March 5, 2019 / 6:39 PM / 5 months ago

Macron inaugure le collège européen du renseignement

PARIS (Reuters) - Au lendemain de la diffusion de sa “lettre aux citoyens d’Europe”, Emmanuel Macron a poursuivi mardi son offensive européenne en inaugurant le collège européen du renseignement, étape “décisive” dans la construction d’une “culture commune” face à des menaces imprévisibles.

Au lendemain de la diffusion de sa "lettre aux citoyens d'Europe", Emmanuel Macron a poursuivi mardi son offensive européenne en inaugurant le collège européen du renseignement, étape "décisive" dans la construction d'une "culture commune" face à des menaces imprévisibles. /Photo prise le 25 février 2019/REUTERS/Christophe Ena

Annoncée par le chef de l’Etat lors de son discours de la Sorbonne de septembre 2017, cette structure, qui regroupe l’ensemble des services de renseignement des 28 Etats membres de l’Union européenne plus ceux de la Norvège et de la Suisse, a vocation à se réunir en moyenne quatre fois par an.

“On pourrait légitimement se dire que les coopérations et les structures sont assez nombreuses pour ajouter un outil supplémentaire”, a déclaré Emmanuel Macron devant les dirigeants des services de renseignement des 30 pays membres du collège, réunis pour l’occasion à Paris.

“Je crois tout l’inverse”, a-t-il poursuivi. “Nous avons les structures sédimentées par l’Histoire mais nous n’avons pas les fondations, nous avons les outils d’analyse et l’information mais ce qui fait défaut c’est la remontée et le partage de la dite information vers les décideurs”.

Il arrive en effet “que nous ne nous fassions pas confiance entre Etats et entre services” et “nos normes et nos bases de données sont différentes”, a-t-il relevé. “C’est pourquoi l’objectif de ce collège” sera “de tisser des liens entre nos Etats, nos services et les institutions européennes et de nous doter enfin d’une grammaire commune”.

Au-delà de sensibiliser les décideurs aux enjeux du renseignement, la structure aura également pour mission de faciliter le partage des expériences professionnelles et des savoir-faire et de favoriser une réflexion stratégique via des échanges avec des chercheurs et des universitaires extérieurs.

“ETAPE DECISIVE”

Pas question en revanche d’en faire un “FBI européen”, dont l’idée ressurgit dans les capitales européennes à chaque attentat, ni d’en faire un lieu d’échange d’informations opérationnelles.

“Cela ne signifie pas que le renseignement ne sera plus demain une prérogative régalienne, cela ne signifie pas non plus que nous voulons tendre à l’uniformisation de nos pratiques”, a insisté Emmanuel Macron. “Ce serait peine perdue au mieux, contre-productif au pire.”

“Au contraire, notre diversité constitue une chance pour affronter un monde incertain dont les menaces sont protéiformes”, a-t-il ajouté. “Nous devons façonner une compréhension réciproque et une confiance partagée, il en va de l’efficacité de nos services, de notre capacité à anticiper les crises donc il en va de la sécurité de nos peuples”.

Afin de ne pas dépendre “demain des informations glanées par les Etats-Unis, la Chine ou la Russie”, l’Europe n’a pas d’autre choix que d’unir ses forces, a souligné le chef de l’Etat, évoquant une “étape décisive” vers la souveraineté européenne qu’il appelle de ses voeux à trois mois des élections européennes du 26 mai.

Toujours en discussion, la gouvernance du collège européen du renseignement devrait être précisée et finalisée lors d’une première réunion fin mars à Madrid, selon l’Elysée.

Marine Pennetier, édité par Elizabeth Pineau

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