February 19, 2019 / 1:14 PM / 6 months ago

Le "forfait" sur les contrats courts ne séduit pas les syndicats

PARIS (Reuters) - La proposition patronale d’un forfait payé par les employeurs utilisateurs de contrats courts n’a pas séduit les syndicats qui estiment mardi, à la veille d’une rencontre cruciale, que les chances de réussite de la négociation sur l’assurance chômage sont quasi nulles.

“Visiblement, le patronat n’arrive pas à faire des propositions qui véritablement modifient le comportement des entreprises”, a déclaré la secrétaire générale adjointe de la CFDT Marylise Léon sur BFM Business

Le négociateur de Force ouvrière, Michel Beaugas, a déclaré dans un communiqué que les annonces des organisations patronales “ne sont pas à la hauteur des attentes en matière de lutte contre la précarité et l’utilisation massive et irrégulière des contrats courts”.

Le Medef, la CPME et l’U2P envisagent, selon une source patronale, de proposer mercredi la création d’un forfait sur les contrats courts qui alimenterait un fonds pour les salariés précaires, leur permettant d’accéder à une complémentaire santé ou de bonifier leur compte personnel de formation (CPF).

Il s’agit d’une ultime proposition visant à éviter le bonus-malus, qui permettrait de moduler les cotisations patronales en fonction du recours aux contrats de courte durée, un principe que les entreprises jugent “mortifère” pour l’emploi.

Les organisations syndicales avaient fait de ce dispositif une condition sine qua non pour poursuivre les négociations sur l’assurance chômage.

L’ETAT À LA MANOEUVRE

“A la CFDT, on a toujours dit: ‘il faut responsabiliser les employeurs pour qu’ils fassent des contrats plus longs’. L’idée, ce n’est pas de trouver des mesures qui permettent aux salariés précaires de s’accommoder de leurs conditions précaires”, dit Marylise Léon.

La CGT examinera la proposition, assure son secrétaire général, Philippe Martinez, dans une interview à L’Opinion.

“Mais ce n’est pas le problème”, dit-il. “La ministre du Travail (...) dit: ‘on est revenu aux journaliers’. C’est ça qu’il faut éradiquer. Il y a des entreprises qui ne pratiquent pas ce genre de contrats, c’est bien, mais malus pour celles qui abusent”.

Pour FO, “les annonces patronales semblent exclure toute modulation des contributions. Si tel est le cas elles porteraient la responsabilité d’un échec de la négociation”.

La CFE-CGC n’a pas souhaité s’exprimer sur le projet patronal, attendant d’en connaître les détails. Mais elle s’interroge sur l’avenir du paritarisme en cas d’échec des négociations, si l’Etat reprend les rênes du régime.

“Est-ce que le paritarisme a un sens, si l’Etat fixe les règles (de l’assurance chômage) et change le financement?” se demande Jean-François Foucard.

Le gouvernement a supprimé en 2018 les cotisations salariales servant à financer l’Unédic pour les remplacer par la contribution sociale généralisée (CSG).

“Concrètement, pour les demandeurs d’emploi, ça risque de ne pas être une bonne nouvelle”, renchérit Marylise Léon.

“C’est certain qu’il n’y aura probablement pas les mêmes règles d’indemnisation”, ajoute-t-elle, mettant en garde contre le “prisme budgétaire et économique extrêmement fort de la part du gouvernement”.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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