March 19, 2019 / 1:10 PM / 5 months ago

Theresa May va demander formellement un report du Brexit

LONDRES (Reuters) - La Première ministre britannique Theresa May va formellement demander par écrit, mardi ou mercredi, un report d’au moins trois mois du Brexit au président du Conseil européen Donald Tusk, a déclaré son porte-parole.

La Première ministre britannique Theresa May va formellement demander par écrit, mardi ou mercredi, un report du Brexit au président du Conseil européen Donald Tusk, a déclaré son porte-parole. /Photo prise le 18 mars 2019/REUTERS/Toby Melville

A dix jours de la date prévue à l’origine pour le Brexit et à deux jours d’un sommet européen, les principaux ministres du cabinet britannique se sont réunis dans la matinée pour débattre des conséquences de la décision du président de la Chambre des communes, John Bercow, de refuser de soumettre aux voix des élus un Accord de retrait similaire à ceux qui ont déjà été rejetés par deux fois au Parlement.

A l’issue de la réunion, la journaliste politique de la BBC Laura Kuenssberg, citant des sources au sein du gouvernement, a écrit sur Twitter que Theresa May allait demander dès ce mardi un report du Brexit jusqu’à la fin juin, avec une option de prolongation pendant une durée maximum de deux ans.

“Une source indique qu’il n’y avait pas d’accord dans la pièce, une autre source était furieuse que la Première ministre ait semblé à nouveau s’abstenir de prendre une décision concrète sur l’option qu’elle privilégie”, a encore précisé la journaliste.

Theresa May avait espéré faire ratifier son accord avant le Conseil européen de jeudi et vendredi à Bruxelles, et lors duquel la question d’un report sera discutée par les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept, mais la décision de John Bercow a bouleversé ses plans.

Les partenaires européens du Royaume-Uni examinent deux options principales: un délai de deux à trois mois si Theresa May les persuade qu’elle peut trouver un accord à la Chambre des communes, ou une prolongation bien plus longue si elle accepte de se remettre au travail pour tenter de sortir de l’impasse.

“JUSTIFIER SÉRIEUSEMENT” UNE EXTENSION DE L’ARTICLE 50

La perspective d’un troisième vote sur l’Accord de retrait conclu avec les Européens semble très improbable cette semaine après la décision du président de la Chambre des communes d’exiger un texte suffisamment remanié.

Les options envisageables restent une prolongation longue de l’Article 50 du Traité européen, une approbation de l’accord défendu par Theresa May, une sortie sans accord ou un nouveau référendum britannique sur cette question.

Le président des Communes a fortement contrarié les projets de Theresa May en annonçant qu’il n’autoriserait pas un vote sur un texte identique à celui rejeté le 12 mars.

Le Parlement de Westminster a refusé à deux reprises de ratifier l’Accord de retrait conclu par les négociateurs britanniques et européens en novembre.

“Je pense que la décision du speaker constitue un obstacle et je pense qu’il rend peu probable un vote cette semaine”, a déclaré Steve Barclay, le ministre du Brexit, sur la chaîne de télévision Sky. “Notre pays traverse une crise”, a-t-il reconnu.

Plusieurs diplomates européens estiment que la décision des Vingt-Sept sur un report du Brexit dépendra du contenu de la demande des Britanniques mais les chances qu’un feu vert soit donné lors de ce sommet sont minces.

“Il semble que nous devions patienter jusqu’à la semaine suivant le Conseil (européen) pour voir ce qu’il se passe”, a dit un diplomate.

EUROPÉENS “ÉPUISÉS”

Toute éventuelle extension de l’article 50 suppose que le Royaume-Uni la justifie sérieusement, a déclaré mardi une source à la présidence française.

S’il n’y a ni vote de l’accord de retrait au Parlement britannique ni proposition alternative crédible, “on s’orientera mécaniquement sur le chemin du ‘no deal’”, a ajouté cette source, qui a refusé de confirmer que les chefs d’Etat et de gouvernement pourraient décider de renvoyer à la semaine suivante une décision sur une possible extension, sans toutefois écarter cette hypothèse.

Pour la ministre française des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, “on attend un geste de Londres, une décision, une proposition, une stratégie”.

“Si le Royaume-Uni demande un report, il faut nous dire pourquoi. Il faut qu’il y ait derrière une initiative crédible, et pour le moment on ne sait pas laquelle”, a-t-elle dit.

Le ministre allemand des Affaires européennes Michael Roth a rappelé que les Européens étaient “épuisés” par ces négociations et que leur patience serait bientôt à bout.

“Notre patience est mise à rude épreuve. Chers amis à Londres, s’il vous plaît, tenez vos promesses. Le temps est compté”, a-t-il dit devant la presse après des discussions avec ses homologues européens à Bruxelles.

“Je ne peux que répéter encore une fois à nos partenaires à Londres de faire enfin une proposition concrète sur les raisons de la prolongation”, a dit Michael Roth.

La chancelière Angela Merkel a déclaré qu’elle chercherait jusqu’à la dernière minute à trouver un terrain d’entente pour un Brexit ordonné.

A Dublin, Donald Tusk et le Premier ministre irlandais Leo Varadkar ont estimé qu’il fallait maintenant attendre les propositions de Londres avant le sommet de Bruxelles.

Avec Thomas Escritt et Michael Holden, Alastair Macdonald et Gabriela Baczynska à Bruxelles, Paul Carrel à Berlin, Jean-Baptiste Vey à Paris, Padraig Halpin à Dublin; Pierre Sérisier, Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français

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