March 27, 2019 / 11:16 AM / 7 months ago

Brexit: L'impasse persiste à Londres malgré la promesse de May

LONDRES (Reuters) - Theresa May a peut-être abattu sa dernière carte en informant mercredi soir les parlementaires de son Parti conservateur qu’elle démissionnerait si l’accord de retrait qu’elle a négocié avec les Européens est enfin ratifié par la Chambre des communes.

Le Parti unioniste démocratique (DUP) d'Irlande du Nord votera contre l'accord de retrait négocié par Theresa May avec les Européens et n'a jamais envisagé de s'abstenir, a déclaré jeudi la dirigeante du parti, Arlene Foster.. /Photo prise le 26 mars 2019/REUTERS/Alkis Konstantinidis

Un nouveau vote, le troisième, pourrait avoir lieu ce vendredi. Les deux premières tentatives, le 15 janvier puis le 12 mars, ont tourné au fiasco pour la Première ministre britannique.

A ce stade, rien n’est acquis.

En mettant sa démission dans la balance, la dirigeante conservatrice a certes rallié à sa cause certains détracteurs de son projet, dont l’emblématique Boris Johnson qui avait quitté son gouvernement avec fracas l’été dernier en dénonçant sa stratégie de négociation.

Mais le Parti unioniste démocratique (DUP) d’Irlande du Nord, dont les dix élus à la Chambre des communes sont indispensables à la majorité parlementaire du gouvernement, demeure inflexible: pas question de voter le “Withdrawal Agreement”, pas question non plus de s’abstenir.

Les principaux événements de la journée.

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10h42 - REES-MOGG ESPÈRE QUE LE DUP SE RALLIERA À L’ACCORD

Jacob Rees-Mogg, qui dirige l’European Research Group (ERG), qui regroupe les Tories eurosceptique, annonce qu’il est en faveur de l’accord de retrait que Theresa May a négocié avec les Européens (et qu’il a pour sa part rejeté lors des deux premiers votes, les 15 janvier et 12 mars).

Il dit espérer que le Parti unioniste démocratique (DUP) finira par se ranger au même avis. “Je suis en faveur de l’accord et j’espère que le DUP s’y rangera, mais nous allons devoir attendre et voir ce qu’ils feront”, dit-il à la presse.

Rees-Mogg ajoute qu’il n’a pas prévu de discuter avec Arlene Foster, la dirigeante du parti nord-irlandais.

Quant à sa conversion, il réexplique que l’accord négocié par May ne le satisfait pas mais qu’il n’a plus le choix: “Je ne pense pas que cet accord soit subitement devenu meilleur, mais simplement l’alternative est pire, puisque c’est ne pas avoir de Brexit du tout.”

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10H15 - L’ACCORD DE DIVORCE EST “RANCE”, DIT LE CONSERVATEUR MARK FRANCOIS

Brexiter convaincu, vice-président de l’ERG, le parlementaire tory Mark Francois juge que l’accord de retrait est “rance” et annonce qu’il votera de nouveau contre.

“S’il revient, je serai heureux de le rejeter encore une fois”, dit-il sur Sky News. “Le peuple britannique a voté pour quitter l’Union européenne, partons tout simplement.”

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08H17 - LES NORD-IRLANDAIS DU DUP N’ONT JAMAIS ENVISAGÉ DE S’ABSTENIR

Le Parti unioniste démocratique (DUP) d’Irlande du Nord votera contre l’accord de retrait négocié par May avec les Européens et n’a jamais envisagé de s’abstenir, déclare la dirigeante du parti, Arlene Foster.

“L’abstention serait la pire des solutions parce qu’elle signifie que vous ne dites pas vraiment quelle est votre position sur la question la plus importante de notre époque, elle n’a donc jamais été une option”, dit-elle dans une interview accordée à la radiotélévision irlandaise RTE.

Pour Foster, il est inconcevable d’opter pour l’abstention quand l’union même du Royaume-Uni est en jeu.

Depuis la publication de l’accord de retrait, à l’automne dernier, le DUP est vent debout contre le “backstop” nord-irlandais, cette clause de dernier recours qui s’appliquera, faute de mieux, pour éviter le rétablissement d’une frontière “physique” entre la république d’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord. Il y voit une atteinte à la souveraineté et à l’intégrité du Royaume-Uni et un risque sur l’avenir de l’Irlande du Nord face à la république d’Irlande.

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08H14 - LETWIN CROIT ENCORE AUX VERTUS DE SA “VOIE PARLEMENTAIRE”

Une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union européenne à la date du 12 avril est pour l’heure le scénario le plus probable mais la prise de contrôle du Parlement au détriment du gouvernement n’est pas terminée, déclare le député conservateur Oliver Letwin.

L’élu du Dorset, dans le sud-ouest de l’Angleterre, ancien ministre, est à l’origine des votes indicatifs qui ont eu lieu mercredi, matérialisant une prise de contrôle temporaire du processus du Brexit par la Chambre des communes.

Aucune des huit options soumises aux voix des parlementaires n’a obtenu de majorité, mais certaines ont rallié plus de voix que l’accord de retrait négocié par May avec les Européens. Et les députés devraient procéder à de nouveaux votes indicatifs lundi, après avoir affiné les options proposées dans le but de garantir une majorité.

*** ENCADRE Les votes aux Communes ***

“Je pense qu’à un moment ou un autre, nous devrons soit approuver un accord, soit accepter de trouver une alternative si nous voulons éviter un ‘no deal’ le 12 avril, qui est pour le moment je pense l’issue la plus probable”, dit Letwin au micro de la BBC.

Bureau de Londres; Henri-Pierre André pour le service français

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