March 21, 2019 / 7:28 AM / 5 months ago

En direct: Les Européens tentent d'éviter un Brexit "accidentel"

BRUXELLES (Reuters) - Le Conseil européen tenter ce jeudi d’éviter une sortie brutale du Royaume-Uni de l’Union européenne, à huit jours de la date fatidique fixée pour le Brexit qui reste d’actualité.

Le Conseil européen tenter ce jeudi d'éviter une sortie brutale du Royaume-Uni de l'Union européenne, à huit jours de la date fatidique fixée pour le Brexit qui reste d'actualité. Mais les Européens redoutent aussi qu'une prolongation du feuilleton du Brexit ne vienne polluer les projets du bloc, à commencer par les élections européennes de la fin mai. /Photo prise le 21 mars 2019/REUTERS/Toby Melville

Mais les Européens redoutent aussi qu’une prolongation du feuilleton du Brexit ne vienne polluer les projets du bloc, à commencer par les élections européennes de la fin mai.

Theresa May a officiellement demandé mercredi à l’UE un report de trois mois du Brexit, jusqu’au 30 juin prochain. Cette requête vise à lui donner du temps pour tenter de convaincre les députés britanniques de voter l’accord de sortie de l’UE qu’ils ont rejeté deux fois, le 15 janvier puis le 12 mars.

Elle doit rencontrer le président français Emmanuel Macron et Donald Tusk, le président du Conseil européen, avant l’ouverture du sommet.

La Commission européenne estime qu’un tel report ne peut durer au-delà du 23 mai, date du début des élections européennes, ou alors être bien plus étendu.

Accepter ou non ce report dépend d’une décision à l’unanimité des Vingt-Sept. Pour l’heure, la date du 29 mars reste d’actualité, avec le risque d’une sortie “accidentelle”.

Dans sa lettre au président du Conseil européen, Donald Tusk, Theresa May écrit: “Mon intention reste de présenter à nouveau l’accord à la Chambre.” Elle ajoute: “Je suis convaincue que le Parlement procédera à la ratification de l’accord de manière constructive, mais cela ne sera clairement pas achevé avant le 29 mars 2019.”

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VERBATIM La lettre de Theresa May

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LES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DE LA JOURNÉE:

LA PÉTITION POUR LE “REMAIN” PASSE LE MILLION DE SIGNATAIRES

16h06: Plus d’un million de personnes ont signé depuis mercredi soir une pétition sur le site du parlement britannique pour demander au gouvernement de revenir sur son intention de retirer le Royaume-Uni de l’Union européenne.

La pétition a débuté dans les heures qui ont suivi l’allocution télévisée lors de laquelle Theresa May, mercredi soir, a reproché aux députés de ne pas s’accorder sur une stratégie de Brexit et leur a demandé de formuler leur choix définitif sur l’accord.

Vers 15h20 GMT, jeudi, la pétition “Revoke Article 50 and remain in the EU” avait recueilli 1.017.380 signatures.

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UN REJET DE L’ACCORD SIGNIFIERAIT ALLER VERS UN NO DEAL-MACRON

15h05: Un nouveau rejet de l’accord de retrait de l’Union européenne par le Parlement britannique mettrait le Royaume-Uni sur la voie d’un Brexit désordonné, a déclaré jeudi Emmanuel Macron.

A son arrivée au Conseil européen, le président français s’est dit “tout à fait ouvert” à un report de courte durée du Brexit en cas de ratification par le Parlement britannique.

“En cas de vote négatif britannique, nous irions vers un ‘no deal’, nous le savons tous”, a dit Emmanuel Macron.

“S’il y avait un report, il ne peut être que technique”, a ajouté le président. “Nous ne pouvons pas avoir une situation où de manière durable, sans visibilité, sans projet, sans majorité politique, nous serions amenés à prolonger la situation actuelle.”

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NOUVEAU CONSEIL EUROPÉEN EN CAS DE REJET DE L’ACCORD-JUNCKER

14h55: Il y aura un nouveau conseil européen extraordinaire la semaine prochaine si les députés de la Chambre des Communes rejettent pour la troisième fois l’accord de Brexit négocié par Theresa May, dit à Bruxelles le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

“En cas de rejet par la Chambre des Communes de l’accord de retrait, nous tiendrons un deuxième Conseil européen la semaine prochaine”, a-t-il dit à son arrivée au Conseil européen.

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MERKEL-TOUT FAIRE POUR QU’IL Y AIT UN BREXIT ORDONNÉ

14h43: L’Union européenne doit faire tout son possible pour que le Royaume-Uni quitte le bloc européen de façon ordonnée, mais la marge de manoeuvre est limitée car l’accord de Brexit a été très bien négocié, dit Angela Merkel avant le début des travaux du Conseil européen de Bruxelles.

“Je crois que nous comprenons tous qu’il s’agit d’un tournant d’une portée historique, aussi devons-nous avancer avec prudence et travailler jusqu’au dernier moment pour faire en sorte qu’il puisse y avoir un Brexit ordonné”, a-t-elle dit à la presse à Bruxelles.

“L’une des possibilités, c’est que l’accord de sortie et les éclaircissements donnés à Strasbourg(...)rallient une majorité au parlement britannique”, a-t-elle ajouté. “Mais nous devons aussi nous préparer à ce que ce ne soit pas le cas, ensuite de quoi nous déciderons de ce qu’il faut faire”.

“L’accord a été très bien négocié, aussi notre marge de manoeuvre est-elle réduite”, a poursuivi la chancelière.

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MAY POURRAIT SOUTENIR UN BREXIT DUR SI L’ACCORD EST REJETÉ

14h20: Theresa May pourrait se ranger à l’idée d’un Brexit dur, ou réclamer un report plus long, si elle perd un troisième vote sur l’accord la semaine prochaine à la Chambre des Communes, a-t-on dit de source gouvernementale à la chaîne Sky News.

“Une source gouvernementale m’a dit aujourd’hui qu’ils doutent que l’accord soit entériné. Selon cette source, elle (Theresa May) s’inclinera devant son parti et se rangera à l’idée d’un Brexit sans accord”, a déclaré la rédactrice en chef du service politique de Sky News, Beth Rigby.

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RUTTE PRÊT EN PRINCIPE À ACCORDER UN REPORT DU BREXIT

13h52: Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, se dit sur le principe prêt à concéder un report de la date du Brexit, prévu normalement le 29 mars au soir, mais veut tout d’abord obtenir la garantie que le parlement britannique vote l’accord.

Et si la Chambre des Communes rejette une nouvelle fois, la semaine prochaine, l’accord de Brexit, les Européens devront rééxaminer la situation, a-t-il souligné.

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MAY ARRIVE A BRUXELLES POUR LE CONSEIL EUROPÉEN

13h43: Theresa May, arrivée à Bruxelles pour le Conseil européen, redit son intention de demander aux Vingt-Sept un report de courte durée de la date du Brexit, jusqu’au mois de juin, afin de laisser du temps au parlement pour entériner l’accord.

“Un report de courte durée donnera au parlement le temps de faire son choix définitif qui soit cohérent avec le résultat du référendum”, a-t-elle dit à la presse.

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CORBYN VOIT BARNIER A BRUXELLES, SOUHAITE UN ACCORD

13h37: Jeremy Corbyn, chef de file du Labour, a rencontré à Bruxelles Michel Barnier, le négociateur en chef de l’Union européenne, et a dit à l’issue de l’entretien sa détermination à trouver un accord pour éviter un Brexit dur.

“Nous sommes résolus à trouver un accord, de sorte que nous puissions éviter un Brexit dur et que durant la période de prolongation (avant la date du Brexit), nous puissions négocier, pour l’avenir, des relations constructives avec l’Union européenne”, a-t-il dit à la presse.

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12h40: VARADKAR: LA SITUATION À LONDRES EST CHAOTIQUE

Toute extension de la période de négociation du divorce doit avoir un but, estime Leo Varadkar, le Premier ministre irlandais, ajoutant que personne ne veut d’une sortie sans accord.

Mais le chef du gouvernement irlandais, en première ligne sur la question du “backstop” nord-irlandais, juge que la situation qui prévaut aujourd’hui à Londres est “chaotique”.

Il estime “raisonnable” la demande de Theresa May, figurant dans sa lettre à Donald Tusk et adressée aux Vingt-Sept d’”approuver les documents supplémentaires que le président Juncker et moi-même avons adoptés à Strasbourg”.

Cela permettrait à Theresa May de modifier l’accord de retrait et la déclaration politique qui l’accompagne et de contourner de ce fait la décision du président de la Chambre des communes (John Bercow a jugé mardi que les parlementaires ne pourraient pas revoter à nouveau sur un même texte).

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11h40: LE PREMIER MINISTRE LUXEMBOURGEOIS ATTEND GODOT

Considérant qu’il y a plus de “non-options” sur la table que d’”options”, Xavier Bettel, Premier ministre luxembourgeois, et dit chercher une “issue de secours”.

“J’ai entendu votre président du Parlement (ndlr, John Bercow) dire qu’il ne veut pas d’un autre vote sur le texte, j’ai entendu Jean-Claude (Juncker, le président de la Commission européenne) dit qu’il ne veut pas rouvrir l’accord”, dit-il à des journalistes britanniques.

“Il y a donc plus de non-options sur la table que d’options. J’ai le sentiment que nous sommes dans une salle d’attente, un peu comme si nous attendions Godot. Mais Godot n’est jamais venu. J’espère cette fois qu’il viendra.”

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11h20: LES ALLIÉS NORD-IRLANDAIS DE MAY PAS PRÊTS À VOTER L’ACCORD

Les élus unionistes nord-irlandais du DUP ne sont prêts à voter l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, prévient Sammy Wilson, l’un des dix élus du parti à la Chambre britannique des communes.

Le Parti unioniste démocratique (DUP), indispensable à la majorité parlementaire de Theresa May, ont rejeté par deux fois l’accord de divorce négocié par la Première ministre avec les Européens, le 15 janvier et le 12 mars.

“Nous n’y sommes pas encore. Nous continuerons cependant de discuter avec la Première ministre parce que nous pensons qu’il est de notre devoir d’essayer de défaire certains des dégâts que comporte l’accord de retrait”, dit Sammy Wilson, interrogé par la radiotélévision publique irlandaise RTE.

“A moins d’instruments légaux garantissant que l’Irlande du Nord ne sera pas traité différemment du (reste du) Royaume-Uni - pas des assurances ou des promesses, mais une législation en vigueur -, nous ne voterons pas l’accord de retrait.”

Les unionistes sont vent debout contre le “backstop” nord-irlandais, ce mécanisme de sauvegarde qui doit, faute d’une meilleure solution, éviter le rétablissement d’une frontière physique à travers l’île d’Irlande, entre la République d’Irlande, membre de l’UE, et la province britannique d’Irlande du Nord.

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10h50: “ET QUE FERONS-NOUS SI ELLE PERD ENCORE ?”

“La véritable question, c’est que faisons-nous dans l’éventualité où elle perd encore (à la Chambre des communes)”, confie un diplomate européen de haut rang.

Les inquiétudes soulevées notamment par le président français Emmanuel Macron sur l’impact d’une prolongation du feuilleton britannique sur la volonté de renforcer l’intégration du bloc “gagnent rapidement du terrain”.

“L’envie d’une extension longue est restreinte”, ajoute-t-il.

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09h10: MERKEL: NOUS POUVONS ACCORDER AUX BRITANNIQUES UN REPORT COURT DU BREXIT

La chancelière allemande Angela Merkel juge que les Européens peuvent accorder aux Britanniques un report du Brexit, mais il devra s’agir d’une “extension courte” de la période préalable au divorce.

“Je pense que nous pouvons dire, en tant que représentante de l’Allemagne, que nous pouvons accéder à cette requête. Nous pourrons débattre de ce voeu la semaine prochaine si nous avons un vote positif au Parlement britannique sur l’accord de sortie”, dit-elle devant les députés du Bundestag.

“En ce qui concerne la date du 30 juin, nous devons prendre en considération le fait que nous aurons des élections européennes en mai. Cela veut dire que l’avenir et la légalité des élections européennes doivent être respectés. Mais nous pouvons assurément discuter de façon positive d’une courte extension.”

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08h36: L’ÉTAT D’ESPRIT DES PARLEMENTAIRES BRITANNIQUES CHANGE, ASSURE LE SECRÉTAIRE D’ÉTAT AU BREXIT

Kwasi Kwarteng, secrétaire d’Etat britannique au Brexit, affirme sur la chaîne de télévision Sky que Theresa May a de bonnes chances de faire ratifier un accord de retrait à sa troisième tentative parce que, dit-il, l’état d’esprit des élus de la Chambre des communes est en train de changer.

“Nous avons une bonne chance de décrocher cet accord la semaine proche. Ils (les élus) sont en train déjà de s’en rapprocher parce que leur esprit se concentre sur cet accord et sur notre capacité à quitter l’UE en temps opportun et d’une manière ordonnée”, dit-il.

Le 15 janvier dernier, les députés de la Chambre des communes ont rejeté l’accord négocié avec Bruxelles par 432 voix contre 202. Le 12 mars, la marge s’est réduite, mais malgré la rencontre de la veille entre Theresa May et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, il a encore été rejeté, par 391 voix contre 242.

Pour renverser la donne et réussir son pari, May a donc besoin de convaincre 75 parlementaires. Et, juste avant le coup d’éclat du “speaker” des Communes, John Bercow, des fissures étaient apparues dans le camp des “Brexiters”.

VOIR AUSSI: Des fissures dans le camp des “Brexiters” mais l’incertitude demeure

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07h00: CORBYN VA EXPOSER SON PLAN “ALTERNATIF” À BRUXELLES

Jeremy Corbyn, le chef de l’opposition travailliste à Londres, est attendu à Bruxelles où il exposera son plan “alternatif” de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne à plusieurs dirigeants de l’UE, dont le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier, et le secrétaire général de la Commission européenne, Martin Selmayr.

Des rencontres avec sept chefs d’Etat ou de gouvernement, dont le président socialiste du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, sont aussi programmées.

Dans un communiqué, le Parti travailliste insiste sur le fait que Corbyn, qui eu des discussions dans la semaine avec des parlementaires de la Chambre des communes, croit en sa capacité de faire ratifier son projet par le Parlement britannique.

Le plan Corbyn propose un divorce moins radical, avec maintien de relations étroites entre le Royaume-Uni et ses partenaires européens qui pourraient régler au passage la question de la frontière irlandais, le point qui paralyse la procédure de divorce.

Bureaux de Reuters, édité par Henri-Pierre André et Eric Faye

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