March 6, 2019 / 5:35 AM / 7 months ago

Ghosn libéré sous caution après plus de 100 jours en détention

TOKYO (Reuters) - L’ancien patron de Nissan et Renault, Carlos Ghosn, a été remis en liberté sous caution mercredi après avoir passé plus de cent jours au centre de détention de Tokyo pour répondre d’accusations de malversations.

L'ancien patron de Nissan et Renault, Carlos Ghosn, a été remis en liberté sous caution mercredi après avoir passé plus de cent jours au centre de détention de Tokyo pour répondre d'accusations de malversations. /Photo prise le 6 mars 2019/REUTERS/Issei Kato

Portant une casquette bleu clair, des lunettes et un masque facial, l’ancien chef d’entreprise, escorté par un groupe de policiers, est monté dans une fourgonnette.

Cette remise en liberté fait suite au versement d’une caution d’un milliard de yens (7,9 millions d’euros).

Le tribunal de district de Tokyo avait accepté mardi la demande de libération sous caution de Carlos Ghosn, la troisième présentée par l’ancien patron de Renault, depuis son arrestation le 19 novembre.

Le bureau des procureurs de Tokyo avait immédiatement fait appel de cette décision, mais cet appel avait été rejeté quelques heures plus tard.

Cette remise en liberté est assortie de plusieurs conditions restrictives et de mesures visant à l’empêcher de falsifier des preuves.

Carlos Ghosn a ainsi été contraint de remettre son passeport à son avocat et a dû fournir l’assurance qu’il ne quitterait pas Tokyo. Selon l’agence de presse Kyodo, il va être placé sous vidéosurveillance à son domicile.

Il lui est par ailleurs interdit d’utiliser internet, d’envoyer ou de recevoir des messages textes et il ne peut se servir d’un ordinateur que dans les bureaux de son avocat. Il n’a pas non plus la possibilité de communiquer avec les autres personnes impliquées dans l’affaire.

GHOSN DÉNONCE DES ACCUSATIONS “SANS FONDEMENT”

Des centaines de journalistes et d’équipes de télévision s’étaient rassemblés devant le bâtiment, dans l’attente de la libération de Ghosn.

L’architecte de l’alliance Renault-Nissan a été inculpé d’abus de confiance aggravé. Il est accusé d’avoir minimisé ses revenus d’un montant de 82 millions de dollars chez Nissan pendant près de dix ans, jusqu’en 2018. Il nie les faits qui lui sont reprochés.

“Je suis innocent et pleinement déterminé à me défendre avec force dans un procès équitable contre ces accusations sans fondement”, a-t-il déclaré dans un communiqué mardi.

La libération sous caution permettra à Carlos Ghosn de voir plus fréquemment ses défenseurs pour bâtir sa stratégie en vue de son procès dans quelques mois. S’il était reconnu coupable, l’ex-dirigeant risquerait jusqu’à 15 ans de prison.

Le montant de la caution fixé à un milliard de yens est parmi les plus élevés jamais enregistrés au Japon mais ne représente cependant que la moitié des deux milliards de yens payés en 2005 par Mitsuru Asada, un homme d’affaires reconnu coupable par la suite.

“Carlos Ghosn est libéré, il est citoyen français, il va pouvoir se défendre et se défendre beaucoup plus sereinement. Tant mieux”, a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire sur Europe 1. “Nous n’abandonnons personne mais le rôle du gouvernement n’est pas de s’immiscer dans une procédure judiciaire en cours”.

“Ma responsabilité de ministre de l’Economie et des Finances, c’est surtout de m’assurer que les centaines de milliers d’emplois de Renault, de l’alliance entre Renault et Nissan, sont protégés”, a-t-il ajouté.

Tim Kelly et Naomi Tajitsu; Jean Terzian pour le service français

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