February 8, 2019 / 8:36 AM / 6 months ago

Hamon propose une votation citoyenne pour unir la gauche

PARIS (Reuters) - Le chef de file de Génération.s, Benoît Hamon, appelle vendredi la gauche, les écologistes et les mouvements citoyens à participer à une votation citoyenne pour construire une liste d’union aux élections européennes du 26 mai.

Le chef de file de Génération.s, Benoît Hamon, appelle vendredi la gauche, les écologistes et les mouvements citoyens à participer à une votation citoyenne pour construire une liste d'union aux élections européennes du 26 mai./Photo prise le 3 décembre 2018/REUTERS/Charles Platiau

Une proposition bien accueillie au Parti socialiste, qui voit d’un bon oeil ce “revirement” de son ancien candidat à la présidentielle en faveur d’une union à gauche, mais rejetée par La France insoumise (LFI) et par la tête de liste d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Yannick Jadot.

Benoît Hamon propose aux électeurs un vote préférentiel, par voie électronique mais aussi physiquement, par lequel trois listes seront choisies et ordonnées par ordre de préférence.

“Ce mode de scrutin permet de voter, donc de choisir, sans exclure, et correspond à l’état de la gauche aujourd’hui”, explique-t-il dans un entretien au journal Le Monde.

“Les électeurs ne sont plus 100% attachés à une étiquette de parti mais peuvent être à la fois écolos, sensibles à la question du travail et soucieux de garder une part de souveraineté”, ajoute-t-il.

La France insoumise, le Parti socialiste, les Radicaux de gauche (PRG), EELV, le Parti communiste, Nouvelle donne, ou encore le mouvement lancé par Raphaël Glucksmann, Place publique, font partie des formations visées par l’invitation de Benoît Hamon.

“Je souhaite que d’ici le 22 février, c’est-à-dire d’ici quinze jours, nous puissions avoir les réponses” des partis, a-t-il précisé sur RTL.

LFI ET EELV REFUSENT

L’ex-candidat à l’élection présidentielle, qui espère des convergences, estime qu’il y aura des désaccords sur des “points de programme” mais juge que la question de la sortie des traités européens n’est plus aussi clivante.

“LFI semble avoir changé sur cette question. Il n’y a pas de mention du ‘Plan B’ dans leur document signé avec Podemos [Espagne] et le Bloco [Portugal]. Leur tête de liste, Manon Aubry, met beaucoup d’eau dans le vin de M. Mélenchon sur cette question et je m’en réjouis”, dit-il.

Mais LFI a opposé une fin de non-recevoir à cette idée, comme elle l’a toujours fait aux précédentes tentatives de constituer une liste d’union de la gauche.

“C’est la primaire de ceux qui sont d’accord avec les traités européens. Donc nous ne sommes pas concernés”, a dit à Reuters Manuel Bompard, directeur des campagnes du parti dirigé par Jean-Luc Mélenchon.

Yannick Jadot, chef de file des écologistes, a lui aussi rejeté d’emblée cette proposition.

“Non. Depuis des mois le seul sujet des écologistes, c’est les élections européennes”, a-t-il expliqué sur franceinfo. “Ce qu’on me propose en permanence c’est une union de façade à l’échelle française plutôt que la clarté dans le débat européen.”

Le Parti socialiste s’est montré beaucoup plus ouvert. “Ce que l’on retient, c’est ce revirement de Benoît Hamon qui refusait jusqu’à présent la nécessité d’un rassemblement de toute la gauche pour les européennes”, a dit à Reuters la numéro deux du parti dirigé par Olivier Faure, Corinne Narassiguin. “Après, la manière est un sujet secondaire”.

“Ce qui compte c’est quels combats on peut porter pour offrir une alternative au duel entre nationalistes et libéraux. C’est pour cela qu’il faut que la gauche soit rassemblée et nous, on est prêts à discuter avec Génération.s”.

Olivier Faure plaide pour un rapprochement des forces de gauche pour les européennes, une stratégie qui ne fait pas l’unanimité en interne, alors que le PS est crédité d’environ 6% des voix dans les sondages d’intentions de vote pour le 26 mai.

“Les choses bougent, je ne sais pas jusqu’à quel point elles pourront bouger”, déclarait mercredi le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée, Boris Vallaud.

Julie Carriat et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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