calendrier, les partis devront officiellement déposer leur liste de leur casting de 79 noms du 23 avril au 3 mai. Le début de la campagne officielle en France est fixé au 13 mai.

Avec Danielle Rouquié, édité par Yves Clarisse

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