February 2, 2019 / 12:04 PM / 9 months ago

Hommage aux blessés et heurts pour le 12e jour d'action des "Gilets jaunes"

PARIS (Reuters) - La douzième journée d’action nationale des “Gilets jaunes” a mobilisé 58.600 personnes samedi en France selon le ministère de l’Intérieur - contre 69.000 samedi dernier - lors de plusieurs centaines de manifestations parfois émaillées de violences.

La douzième journée d'action nationale des "Gilets jaunes" a mobilisé 58.600 personnes samedi en France selon le ministère de l'Intérieur - contre 69.000 samedi dernier - lors de plusieurs centaines de manifestations parfois émaillées de violences. /Photo prise le 2 février 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

Une trentaine de personnes ont été interpellées à Paris, où le ministère dirigé par Christophe Castaner a comptabilisé 10.500 contestataires contre 4.000 une semaine plus tôt.

L’un des cortèges parisiens déclarés aux autorités rendait hommage aux blessés des “Gilets jaunes”. Le défilé a eu lieu entre le XIIe arrondissement et la place de la République, qui a été le théâtre de tensions dans l’après-midi. Du mobilier urbain a été détruit et les policiers ont fait usage d’un canon à eau.

A Valence (Drôme), ville choisie comme épicentre de la journée d’action par une partie des “Gilets jaunes”, la police a compté 5.400 personnes au plus fort de la manifestation qui s’est dispersée en milieu d’après-midi sous l’effet de pluies diluviennes. Elle s’est déroulée sans heurts, mais la police a procédé à 18 interpellations et saisi une centaine d’armes: couteaux, haches, rasoirs, battes de base-ball, tournevis, matraques, machettes et autres engins explosifs.

Selon des sources policières, des heurts ont été signalés à Nantes, où un policier a été blessé, à Nancy où 12 personnes ont été interpellées pour outrage et rébellion, ou encore à Rennes.

A Bordeaux, des incidents ont éclaté aux abords de l’Hôtel de ville, notamment, à la fin de la manifestation qui a réuni plusieurs milliers de contestataires. Des vitrines ont été brisées, une voiture et des poubelles incendiées, ce qui a conduit à l’interpellation d’une quinzaine de personnes.

Quelques milliers de personnes, selon la préfecture de Haute-Garonne, ont aussi défilé à Toulouse où trois manifestations avaient été déclarées et une autre, non. Quelques incidents ont éclaté en divers endroits de la ville, où deux personnes ont été blessées et quatre manifestants interpellés.

A Marseille, environ 1.500 “Gilets jaunes” ont défilé dans le calme dans les rues du centre-ville et ont été rejoints sur la Canebière par une manifestation de protestation contre l’habitat indigne. Quelques heurts ont éclaté au moment de la dispersion de la manifestation, conduisant à l’interpellation de deux personnes.

A Strasbourg, la police a procédé à des jets de gaz lacrymogène pour repousser les manifestants, devant la gare notamment. Les portes vitrées des Galeries Lafayette ont été brisées par des manifestants au moment où les employés baissaient le rideau de fer.

“JE N’AURAIS JAMAIS DÛ ÊTRE BLESSÉ”

A Paris, l’une des manifestations déclarées entendait dénoncer les violences policières et rendre hommage aux personnes blessées depuis le début de la crise, mi-novembre.

“Hommage aux blessés”, “Stop”, “Violence d’Etat, macronie coupable”, “Eteins ta télé, viens nous rencontrer”, pouvait-on lire sur des banderoles, alors que certains manifestants portaient un patch marqué d’une cible sur un oeil.

“Je pensais que c’était important que je témoigne en tant que victime parce que je considère que je n’aurais jamais dû être blessé”, a dit à Reuters Patrick Galliand, un Francilien blessé en novembre dernier dans une manifestation.

“Je ne suis pas un casseur, je ne suis pas un ‘black bloc’, je ne suis pas quelqu’un qui jette des choses sur les policiers”, a-t-il ajouté. “J’étais venu exprimer un mécontentement, ce qui est notre droit le plus strict (...) Et je suis parti avec un oeil en moins.”

Gilet jaune sur le dos et pansement sur l’oeil, l’un des chefs de file des contestataires blessé samedi dernier à Paris, Jérôme Rodrigues, a filmé la foule juché sur un poteau au départ de la manifestation, sous les acclamations. Une enquête est en cours pour déterminer si sa blessure a pour origine un tir de “lanceurs de balles de défense” (LBD) ou un éclat de grenade de désencerclement.

Les forces de l’ordre ont commencé samedi dernier à expérimenter l’utilisation de caméras couplée avec des LBD, pour en contrôler l’usage. “Tout a été filmé, c’est en cours d’exploitation”, a dit le secrétaire d’Etat Laurent Nunez.

“Stop au président #FlashBall”, a écrit pour sa part sur Twitter le chef de file de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Elizabeth Pineau, Johnny Cotton et Emmanuel Jarry, avec les correspondants de Reuters en régions, édité par Jean-Philippe Lefief

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