February 3, 2019 / 12:56 PM / 7 months ago

L'opposition veut être associée à un éventuel référendum

PARIS (Reuters) - L’opposition a réclamé dimanche d’être associée à la rédaction des questions qui seraient posées dans le cadre d’un référendum organisé à l’issue du Grand débat national, si cette option devait bien être choisie par Emmanuel Macron.

L'opposition a réclamé dimanche d'être associée à la rédaction des questions qui seraient posées dans le cadre d'un référendum organisé à l'issue du Grand débat national, si cette option devait bien être choisie par Emmanuel Macron. /Photo prise le 1 février 2019/REUTERS/Michel Euler

“Le président de la République veut consulter les Français. Il doit le faire aussi sur des questions aussi majeures que le référendum d’initiative citoyenne (RIC), le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune, ou l’annulation ferme et définitive de la hausse de la CSG sur les petites retraites”, a dit à BFM TV Manuel Bompard, directeur des campagnes de la France insoumise.

“Le problème, c’est qui va choisir les questions qui vont être posées aux Français? Ça ne peut pas être seulement le président de la République, sinon ce sera une entourloupe de plus”.

“Moi, je suis toujours pour le référendum, mais qu’on ne vienne pas nous dire qu’il s’agit là de quelque chose qui émerge en réalité du débat, qu’Emmanuel Macron a écouté, a entendu ce qui se passe (...) Tout ça, c’est totalement bidon”, a dit pour sa part la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen.

“Il va recycler encore une fois sa modification constitutionnelle par l’intermédiaire de ce référendum, donc il va demander aux Français s’ils sont d’accord avec ce qu’il avait déjà proposé.”

Emmanuel Macron songerait à organiser un référendum le jour des élections européennes, le 26 mai prochain, en réponse à une revendication des “Gilets jaunes” de participer d’avantage à la vie démocratique du pays, selon le Journal du Dimanche (JDD) qui cite des sources “haut placées”.

Le chef de l’Etat aurait, selon le JDD, rejeté les autres options de réponse à ce Grand débat, qui étaient d’organiser un “Grenelle” sur le modèle de Mai-68, associant syndicats et corps intermédiaires - piste à laquelle il ne croirait pas, selon l’hebdomadaire - un remaniement ministériel d’ampleur, ou encore une dissolution de l’Assemblée nationale.

“Pour le moment, sa décision n’est pas prise”, a dit la ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, au Grand Jury pour RTL-Le Figaro-LCI. “Il est trop tôt pour en parler parce que le Grand débat n’est pas terminé”.

“Ce que je peux vous assurer, c’est qu’il y aura des réponses fortes qui sortiront de ce Grand débat”, ajoute-t-elle en précisant qu’elle souhaiterait surtout “qu’on parle d’Europe le 26 mai, parce qu’il y a des enjeux majeurs”.

Selon l’Elysée, toutes les options sont encore sur la table.

LES DÉPUTÉS PARTAGÉS

Pour le député La République en marche (LaRem) Matthieu Orphelin, organiser “un référendum (ou une grande consultation citoyenne) sur quatre ou cinq questions-clefs sorties du Grand débat national serait une excellente chose”.

“Le faire le jour des élections européennes ne me paraît par contre pas du tout opportun. Il faut de la clarté et ne pas tout mélanger”, a-t-il écrit du Twitter.

Son homologue, Aurélien Taché, aussi de la majorité, se dit moins tranché sur la date. “Pourquoi pas, parce qu’attendre trop serait étonnant. Le Grand débat national va s’arrêter mi-mars. Si on avait un référendum en septembre, ce serait un peu curieux”, a-t-il dit sur France info. Mais il précise “qu’il ne faut pas mélanger les enjeux”.

Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, met en garde contre des questions qui porteraient sur les institutions, comme le nombre de parlementaires ou encore le cumul de mandats dans le temps, tel que le souhaiteraient certains députés La République en marche.

“Attention à ce que l’issue de ce Grand débat ne soit pas des sujets qui soient très coupés des préoccupations et des priorités des Français, et attention à ne pas donner le sentiment qu’au fond, tout est déjà décidé”, a-t-il dit au Grand Rendez-vous Europe 1-Les Echos-CNEWS.

“Bien sûr que c’est un sujet qui compte, mais si c’est le seul sujet qu’on propose aux Français comme point de sortie, alors le président de la République prendrait un grand risque”.

“Dans un référendum, ce qui serait intéressant c’est de dire : ‘Nous, on est prêt à prendre un engagement sur la lutte contre le gaspillage de l’argent public, sur la baisse de la dépense publique’”.

“Mais la contrepartie, c’est: ‘On rendra l’argent et l’argent qui sera économisée sera rendu sous forme de baisse d’impôts et de baisse de charges sur les entreprises’”, a-t-il ajouté.

Caroline Pailliez, édité par Eric Faye

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