March 16, 2019 / 11:26 AM / 7 months ago

Nouvelle éruption de violence au 18e samedi des "Gilets jaunes"

PARIS (Reuters) - Scènes d’émeutes, façades incendiées et boutiques saccagées : des violences d’une ampleur inédite depuis décembre ont éclaté à Paris, particulièrement sur les Champs-Elysées, lors du 18e samedi consécutif de mobilisation des “Gilets jaunes”, quatre mois quasiment jour pour jour après l’éclosion du mouvement.

Scènes d'émeutes, façades incendiées et boutiques saccagées : des violences d'une ampleur inédite depuis décembre ont éclaté à Paris, particulièrement sur les Champs-Elysées, lors du 18e samedi consécutif de mobilisation des "Gilets jaunes", quatre mois quasiment jour pour jour après l'éclosion du mouvement. /Photo prise le 16 mars 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

Les incidents les plus impressionnants se sont concentrés dans la capitale, point de rendez-vous stratégique de nombreux manifestants, et non dans les grandes villes de province comme c’était parfois le cas ces dernières semaines.

Le ministère de l’Intérieur a recensé 32.300 participants, soit près de 4.000 de plus que le 9 mars, dont 10.000 à Paris.

“Beaucoup de choses ont été faites depuis novembre mais très clairement, la journée d’aujourd’hui montre que, sur ces sujets-là et ces cas-là, nous n’y sommes pas”, a déclaré Emmanuel Macron en fin de soirée, lors d’une réunion à la cellule de crise du ministère de l’Intérieur.

“Je veux que nous analysions très précisément les choses et que, dans les meilleurs délais, on prenne des décisions fortes, complémentaires pour que ça n’advienne plus”, a ajouté le chef de l’Etat, rentré peu avant de la station de ski de La Mongie (Hautes-Pyrénées), où il était en week-end.

Pour le président français, les personnes présentes sur l’avenue des Champs-Elysées “voulaient détruire la République” et “tous ceux qui étaient là se sont rendus complices”.

Parmi les manifestants figuraient “quelques milliers de casseurs (qui) sont venus à Paris pour en découdre avec les forces de l’ordre, avec les symboles de l’Etat, avec la propriété privée, avec la démocratie”, selon le Premier ministre, Edouard Philippe, qui s’est rendu auprès des forces de l’ordre, non loin des lieux d’affrontements.

AGENCE BANCAIRE INCENDIÉE

Dès le milieu de matinée, des groupes de “Gilets jaunes” ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre et tenté de dresser des barricades, comme ils avaient pris l’habitude de le faire au plus fort de la crise, en décembre.

Plusieurs boutiques et établissements emblématiques des Champs-Elysées, comme la brasserie Fouquet’s, ont été vandalisés lors de scènes de casse rappelant là encore celles du mois de décembre.

La façade d’une boutique Longchamp, spécialiste de la maroquinerie haut de gamme, a été la proie des flammes, de même que plusieurs véhicules stationnés dans les rues environnantes et des kiosques à journaux.

Avenue Franklin Roosevelt, une agence de la banque Tarneaud, filiale du Crédit du Nord, a elle aussi été incendiée. Onze personnes ont été légèrement blessées dans le sinistre, selon un porte-parole des pompiers joint par Reuters.

Au total, 17 membres des forces de l’ordre, un pompier et 42 manifestants ont été blessés à Paris, selon la préfecture.

A Paris, 237 personnes été interpellées, selon un décompte donné à 19h50 (18h50 GMT) par la préfecture de police. Parmi elles, 144 ont été placées en garde à vue, selon le parquet.

Des heurts ont également éclaté à Bordeaux ou Toulouse.

“IMPUNITÉ”

“Comment supporter l’impuissance de l’État devant ces violences répétées depuis des semaines ?”, a fustigé François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains aux élections européennes, sur Twitter. “Le gouvernement est seul responsable de cette défaite de la force publique.”

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a pour sa part déploré l’”impunité” dont jouiraient les groupes de “black blocs”.

Les chefs de file de facto de la contestation avaient appelé ces derniers jours à “une mobilisation monstre” à Paris. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Eric Drouet, figure de la frange la plus radicale, a exhorté les “Gilets jaunes” à mener à l’avenir des actions d’un nouveau genre, sans dire exactement sous quelle forme, les manifestations traditionnelles ayant selon lui fait la preuve de leur échec.

Ces dernières semaines, la tendance était à la décrue. Le 9 mars, 28.600 personnes sont descendues dans la rue dans toute la France dont 3.000 à Paris, selon les autorités, soit le total le plus faible depuis le 17 novembre.

Ce 18e épisode coïncide avec la fin des deux mois de “grand débat national”, un exercice inédit imaginé par l’exécutif comme une réponse au malaise exprimé lors de cette crise.

Simon Carraud avec Emmanuel Jarry, Benoît Tessier, Jean-Baptiste Vey et Leigh Thomas, édité par Pierre Sérisier

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