March 5, 2019 / 3:09 PM / 9 months ago

Macron mène son camp sur le chemin des européennes

PARIS (Reuters) - La double intervention d’Emmanuel Macron à la télévision italienne et dans 28 journaux de l’Union donne le coup d’envoi de la séquence européenne de La République en marche, qui se traduira par une série de bouleversements à la tête du pays.

La double intervention d'Emmanuel Macron à la télévision italienne et dans 28 journaux de l'Union donne le coup d'envoi de la séquence européenne de La République en marche, qui se traduira par une série de bouleversements à la tête du pays. /Photo prise le 27 janvier 2019/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Leader autoproclamé d’une Europe qui refuse le “repli” nationaliste, le chef de l’Etat a plaidé pour une “Renaissance” de l’Union, donnant le “la” vers l’avènement au Parlement de Strasbourg du “pôle progressiste” qu’il appelle de ses voeux, via une campagne qui se veut courte et efficace.

“C’est une impulsion, une façon de planter le décor de la campagne”, dit l’entourage du président. “En revanche, ce n’est pas la campagne strico sensu, le président de la République n’est pas la tête de liste (mais) qu’il soit un acteur du débat politique électoral européen, c’est parfaitement assumé.”

“C’est la seule fois où vous avez 400 millions de citoyens qui votent pour la même assemblée et le même enjeu politique, ça vaut le coup d’y réfléchir et de nourrir ce débat”, ajoute-t-on.

Pour Gilles Le Gendre, président du groupe LaRem à l’Assemblée nationale, la majorité prendra sa part à “la double refondation de l’Europe et de la République”. “On ne refondera pas la France toute seule comme une île”, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse au Palais-Bourbon.

Pour sa première participation au scrutin européen, le parti présidentiel né il y a trois ans veut frapper fort avec un premier grand meeting programmé le samedi 30 mars. Il maintient le suspense quant au contenu de sa liste, là où ses principaux adversaires - Rassemblement national, Les Républicains et La France insoumise - ont déjà dévoilé leur jeu.

“L’idée d’une campagne courte, c’est un choix et un pari”, souligne-t-on dans l’équipe de campagne dirigée par Stéphane Séjourné, un proche d’Emmanuel Macron spécialiste des cartes électorales. “L’incarnation sera faite après le ‘grand débat’.”

MACRON EN CAMPAGNE DÉGUISÉE ?

Pour élaborer son calendrier, LaRem tient en effet compte du débat lancé en réponse au mouvement des “Gilets jaunes”, qui prend fin le 15 mars. Le président a largement contribué à l’animation de cet exercice cathartique, au risque de se faire accuser par l’opposition de mener une campagne déguisée.

“Il n’est pas normal que le parti présidentiel, et Emmanuel Macron lui-même, fassent la campagne des européennes aux frais du contribuable”, a ainsi estimé sur BFM TV le secrétaire général délégué du parti Les Républicains, Guillaume Larrivé. “Le président ne cite jamais le parti, dont il n’utilise pas la logistique”, a répliqué devant Reuters un député LaRem.

Pour mener la liste LaRem/MoDem, les noms des ministres des Affaires européennes et de la Santé, Nathalie Loiseau et Agnès Buzyn, figures du gouvernement, reviennent avec insistance.

L’une connaît le sujet sur le bout des doigts mais manque de notoriété ; la seconde ne cache pas son intérêt mais devra, si elle est candidate, laisser à d’autres le soin de mener des réformes importantes (santé, bioéthique, dépendance, retraites).

Parmi les autres noms susceptibles d’être sur la liste figurent le journaliste Bernard Guetta, proche du MoDem, l’ancienne maire de Strasbourg aujourd’hui sénatrice membre du groupe Agir Fabienne Keller et Brune Poirson, actuelle secrétaire d’Etat au ministère de la Transition écologique.

L’officialisation des candidatures devrait s’accompagner d’une sortie du gouvernement des intéressés, conduisant à un remaniement d’autant plus important qu’il concernera aussi des ministres en lice pour les municipales de 2020.

NOUVELLE ORGANISATION À L’ELYSÉE

C’est le cas du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux et du secrétaire d’Etat Mounir Mahjoubi, dans la course à l’investiture de La République en marche à Paris. Le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, ne cache pas pour sa part son désir de briguer l’hôtel de ville de Tourcoing (Nord), où il se rend presque chaque week-end.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a quant à lui écarté à plusieurs reprises l’idée d’une candidature à Paris. Si une partie de la majorité ne voit aucune raison de remplacer à Matignon ce loyal metteur en scène de la geste présidentielle, d’autres pensent que cela dépendra des conclusions tirées du ‘grand débat’, en matière fiscale notamment.

“Il devra approuver l’impulsion que le président souhaite donner pour la suite de son quinquennat”, dit un député de l’aile “sociale” du groupe LaRem à l’Assemblée, critique avec le chef du gouvernement issu de la droite et favorable à son remplacement par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, plus marqué à gauche.

À ce remaniement à venir s’ajoute la mue opérée à l’Elysée avec le récent départ de plusieurs disciples d’Emmanuel Macron - Ismaël Emélien, Sylvain Fort, notamment -, qui pourrait en appeler d’autres.

“Le changement sera beaucoup plus massif que vous ne le pensez”, assure un proche du chef de l’Etat. “Emmanuel Macron prépare une nouvelle organisation, car les enjeux ne sont pas les mêmes qu’au début du quinquennat.”

Avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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