February 21, 2019 / 3:03 PM / 6 months ago

L’agresseur de Finkielkraut convoqué devant le tribunal le 22 mai

MULHOUSE (Reuters) - L’homme placé placé en garde à vue mardi pour avoir agressé verbalement le philosophe Alain Finkielkraut lors d’une manifestation des “Gilets jaunes” samedi dernier sera jugé le 22 mai prochain devant le tribunal correctionnel de Paris, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

L'homme placé placé en garde à vue mardi pour avoir agressé verbalement le philosophe Alain Finkielkraut lors d'une manifestation des "Gilets jaunes" samedi dernier sera jugé le 22 mai prochain devant le tribunal correctionnel de Paris, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. /Photo d'archives/REUTERS/Benoit Tessier

Sa garde à vue a été levée et il a quitté le commissariat de Mulhouse, où il s’était rendu de lui-même, sans faire de déclaration. Il sera jugé pour injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion.

Benjamin W., un français de 36 ans converti à l’islam, la religion de son père algérien, apparaît sur une vidéo parmi un groupe de personnes qui insultent l’académicien, lui-même le traitant de “haineux”, de “sioniste” et de “grosse merde”.

Son avocat a indiqué qu’il n’était pas motivé par l’antisémitisme lors de cet incident qui a eu lieu à Paris

“Dans ce dossier, il n’y a rien qui permettrait de qualifier les propos de M. W. de propos antisémites”, a dit à Reuters Me André Chamy, connu comme avocat de la CGT et de la CFDT à Mulhouse et pour avoir fait partie du collectif de défenseurs de l’ex-président irakien Saddam Hussein en 2005-2006.

“Ce dossier est monté de toutes pièces pour faire plaisir à M. Finkielkraut et appuyer une mouvance actuelle de lutte contre l’antisémitisme qui est un combat tout à fait respectable mais qui n’a rien à voir avec M. W.”, a-t-il ajouté.

Pour l’avocat franco-libanais, les propos prêtés à son client, un père de cinq enfants qui tient une boutique de téléphonie à Mulhouse, ne sont que des “insultes”.

“M. Finkielkraut se revendique comme sioniste. Qu’il ne nous embête pas à impliquer sa propre communauté dans cette histoire-là. Ce sont les propos politiques de M. Finkielkraut, connus de tous, qui ont été visés”, ajoute-t-il.

L’avocat souligne que Benjamin W., également connu sous le prénom de Souleiman, n’a pas employé à l’encontre de l’universitaire l’injonction “Rentre chez toi” proférée par certains des individus autour de lui.

“Il l’a même traité d’antisémite parce que mon client considère que le combat sioniste mené par M. Finkielkraut est contre-productif pour la communauté juive”, a-t-il ajouté.

Me Chamy conteste également que son client, auquel la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, prêtait mercredi une pratique “salafiste” de l’islam, soit un fondamentaliste ou un individu radicalisé.

“Il a eu une sorte de retour à la racine parce qu’il a découvert que son père était d’origine arabe-musulmane. Il a renoué avec la religion musulmane, il a été approché par des religieux musulmans, ça a duré deux ans et depuis 2003, il n’a plus eu de contact avec un quelconque mouvement musulman”, a-t-il expliqué.

Me Chamy a par ailleurs affirmé faire l’objet de menaces de morts sur les réseaux sociaux depuis qu’il avait accepté de défendre Benjamin W.

Patrick Genthon, avec Gilbert Reilhac à Strasbourg et Emmanuel Jarry à Paris, édité par Yves Clarisse

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