March 18, 2019 / 1:43 PM / in 4 months

Delevoye "surpris" par les propos de Buzyn sur la retraite

PARIS (Reuters) - Le Haut commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye s’est dit “très surpris” lundi par les propos de la ministre des Solidarités Agnès Buzyn qui a ouvert la porte à des discussions sur un report de l’âge légal de départ à la retraite - exclu par Emmanuel Macron pendant la campagne.

Le Haut commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye s'est dit "très surpris" lundi par les propos de la ministre des Solidarités Agnès Buzyn qui a ouvert la porte à des discussions sur un report de l'âge légal de départ à la retraite. /Photo d'archives/REUTERS/Benoit Tessier

“J’ai vu émerger ce débat, ce n’est pas le mien”, a déclaré au Monde l’ancien président du Conseil économique, social et environnemental (Cese) nommé en septembre 2017 par Emmanuel Macron pour piloter l’épineux dossier des retraites.

“Mais si nous devions faire évoluer notre réflexion, au-delà de cette question, ce sera en toute transparence et non pas au travers d’une déclaration ou d’une émission”, a-t-il ajouté.

Invitée du “Grand Jury” RTL-Le Figaro-LCI dimanche, Agnès Buzyn a proposé de discuter d’”un allongement de la durée de travail” avec les partenaires sociaux dans le cadre de la réforme des retraites qui doit être dévoilée cette année.

“La question de l’âge du départ à la retraite” fixé aujourd’hui à 62 ans, “est sans arrêt sur la table, à gauche comme à droite”, a justifié la ministre de la Santé et des Solidarités. “Moi, j’entends ces débats.”

“Nous allons mener une réforme des retraites pour rendre les retraites plus universelles, plus compréhensibles pour les Français et avoir un système qui pérennise notre système par répartition, peut-être que cela, ça sera en discussion avec les partenaires sociaux dans le cadre de la réforme générale”, a-t-elle ajouté.

“La durée de vie augmente d’année en année, elle augmente moins vite ces dernières années mais elle a considérablement augmenté”, a-t-elle poursuivi. “Est-ce que, alors que le nombre d’actifs diminue, nous allons pouvoir maintenir sur les actifs le poids des retraites qui vont augmenter en nombre et en durée ? Nous savons que cet équilibre-là va être de plus en plus difficile à tenir”.

“PROVOCATION”

Ces propos, tenus “à titre personnel”, s’inscrivent dans la ligne des déclarations d’Edouard Philippe vendredi sur Europe 1. Le chef du gouvernement avait estimé que la question d’un possible report de l’âge légal de départ à la retraite se posait de façon “légitime”.

“On peut se poser la question de savoir si un jour, pour dégager ces moyens financiers, l’équilibre sera de dire travaillons un peu plus longtemps pour faire en sorte que la dépendance soit totalement prise en charge”, avait-il dit.

Dans les rangs des organisations syndicales, les déclarations d’Agnès Buzyn ont été perçues comme une “provocation”.

“Les masques tombent d’une certaine façon sur ce qu’est la réforme des retraites”, a réagi le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, sur RTL. “L’urgent n’est pas tellement de reculer l’âge de la retraite, l’urgent est de faire en sorte que les politiques économiques assurent un emploi à temps plein dès l’entrée dans la vie active et jusqu’à l’âge légal de départ.”

“Si on arrivait à cela déjà, l’équilibre économique des régimes de retraite serait fortement facilité”, a-t-il ajouté.

Pour le secrétaire national de la CFDT Frédéric Sève, qui s’exprime dans les colonnes du Monde, “la ministre est hors sujet”, les précédentes réformes ayant “déjà programmé une hausse de la durée d’activité qui suffit à tenir les régimes à l’équilibre à l’horizon 2030-2040.”

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’était engagé à unifier les régimes de retraite - 42 à l’heure actuelle - sans toucher à l’âge légal de départ ni aux règles pour ceux qui sont à cinq ans de la retraite.

Initialement attendu pour 2018, le projet de loi visant à créer un système universel “plus lisible et plus équitable” dans lequel “un euro cotisé donne les mêmes droits”, a été repoussé et sera finalement présenté à l’été pour une mise en place du nouveau régime à points à partir de 2025.

Marine Pennetier, édité par Sophie Louet

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