March 18, 2019 / 9:37 AM / 7 months ago

Enfants de djihadistes: Plainte contre la France à l'ONU

PARIS (Reuters) - Deux avocats de familles d’enfants de djihadistes retenus en Syrie ont déposé une plainte contre l’Etat français auprès du Comité contre la torture des Nations Unies.

Dans le camp Al-Hol. Deux avocats de familles d'enfants de djihadistes retenus en Syrie ont déposé une plainte contre l'Etat français auprès du Comité contre la torture des Nations Unies. /Photo prise le 8 mars 2019/REUTERS/Issam Abdallah

“Cette plainte internationale a été déposée au nom de cinq familles françaises sollicitant le rapatriement de près de 10 enfants français actuellement détenus dans le camp Al-Hol au Kurdistan syrien”, expliquent Marie Dosé et Henri Leclerc dans un communiqué publié lundi.

“Les enfants français actuellement détenus à Al-Hol, dont la grande majorité a moins de six ans, sont exposés au froid, à la soif, à la faim et à des maladies mortelles (...). Ils sont la proie de traitements cruels, inhumains et dégradants”, ajoutent-ils. “En refusant de rapatrier tous ses enfants, la France viole les dispositions de la Convention internationale contre la torture dont elle est signataire.”

Selon Marie Dosé et Henri Leclerc, des dizaines d’enfants sont décédés en moins de trois mois aux portes de ces camps ou à l’intérieur, certains de froid, d’autres brûlés après l’incendie de la tente dans laquelle ils se trouvaient, ou meurent de maladies, d’épuisement ou de malnutrition.

Tous présentent les stigmates des traumatisés de guerre, soulignent les avocats, qui ont déposé leur plainte vendredi.

Ils avaient déjà saisi il y a plus de deux semaines le Comité international des droits de l’enfant de l’ONU d’une plainte internationale concernant le sort de près de 40 enfants français détenus au Kurdistan syrien.

LE “CAS PAR CAS” DÉNONCÉ

Ce comité a enregistré cette plainte la semaine dernière et l’a transmise à l’Etat français aux fins de recueillir ses observations, précisent les deux avocats.

Ils rappellent qu’Emmanuel Macron a fait rapatrier la semaine dernière cinq des six orphelins français actuellement identifiés dans les camps Roj et Al-Hol.

Selon eux, leur rapatriement en moins de 48 heures montre que l’Etat français a les moyens de le faire dans les meilleurs délais pour tous les autres.

Ils dénoncent la règle du “cas par cas” mise en avant par les autorités françaises, qui aboutit selon eux à une “odieuse discrimination tendant à laisser périr et mourir des enfants français (...) au prétexte que leur mère ne serait pas décédée”.

Le chef de l’Etat français “avait pris, au tout début du mois de février dernier, la décision de rapatrier 70 enfants et 60 adultes, avant de faire marche arrière sans explication aucune”, ajoutent-ils. Pour eux, “le temps n’est plus aux tergiversations mais à l’urgence humanitaire et sécuritaire”.

“Ces enfants sont en danger de mort et n’ont pas demandé à naître ou à être emmenés en Syrie. Ils ne représentent un danger pour notre pays que si nous les abandonnons à leur sort”, font encore valoir les deux avocats.

“Ce qu’il reste de Daech et les groupuscules terroristes actuellement présents en Syrie n’attendent qu’une chose : les récupérer pour en faire des ‘bombes à retardement’”, avertissent Marie Dosé et Henri Leclerc.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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