March 22, 2019 / 1:06 PM / 5 months ago

Un 19e samedi de "Gilets jaunes" sous haute surveillance

PARIS (Reuters) - La France s’apprête à vivre un 19e samedi de manifestations de “Gilets jaunes” sous haute surveillance, après le saccage le 16 mars des Champs-Elysées, qui a notamment coûté son poste au préfet de police de Paris, Michel Delpuech.

La France s'apprête à vivre un 19e samedi de manifestations de "Gilets jaunes" sous haute surveillance, après le saccage le 16 mars des Champs-Elysées, qui a notamment coûté son poste au préfet de police de Paris, Michel Delpuech. /Photo prise le 16 mars 2019/REUTERS/Benoit Tessier

“Je vous demande de faire en sorte que la doctrine de maintien de l’ordre soit effectivement et résolument mise en oeuvre sans hésitation ni demi-mesure”, a dit le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner jeudi lors de l’installation du nouveau préfet. “Je vous demande une impunité zéro”.

Didier Lallement, pour qui ce sera le baptême du feu dans la capitale, a présenté vendredi matin à Christophe Castaner et à son secrétaire d’Etat Laurent Nunez son dispositif, a-t-on déclaré à Reuters au ministère de l’Intérieur.

Il a notamment pris un arrêté interdisant tout “rassemblement de personnes se revendiquant des ‘Gilets jaunes’” avenue des Champs-Elysées et dans un périmètre comprenant la présidence de la République, l’Assemblée nationale, la Place de l’Etoile et une portion de 100 mètres des rues transversales.

Son dispositif reprend notamment les orientations données lundi par le Premier ministre, a-t-on ajouté de même source.

Edouard Philippe a notamment demandé que les détachements d’action rapide des forces mobiles, transformées en “unités anticasseurs”, soit engagés “dès les premiers troubles” pour disperser et interpeller les manifestants violents.

Il a également demandé que de nouveaux moyens comme des drones et des “produits marquants” soient utilisés et dit assumer les risques d’une répression plus sévère, recourant notamment aux très contestés lanceurs de balle de défense (LBD).

“Il est certain que si nous avons une stratégie qui permet aux forces de l’ordre d’être plus mobiles, plus dynamiques, plus fermes, il y a plus de risques”, a-t-il déclaré lundi sur France 2. “Je l’assume.”

Le gouvernement a cependant pris soin de ne pas placer les militaires du dispositif Sentinelle en première ligne.

Emmanuel Macron a dénoncé “un faux débat absolu” et fustigé “ceux qui jouent à se faire peur ou à faire peur”, après que le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a appelé les militaires à “ne pas tirer” sur les manifestants.

“Il n’y aura pas de militaires de Sentinelle sur les Champs-Elysées, place de l’Etoile ou aux abords des bâtiments institutionnels”, dit-on au ministère de l’Intérieur.

Des appels à manifester ont notamment été lancés place du Trocadéro à Paris, à Montpellier, Strasbourg ou Lyon, ainsi qu’à Guéret, dans la Creuse, où la mobilisation devrait prendre la forme d’un blocage routier.

Des préfets ont décrété des interdictions de manifester dans des périmètres sensibles, comme à Toulouse place du Capitole ou dans le centre de Nice et de Marseille.

Toute personne manifestant dans ces zones interdites s’exposera à une amende de 135 euros.

La Ligue des droits de l’Homme a décidé d’introduire un recours devant le Conseil d’Etat contre cette mesure, qui constitue selon elle une “atteinte grave à la liberté de manifester”.

Au total, selon une source policière, une cinquantaine de compagnies de CRS et plus de 60 unités de gardes mobiles seront notamment mobilisées sur toute la France, dont une quinzaine des premières et 26 des secondes à Paris.

Emmanuel Jarry, avec Julie Carriat, édité par Sophie Louet

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