February 15, 2019 / 4:20 PM / 6 months ago

Des milliers de contrôles pour vérifier les prix des aliments

PARIS (Reuters) - Des agents chargés de faire respecter la concurrence procéderont à partir de lundi à plusieurs milliers de contrôles pour vérifier que les commerçants ne vendent pas à perte, a déclaré le ministre de l’Agriculture dans un entretien à Reuters.

Des agents chargés de faire respecter la concurrence procéderont à partir de lundi à plusieurs milliers de contrôles pour vérifier que les commerçants ne vendent pas à perte, a déclaré le ministre de l'Agriculture dans un entretien à Reuters. /Photo d'archives/REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Il s’agit de faire respecter la nouvelle loi Agriculture et Alimentation (Egalim) qui vise à ce que les producteurs puissent être rémunérés au “juste prix”. La loi relève notamment de 10% le seuil de revente à perte sur les denrées alimentaires et encadre les promotions.

“La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes va faire 6.000 contrôles et, à partir de la semaine prochaine, va aller dans les supermarchés, va aller regarder combien les choses sont vendues”, a déclaré Didier Guillaume.

“Mais on ne veut pas imposer”, a-t-il ajouté. “On n’est pas dans une économie administrée, mais on prend tout le monde à témoin”, a-t-il dit.

A 15 jours de la fin des traditionnelles négociations commerciales entre les industriels de l’agroalimentaire et la grande distribution, le secteur du lait paraît être est celui qui a le plus avancé sur la voie de la détermination du “juste prix”.

Plusieurs accords ont été signés entre les industriels laitiers, notamment le leader Lactalis, et les distributeurs.

“Les producteurs toucheront entre 350 euros et 400 euros la tonne de lait”, déclarait mercredi soir le président des Jeunes agriculteurs, Jérémy Decerle, dans les couloirs du ministère de l’Economie et des Finances où il était reçu avec d’autres acteurs du secteur.

“IL FAUT PAYER PLUS CHER”

En revanche, les négociations dans d’autres secteurs apparaissent plus difficiles.

“Le compte n’y est pas sur les céréales et la viande. Je le dis très clairement”, a dit le ministre en soulignant que le boeuf vendu en grande surface à 15 euros le kilo est acheté 3 euros le kilo à l’éleveur alors que son prix de revient est de 5 euros le kilo.

Les distributeurs “ne jouent pas assez le jeu. Il faut payer plus cher”, dit Didier Guillaume.

“Ils ne faisaient pas de marge, voire ils vendaient moins cher les produits d’appel pour se tirer la bourre, pour concurrencer le voisin, et par contre ils prennent 30%-40% de marge sur les produits agricoles. Nous ne voulons plus de cela”, martèle le ministre.

Au-delà des accords qui pourraient être finalement trouvés, rien ne garantit que la marge gagnée redescendra en totalité jusqu’au petit producteur, concède le ministre.

“Je ne peux pas le leur garantir. C’est contractuel”, a dit Didier Guillaume.

Le gouvernement table sur “un cercle vertueux” pour que le juste prix se mette en place dans toute la France d’ici “deux ou trois ans”.

“Passer de trois euros le kilo à 6,0-à 6,50 euros le kilo” de boeuf, cela ne va pas se faire en une fois”, a déclaré Didier Guillaume.

Edité par Danielle Rouquié

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