March 8, 2019 / 9:33 AM / 5 months ago

La France "ouverte" à la discussion sur la ligne Lyon-Turin

MILAN/PARIS (Reuters) - La France est prête à discuter avec l’Italie à propos de la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, dont l’avenir est obéré par les dissensions entre les deux partis au pouvoir à Rome, a déclaré vendredi à Reuters la ministre française des Transports, Elisabeth Borne.

La France est prête à discuter avec l'Italie à propos de la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, dont l'avenir est obéré par les dissensions entre les deux partis au pouvoir à Rome, a déclaré vendredi à Reuters la ministre française des Transports, Elisabeth Borne. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

La Ligue, le parti d’extrême droite du vice-résident du Conseil italien Matteo Salvini, est favorable à ce chantier tandis que le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) de l’autre vice-président du Conseil, Luigi di Maio, y est opposé.

La Ligue ne votera jamais un texte bloquant le projet, a déclaré à deux reprises, jeudi et vendredi, Matteo Salvini, en faisant valoir que la majorité des Italiens y sont favorables.

Luigi Di Maio estime de son côté que les fonds engagés seraient mieux employés à une modernisation des routes et des tunnels existants.

La France est de son côté fermement engagée dans le projet mais se dit ouverte à la discussion.

“Le gouvernement italien a annoncé qu’il souhaitait rediscuter avec la France et avec la Commission (européenne) du projet. On est évidement ouvert à cette discussion”, a déclaré à Reuters Elisabeth Borne. “On attend la demande de nos partenaires italiens.”

“Evidemment qu’il faut répondre aux questions que se pose le gouvernement italien, tout en ayant en tête qu’on a un engagement et que nous restons attachés au respect des engagements et des délais de ce projet”, a-t-elle ajouté.

La réunion entre les dirigeants de la coalition italienne qui devait se tenir dans la journée sur la question n’aura finalement pas lieu; les discussions au sein de la coalition reprendront lundi, a indiqué Matteo Salvini au Parlement.

“RÉÉQUILIBRER LES PARTICIPATIONS”

Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, qui n’est membre d’aucun des deux partis au pouvoir mais qui est plus proche du M5S, a déclaré jeudi avoir des doutes personnels sur la validité de l’entreprise et qu’il prendrait la responsabilité de la décision finale basée sur une analyse coûts-bénéfices déjà réalisée par le gouvernement.

Cette analyse, commandée par le ministre des Transports, Danilo Toninelli, membre du M5S, a révélé que le “treno ad alta velocità” (TAV) était un gaspillage d’argent public, se soldant par un impact financier négatif d’environ 7 milliards d’euros.

Le Commission européenne, qui a déjà alloué 810 millions d’euros au projet, a fait savoir mi-février qu’elle pourrait demander à l’Italie de rembourser les fonds en cas de non réalisation du TAV, qui prévoit notamment la construction d’un tunnel de 58 kilomètres à travers les Alpes.

L’Union européenne finance le projet à hauteur de 40%, l’Italie à 35% et la France à 25%.

Comme possibilité d’allègement de la charge financière pour l’Italie, Elisabeth Borne rappelle que la Commission européenne a fait savoir qu’elle était prête à porter sa participation à 50% dans le financement, chacun des deux pays partenaires se retrouvant avec une participation de 25% du projet.

“Cela permettrait clairement de rééquilibrer les participations entre la France et l’Italie”, souligne-t-elle.

“En France, nous continuons (...) à considérer que ce projet est important. Nous sommes engagés dans un traité avec l’Italie qui a été ratifié en 2017”, a-t-elle rappelé.

L’arrêt du projet coûterait plus de trois milliards d’euros à l’Italie, indique le secrétaire d’Etat italien aux Infrastructures, Armando Siri, membre de la Ligue, dans un entretien au Corriere della Sera de vendredi.

Les coûts de construction du tunnel stricto sensu sont évalués à 8,6 milliards d’euros.

Le projet pourrait perdre 300 millions d’euros de financements européens si des adjudications ne sont pas lancées d’ici la fin mars, a déclaré un responsable européen à Reuters.

Giuseppe Fonte, Giselda Vagnoni et Stefano Bernabe avec Danielle Rouquié à Paris et Pierre Sérisier pour le service français, édité par Yves Clarisse

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