March 19, 2019 / 8:35 AM / in 7 months

Castaner fragilisé par le saccage des Champs-Elysées

PARIS (Reuters) - Cinq mois après son arrivée au ministère de l’Intérieur, Christophe Castaner sort fragilisé de l’explosion de violence de samedi à Paris, lors de la 18e journée d’action des “Gilets jaunes”, qui ont valeur pour lui de dernier avertissement.

Cinq mois après son arrivée au ministère de l'Intérieur, Christophe Castaner sort fragilisé de l'explosion de violence de samedi à Paris, lors de la 18e journée d'action des "Gilets jaunes", qui ont valeur pour lui de dernier avertissement. /Photo prise le 20 décembre 2018/REUTERS/Benoit Tessier

Le limogeage du préfet de Paris et le durcissement de ton du Premier ministre, Edouard Philippe, qui a reconnu des dysfonctionnements dans la chaîne de commandement, n’ont pas empêché les oppositions de cibler le locataire de la place Beauvau après le fiasco sécuritaire de l’avenue des Champs-Elysées, devant les caméras du monde entier.

Du Rassemblement national au leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, en passant par les Républicains, la question du maintien en poste de Christophe Castaner est posée.

“Un ministre de l’Intérieur digne de ce nom aurait dû déposer sa démission au président de la République. Après, charge au président et au Premier ministre de l’accepter ou pas”, a dit le président du groupe LR à l’Assemblée, Christian Jacob, devant la presse au Palais-Bourbon.

“Soit Christophe Castaner trouve de vraies mesures et ça marche, soit il va falloir trouver un vrai ministre de l’Intérieur”, a résumé le député centriste Michel Zumkeller.

Mais pour Gilles Le Gendre, “patron” des députés LaRem, “l’instrumentalisation politique est la pire des choses” dans cette affaire, où “la responsabilité politique du gouvernement” n’est selon lui aucunement “engagée”.

“ERREUR DE CASTING”

Disciple de la première heure du chef de l’Etat, élu de Provence issu du Parti socialiste, Christophe Castaner a été nommé en octobre pour succéder à Gérard Collomb, au terme d’un long suspense, alors que d’autres profils étaient pressentis, comme son collègue Gérald Darmanin, l’ancien commissaire Frédéric Péchenard, proche de l’ex-président Nicolas Sarkozy, et le procureur François Molins.

Le député LR Daniel Fasquelle évoque aujourd’hui une erreur de casting. “On ne s’improvise pas ‘premier flic de France’”, a-t-il dit à Reuters. “Au fond, le seul mérite de Christophe Castaner était d’être proche de Macron.”

Le conflit des “Gilets jaunes”, entamé mi-novembre, a placé d’emblée en première ligne l’éphémère chef du parti présidentiel La République en marche, épaulé dans sa tâche par un secrétaire d’Etat spécialiste des questions de sécurité, Laurent Nunez.

Christophe Castaner a démenti mardi des informations de la presse, notamment du Parisien, selon lesquelles Emmanuel Macron lui aurait sévèrement “remonté les bretelles”.

“J’ai échangé avec Emmanuel Macron samedi toute la journée, je l’ai vu samedi soir, j’ai échangé avec lui à plusieurs reprises dimanche, je l’ai encore vu hier. À aucun moment je ne me suis fait engueuler”, a dit le ministre sur France Inter.

“Mais j’aurais parfaitement compris que le président de la République m’engueule, et en plus nos relations le permettent”, a ajouté ce partisan de la première heure d’Emmanuel Macron.

AUDITIONS

Il a aussi juré ne pas avoir pensé démissionner, confirmant les propos tenus la veille par Edouard Philippe sur France 2. . L’Elysée a de son côté “démenti fermement” les informations du Parisien.

Au terme d’une houleuse séance de questions d’actualité mardi à l’Assemblée, Christophe Castaner devait rejoindre le Sénat pour y être auditionné sur les événements du 16 mars.

Dans un deuxième temps, Christophe Castaner et la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, seront entendus mercredi par la Commission des Lois de l’Assemblée. L’ordre du jour évoque les “dégradations et violences commises” en marge du mouvement des “Gilets jaunes”, sans se limiter à la journée du 16 mars.

Mais Les Républicains ont réclamé en vain une commission d’enquête dédiée au 16 mars sur le modèle de celle du Sénat sur “l’affaire Benalla”.

Christophe Castaner est aussi touché par la publication, la semaine dernière dans les magazines Closer et Voici, d’images prises lors d’une fête d’anniversaire dans un restaurant parisien, au soir d’un samedi de manifestations.

Invoquant sa “vie privée”, le ministre a également dit regretter sa participation à cette soirée en raison des conséquences pour sa vie personnelle et publique.

“Il y a certaines professions - avocat, notaire, médecin - à qui on demande d’avoir une certaine retenue dans l’espace public. C’est valable aussi quand on est ministre, qui plus est ministre de l’Intérieur”, juge Daniel Fasquelle.

Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau, avec Marine Pennetier édité par Yves Clarisse

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