February 19, 2019 / 5:24 PM / 6 months ago

Seconde victoire devant la justice pour François Ozon

LYON (Reuters) - Le tribunal de grande instance de Lyon a refusé mardi d’accéder à la demande d’une ancienne bénévole du diocèse de Lyon qui souhaitait que son nom soit supprimé dans “Grâce à Dieu”, le film de François Ozon inspiré du combat mené par les victimes lyonnaises du prêtre Bernard Preynat, poursuivi pour pédophilie.

Le tribunal de grande instance de Lyon a refusé mardi d’accéder à la demande d'une ancienne bénévole du diocèse de Lyon qui souhaitait que son nom soit supprimé dans "Grâce à Dieu", le film de François Ozon inspiré du combat mené par les victimes lyonnaises du prêtre Bernard Preynat, poursuivi pour pédophilie. /Photo prise le 16 février 2019/REUTERS/Fabrizio Bensch

Il s’agissait d’une deuxième procédure visant le cinéaste français, qui a obtenu lundi du tribunal de Paris que son film sorte comme prévu mercredi sur les écrans français. Il avait été assigné en référé par le père Preynat, qui demandait un report de la sortie du film au nom de la présomption d’innocence.

Le film, Grand Prix du jury du festival du film de Berlin, raconte la naissance de l’association de victimes “La Parole libérée”, fondée à Lyon en 2015 par d’anciens scouts abusés par ce prêtre. Le personnage de Régine Maire, aujourd’hui âgée de 80 ans, apparaît à l’écran.

Psychologue bénévole au sein du diocèse de Lyon, elle avait alors recueilli les confidences d’une victime du père Preynat avant de tenter une médiation avec le prêtre.

Lundi, lors de l’audience devant le tribunal de grande instance de Lyon, l’avocat de Régine Maire, Me Xavier Vahramian, a fait valoir une inégalité de traitement avec les rôles de victimes qui eux bénéficient d’un pseudonyme. Et demandé une modification de la bande-son au nom du respect de la vie privée.

Il avait également dénoncé la coïncidence des calendriers.

Le tribunal correctionnel de Lyon rend le 7 mars sa décision dans le procès contre le cardinal Barbarin et cinq membres de son entourage, dont Régine Maire, pour “non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs” et “omission de porter secours à personne en péril”.

Le TGI de Lyon a estimé mardi que le film de François Ozon ne portait pas atteinte à la vie privée de Régine Maire dans la mesure où son rôle avait déjà fait l’objet d’une publicité dans ce procès, qui s’est déroulé début janvier.

Régine Maire avait par ailleurs accordé une interview sur le sujet à la chaine d’information continue Euronews.

“Cette décision soulage François Ozon qui est libéré de toutes ces péripéties, le film va pouvoir sortir”, a dit à Reuters Me Paul-Albert Iweins, avocat du réalisateur et du distributeur du film.

L’avocat de Régine Maire a précisé à Reuters que la plaignante était “déçue, car elle sait que son nom sera ad vitam aeternam dans le film”.

Catherine Lagrange, édité par Sophie Louet

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