March 1, 2019 / 10:11 AM / 9 months ago

France et Pays-Bas jouent l'apaisement sur Air France-KLM

PARIS (Reuters) - La France et les Pays-Bas se sont engagés vendredi à oeuvrer ensemble à l’amélioration des performances d’Air France-KLM après plusieurs jours de tensions créées par l’entrée soudaine de l’Etat néerlandais au capital du groupe aérien.

La France et les Pays-Bas vont lancer un "processus de travail" conjoint destiné à "renforcer la vision de l'avenir du groupe" Air France-KLM et qui rendra ses conclusions fin juin, ont annoncé vendredi les ministres des Finances français et néerlandais, Bruno Le Maire et Wopke Hoekstra. /Photo prise le 1er mars 2019/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les ministres français et néerlandais des Finances Bruno Le Maire et Wopke Hoekstra, qui se sont rencontrés pendant une heure et demie à Paris, ont annoncé le lancement d’un groupe de travail conjoint, censé rendre d’ici fin juin des conclusions permettant de dissiper tout malentendu.

“Nous voulons aujourd’hui, à la suite de cet échange, ouvrir une nouvelle page de l’histoire du groupe Air France-KLM”, a déclaré le ministre français aux côtés de son homologue devant la presse à Bercy.

“Nous avons surtout voulu nous tourner vers l’avenir avec un seul objectif qui est un objectif partagé : faire du groupe Air France-KLM la compagnie aérienne la plus performante au monde”, a ajouté Bruno Le Maire, qui s’est abstenu de critiquer à nouveau l’opération boursière des Pays-Bas.

A Bordeaux, lors d’un débat avec des élus de la région Nouvelle Aquitaine, Emmanuel Macron a pour sa part déclaré qu’il faudrait “sans doute clarifier la gouvernance du groupe”, estimant qu’on ne pouvait “pas être actionnaire de l’entité de tête et actionnaire de la filiale”.

“Ces clarifications faites, on doit ensuite tous travailler ensemble pour que l’entreprise soit plus forte”, a-t-il insisté. “Notre rôle c’est de pacifier les choses, de faire qu’on travaille le mieux possible avec les Néerlandais et que personne n’importe dans l’entreprise de la politique et en particulier de la politique nationale”.

SOUTIEN RENOUVELÉ À BEN SMITH

Le gouvernement néerlandais a créé la stupeur mardi en France en annonçant son entrée au capital d’Air France-KLM, d’abord à hauteur de 12,68% puis de 14%, soit quasiment le même niveau que l’Etat français, avec la volonté affichée de défendre ses intérêts au sein du groupe aérien.

“Je suis conscient que notre prise de participation n’est pas très orthodoxe mais elle part de bonnes intentions”, a déclaré Wopke Hoekstra vendredi, sans s’étendre sur les motivations de son gouvernement.

Dans un entretien aux Echos publié vendredi soir, le ministre a expliqué que l’opération devait nécessairement se faire sous le sceau du secret.

“Je reconnais que c’est malheureux, mais c’était inévitable, compte tenu des contraintes réglementaires pesant sur ce genre d’opération, en France comme aux Pays-Bas”, dit-il.

Wopke Hoekstra considère par ailleurs que la compagnie aérienne doit gagner en compétitivité.

“Pour parler franchement, Air France-KLM évolue dans un environnement très difficile et n’est simplement pas assez compétitif. Des efforts supplémentaires sont nécessaires, y compris du côté néerlandais, en prenant en compte les intérêts vitaux de la France et des Pays-Bas”, dit-il.

Les deux ministres ont annoncé la création d’un groupe de travail, qui sera présidé conjointement par le français Martin Vial, directeur général de l’Agence des participations de l’Etat (APE), et Christiaan Rebergen, trésorier général du ministère néerlandais des Finances.

Ce groupe devra “examiner” notamment la structure du capital du groupe, les règles de gouvernance et “le respect par les deux Etats de règles de bonne conduite”, la composition du conseil d’administration et la vision des deux pays quant à la stratégie de long terme, est-il précisé dans un communiqué.

“C’est une occasion historique aujourd’hui de solder une bonne fois pour toutes les incompréhensions qui pouvaient exister entre la France et les Pays-Bas sur Air France-KLM”, juge-t-on à Bercy, où l’on souligne que les tiraillements ne datent pas de la crise ouverte cette semaine alors que KLM est nettement plus rentable qu’Air France.

Bruno Le Maire et Wopke Hoekstra ont par ailleurs renouvelé, lors de leur conférence de presse, leur soutien au directeur général d’Air France-KLM, le Canadien Ben Smith, dont la volonté de renforcer l’intégration au sein du groupe a suscité des inquiétudes côté néerlandais.

Simon Carraud avec Myriam Rivet, Marine Pennetier et Elizabeth Pineau, édité par Bertrand Boucey et Catherine Mallebay-Vacqueur

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