March 24, 2019 / 11:51 AM / 5 months ago

Le frère de Mohamed Merah rejugé en appel

PARIS (Reuters) - Abdelkader Merah, frère et mauvais génie présumé du tueur de militaires et d’enfants juifs Mohamed Merah, revient à partir de lundi et jusqu’au 19 avril à Paris devant une cour d’assises spécialement composée de magistrats professionnels.

Abdelkader Merah, frère et mauvais génie présumé du tueur de militaires et d'enfants juifs Mohamed Merah, revient à partir de lundi et jusqu'au 19 avril à Paris devant une cour d'assises spécialement composée de magistrats professionnels. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

Cet ex-caïd de cité converti depuis 2006 à un islam radical, est accusé d’avoir été le mentor de son cadet, qui se réclamait d’Al Qaïda et a tué de sang-froid en mars 2012 trois militaires, trois écoliers juifs et le père de deux d’entre eux, à Toulouse et Montauban, avant d’être abattu par la police.

Il a été condamné le 2 novembre 2017 en première instance à 20 ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste.

Malgré le manque de preuves incontestables, la cour avait jugé suffisant pour le condamner le faisceau d’indices réunis par l’accusation, comme la découverte chez lui d’un manuel du djihadiste et sa présence lors du vol du scooter utilisé par son frère ou auprès de lui avant et après chaque tuerie.

Au terme d’un procès ponctué d’incidents, Abdelkader Merah, 36 ans, avait cependant été partiellement relaxé de l’accusation de complicité et tentative d’assassinats, à la grande déception des parties civiles et du parquet général.

La procureure générale de Paris avait alors estimé que la cour d’assises n’avait “pas tiré toutes les conséquences juridiques des faits qui lui étaient soumis” et fait appel.

Est rejugé avec Abdelkader Merah Fettah Malki, 36 ans, condamné en 2017 à 14 ans de prison pour avoir fourni à Mohamed Merah un pistolet mitrailleur et un gilet pare-balle.

Abdelkader Merah avait nié jusqu’au bout son implication dans l’équipée meurtrière de son frère, qui a bouleversé la perception du terrorisme en France, trois ans avant les attentats de janvier et novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

Ce premier procès avait notamment relancé le débat sur la notion contestée de “loup solitaire” mais aussi sur les failles des services de sécurité à l’époque des faits.

“Nous attendons de ce procès en appel de pouvoir revisiter des éléments à charge importants pour montrer qu’Abdelkader Merah a été le complice et le cerveau des actes de Mohamed Merah”, a déclaré à Reuters Guillaume Denoix de Saint-Marc, directeur général de l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT), une des 226 parties civiles.

“Nous serons le plus actif possible pour démontrer la dangerosité de Mohamed Merah”, a-t-il ajouté.

Il a assuré que les parties civiles sauraient se montrer plus unies et plus homogènes que lors du procès en première instance. “Nous avons beaucoup travaillé”, a-t-il dit.

Emmanuel Jarry, édité par Eric Faye

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