February 8, 2019 / 2:31 PM / 9 months ago

Griveaux laboure le sillon d'une candidature pour Paris 2020

PARIS (Reuters) - Il cajole les référents de La République en marche, consulte les maires d’arrondissement, s’assure de soutiens au gouvernement comme au Parlement : Benjamin Griveaux reste plus que jamais candidat putatif à l’investiture du camp présidentiel pour les élections municipales à Paris en 2020.

Il cajole les référents de La République en marche, consulte les maires d'arrondissement, s'assure de soutiens au gouvernement comme au Parlement : Benjamin Griveaux (photo) reste plus que jamais candidat putatif à l'investiture du camp présidentiel pour les élections municipales à Paris en 2020. /Photo prise le 9 janvier 2019/Christophe Ena

Le porte-parole du gouvernement ne se dévoilera qu’à un an de l’échéance, “au printemps, qui commence le 21 mars et se termine le 21 juin”, aime-t-il rappeler. Un calendrier qui enjambe les élections européennes du 26 mai, source potentielle de remaniement ministériel, sachant qu’une candidature se traduira forcément, dit-il, par son départ du gouvernement.

“Si demain on gagne à Paris, il faut qu’on puisse transformer vite”, anticipe-t-il déjà face à Reuters dans son bureau de la rue de Grenelle où traînent quelques livres laissés par ses deux enfants, qu’il emmène chaque matin à l’école.

Les cailloux que sème l’ambitieux élu de 41 ans ne laissent aucune place à l’ambiguïté, même si d’autres candidats sérieux sont sur les rangs - son collègue du gouvernement Mounir Mahjoubi et le député Cédric Villani notamment, en attendant, peut-être, des surprises que peut réserver la vie politique.

“Depuis un an j’ai rassemblé des élus, des membres du gouvernement, des parlementaires, militants, référents autour d’une démarche collective. C’est un travail de longue haleine”, dit Benjamin Griveaux. Il affirme ne “pas croire aux démarches individuelles” dans la course à l’hôtel de ville, sous bannière socialiste depuis 2001. “La guerre, ce n’est pas notre culture à LaRem, on a plein de talents”.

Ce disciple de longue date d’Emmanuel Macron accélère le tempo depuis le début de l’année, tandis que la maire sortante Anne Hidalgo est déjà quasiment en campagne. “Le printemps approche”, lançait-il dans un sourire mi-janvier pour ses voeux organisés dans un bar du Xe arrondissement, où il a été élu député en 2017.

“PARIS A BESOIN D’APAISEMENT”

Dix jours plus tard, dans un théâtre parisien, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa lui apportait son soutien devant les caméras avant de s’asseoir non loin des autres candidats à l’investiture et du délégué général de La République en marche, Stanislas Guérini, pour le dévoilement de l’enquête “Paris et moi”, prélude au programme du futur candidat.

“Il faut d’abord s’intéresser aux Parisiens. Mon travail depuis un an a été de consolider la présence de LaRem à Paris, d’accompagner le diagnostic qui est notre ADN, c’est comme ça qu’on fonctionne”, explique-t-il aujourd’hui. 

Propreté, transport, sécurité : les thèmes-phares sont déjà intégrés, mais Benjamin Griveaux entend y répondre avec des méthodes différentes de celles, jugées trop clivantes et “claniques”, de l’actuelle édile socialiste.

Paris “est devenue une ville de confrontation”, déplore ce natif de Saône-et-Loire, qui vit “depuis 25 ans” dans la capitale. “Il faut réconcilier les Parisiens entre eux : l’Est et l’Ouest, les piétons avec les trottinettes, les vélos, les bus, les automobilistes”, dit-il. “Paris a besoin d’apaisement, les gens ont besoin qu’on s’occupe d’eux”.

“Vous n’êtes pas une ville-monde si vos habitants ne s’entendent pas entre eux. Les Parisiens sont d’un quartier avant d’être d’un arrondissement. Pour autant, le XVIe ne peut aller bien que si le XIXe va bien lui aussi.”

A ceux qui jugent trop conservateur le profil de cet ancien disciple de Dominique Strauss-Kahn, Benjamin Griveaux se place sur la ligne centrale qui a conduit Emmanuel Macron à l’Elysée.

“Une rue propre, c’est de gauche ou de droite ? C’est une rue propre. C’est juste une bonne gestion de l’espace public.”

En terme d’image, Benjamin Griveaux sait aussi qu’il devra, pour séduire les Parisiens, se présenter à eux dans des habits neufs, débarrassé de l’armure de porte-parole qui le transforme volontiers en bouclier d’un exécutif chahuté dans l’opinion.

“Je suis sûr d’une chose : on ne peut pas mentir dans la campagne. Il ne faut pas jouer la comédie, une élection est un moment de vérité”, dit-il, confiant multiplier les rendez-vous non médiatisés avec les Parisiens “tard le soir et tôt le matin”.

Quant à l’appui, essentiel, d’Emmanuel Macron dans sa démarche, son entourage ne laisse aucune place au doute : “Peut-on imaginer une seconde qu’il fasse quelque chose sans son accord ?”

Edité par Yves Clarisse

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