February 4, 2019 / 10:53 AM / 9 months ago

L'armée française intervient contre des rebelles armés au Tchad

PARIS (Reuters) - Des avions français de l’opération Barkhane ont bombardé dimanche, en appui des forces tchadiennes, un groupe armé rebelle qui s’était infiltré dans le nord du Tchad en provenance de Libye, a annoncé l’état-major français.

Un Mirage 2000. Des avions français de l'opération Barkhane ont bombardé dimanche, en appui des forces tchadiennes, un groupe armé rebelle qui s'était infiltré dans le nord du Tchad en provenance de Libye, a annoncé l'état-major français. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

L’opération française, à la demande des autorités de N’Djamena, intervient alors qu’Idriss Deby, au pouvoir depuis 28 ans, est confronté à l’activisme renouvelé de plusieurs mouvements politico-militaires qui appellent à son renversement.

Quarante pick-ups s’étaient infiltrés “profondément en territoire tchadien” et l’intervention de Mirage 2000 français, basés à N’Djamena, “a permis d’entraver cette progression hostile et de disperser la colonne”, précise l’état-major dans un communiqué.

Après un survol d’avertissement dimanche matin, les Mirage ont finalement procédé à deux frappes vers 18h00 en raison de la progression des pick-ups, dont l’appartenance n’est pas précisée.

L’état-major de l’armée tchadienne a déclaré par la suite dans un communiqué qu’”une colonne de mercenaires et terroristes” avait “tenté” une incursion le 30 janvier à la suite d’opérations de l’Armée nationale libyenne (ANL) dans le Sud libyen, et que la situation était désormais “sous contrôle”.

L’armée tchadienne est engagée depuis l’été dernier dans des combats contre un nouveau mouvement, le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR), mais c’est l’Union des forces de la résistance (UFR), une alliance de groupes rebelles constituée en 2009 au Darfour (Soudan), qui a revendiqué l’incursion.

L’un de ses représentants a dit lundi à Reuters que deux combattants avaient été tués et deux pick-ups détruits lors de l’opération française.

“Maintenant, on a décidé de mener la guerre contre Deby”, a-t-il dit. “L’aviation de M. Deby a fait quelques sorties mais n’a rien pu faire alors Deby a fait appel à Barkhane qui a effectué des frappes sur nos forces.”

“On a cru que la France n’allait pas intervenir dans les affaires intérieures du Tchad. C’est extrêmement grave. La France n’a aucune solution à offrir aux Tchadiens à part maintenir M. Deby parce que c’est son chien de chasse pour ses opérations contre Boko Haram et les islamistes”, a-t-il poursuivi.

“SURVEILLANCE POINTUE”

C’est contre des assaillants de l’UFR, qui avaient atteint les faubourgs de N’Djamena, que l’armée française avait prêté son concours logistique en février 2008 aux forces tchadiennes (munitions, renseignement) sans prendre part aux combats, à l’exception notable et décisive de tirs de riposte de soldats du dispositif “Epervier” pour protéger l’aéroport.

Le CCMSR, né en Libye en 2016 d’une scission de l’UFR, a aussi installé sa base arrière dans le Sud libyen, qui échappe au contrôle des autorités de Tripoli et où l’insécurité menace non seulement le Tchad, mais aussi l’Algérie et le Niger, autres pays frontaliers.

L’ANL du maréchal Khalifa Haftar a engagé au début de l’année des opérations contre le groupe et affirme agir en coordination avec le pouvoir tchadien.

Idriss Deby, dénoncé par l’opposition pour une gouvernance “autocratique” et accusé par Amnesty international d’atteintes aux libertés, reste pour Paris “le partenaire fiable et solide de la région”, souligne-t-on de source militaire française, en assurant d’une application “sourcilleuse” des accords de Défense.

Pour la France, liée depuis 1976 par un accord de coopération militaire avec N’Djamena, le Tchad, ancienne colonie, et ses militaires aguerris sont un pilier de la lutte anti-terroriste au Sahel.

Le Tchad est engagé dans la force conjointe du G5 Sahel, dans les rangs de la Minusma au Mali - dix casques bleus tchadiens ont été tués le 20 janvier dans le nord-est du Mali - et dans ceux de la Minusca en République centrafricaine.

“Le projet tchadien, c’est un projet de survie. Ils ont notamment le problème de leur frontière Nord, pour lequel ils espèrent un appui de la France”, relève la source militaire française. “Il y a une surveillance pointue de la frontière Nord”, indique-t-elle.

Les Tchadiens sont également confrontés aux assauts de la secte nigériane Boko Haram dans la zone du Lac Tchad et à un autre front rebelle à la frontière soudanaise.

Avec Madjiasra Nako à N'Djamena, édité par Yves Clarisse

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