March 4, 2019 / 9:12 PM / 6 months ago

Macron dévoile son programme pour une "renaissance européenne"

PARIS (Reuters) - A moins de trois mois d’élections européennes qu’il juge “décisives”, Emmanuel Macron a dévoilé lundi soir une série de mesures concrètes en faveur d’une “renaissance européenne” et lancé un cri d’”alarme” pour une Europe qui selon lui n’a jamais été autant en danger.

A moins de trois mois d'élections européennes qu'il juge "décisives", Emmanuel Macron a dévoilé lundi soir une série de mesures concrètes en faveur d'une "renaissance européenne" et lancé un cri d'"alarme" pour une Europe qui selon lui n'a jamais été autant en danger. /Photo prise le 25 février 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

Dans une lettre aux “citoyens d’Europe” publiée simultanément dans des quotidiens des 28 Etats membres, du Guardian à El Pais en passant par le Corriere della serra, le chef de l’Etat français adresse une mise en garde contre la tentation du “repli” ou de la “résignation”.

“Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger”, écrit-il, prenant pour exemple la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne programmée dans moins d’un mois.

“Le repli nationaliste ne propose rien, c’est un rejet sans projet et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire”, fustige-t-il.

“Nous sommes à un moment décisif pour notre continent, un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme”, ajoute-t-il. “Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.”

Ces ambitions passent notamment par la création d’une agence de protection des démocraties et d’une banque pour le climat, la mise en place d’un salaire minimum européen ou encore l’interdiction en Europe des entreprises “portant atteinte aux intérêts stratégique européens”. (pour voir l’ensemble des mesures :).

Au-delà des élections du 26 mai, Emmanuel Macron appelle également de ses voeux la tenue d’ici à la fin de l’année d’une “conférence pour l’Europe” réunissant les Etats et associant notamment les citoyens, qui sera chargée de définir une feuille de route pour l’UE.

IMPULSION AVANT LA CAMPAGNE

Dix-huit mois après son discours de la Sorbonne, où il avait fixé les grandes lignes de son projet européen, cette “interpellation amicale et civique” en 1.500 mots et traduite en 24 langues s’est nourrie des échanges entre Emmanuel Macron et ses homologues européens depuis mai 2017, selon l’Elysée.

“Il ne s’agit pas d’une imitative franco-française”, insiste la présidence, qui précise que les capitales européennes ont été prévenues en amont. “C’est volontairement concret, sélectif et ouvert. Le président de la République propose les choses mais il ne ferme pas le débat, la tribune se veut suffisamment générale pour que d’autres puissent contribuer ou amender.”

Si Emmanuel Macron “assume un leadership, c’est celui de proposer, d’être engagé et de combattre sur la scène européenne”, poursuit-on. “Il ne le fait jamais contre les autres, et ce n’est pas une question de coquetterie, le leadership européen seul n’existe pas. Quand vous êtes tout seul à proposer dans un club à 27 ou à 28, vous n’allez pas loin.”

Cette initiative, qui avait été annoncée par le chef de l’Etat lui-même lors de ses voeux aux Français, le 31 décembre, doit permettre également de donner une “impulsion” et de “planter le décor de la campagne”, selon l’entourage d’Emmanuel Macron.

“En revanche ce n’est pas la campagne stricto sensu, le président de la République n’est pas la tête de liste (mais) qu’il soit un acteur du débat politique électoral européen, c’est parfaitement assumé.”

Dans les sondages, le parti présidentiel, la République en marche (LaRem), allié au Mouvement démocrate (MoDem), est toujours au coude-à-coude avec le Rassemblement national (ex-Front national) de Marine Le Pen.

Le mystère demeure sur l’identité de la personnalité qui sera nommée tête de liste LaRem. Les noms des ministres Agnès Buzyn (Santé) et Nathalie Loiseau (Affaires européennes) sont avancés depuis plusieurs semaines sans confirmation à ce stade.

Marine Pennetier, édité par Simon Carraud

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