January 29, 2019 / 10:55 AM / 7 months ago

EUROPEENNES: Le RN veut faire du scrutin un référendum anti-Macron

PARIS (Reuters) - Pour ou contre Emmanuel Macron ? Voilà tout l’enjeu des élections européennes du 26 mai, à en croire Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national (ex-Front national), qui ambitionne de rendre à la formation d’extrême droite le titre de “premier parti de France” gagné il y a cinq ans.

Pour ou contre Emmanuel Macron ? Voilà tout l'enjeu des élections européennes du 26 mai, à en croire Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national (ex-Front national), qui ambitionne de rendre à la formation d'extrême droite le titre de "premier parti de France" gagné il y a cinq ans. /Photo prise le 13 janvier 2019/REUTERS/Christian Hartmann

“Nous voulons faire de cette élection un référendum sur la politique de M. Macron”, déclare le conseiller régional d’Île-de-France, lors d’une interview accordée à Reuters dans son bureau au siège du RN, à Nanterre (Hauts-de-Seine).

Le scrutin sert normalement à désigner des députés chargés de contribuer, depuis Strasbourg et Bruxelles, à la législation de l’UE.

“Evidemment, c’est une élection européenne”, ajoute la jeune tête de liste - 23 ans. “Mais à l’heure où les Français souhaitent reprendre le pouvoir et à l’heure où ils ont le sentiment ne plus être entendus, ni écoutés, ni même respectés par leurs dirigeants, je pense qu’il faut aussi que les Français se saisissent de ces élections comme d’un référendum.”

A quatre mois de l’échéance, le sol reste mouvant.

En fin d’année dernière, les instituts de sondage ont placé le parti d’extrême droite en tête, avec plus de 20% des intentions de vote, mais le lancement du “grand débat”, imaginé par Emmanuel Macron comme une réponse à la crise des “Gilets jaunes”, a redonné des couleurs à la majorité.

OBJECTIF : “LE PLUS HAUT SCORE POSSIBLE”

Résultat : l’alliance LaRem-MoDem mène désormais la danse avec 23% des intentions de vote, devant le RN, crédité pour sa part de 21%, dans une enquête Ifop-Fiducial pour Valeurs actuelles et Sud radio publiée à la mi-janvier.

“On vise le plus haut score possible”, anticipe Jordan Bardella, qui refuse de faire le moindre pronostic. “L’idée, c’est d’arriver en tête, d’avoir un maximum d’élus.”

Sur le grand calendrier accroché dans son bureau, le mot “victoire” est inscrit en lettres capitales à la date du 26 mai.

Aux européennes de 2014, le FN, alors emmené par Marine Le Pen en personne, avait pris la première place, avec 24,86% des voix, et envoyé 24 ambassadeurs à Strasbourg, dont 15 sont encore membres du groupe Europe des nations et des libertés après une série de défections.

Après l’euphorie de ces années d’ascension, la formation lepéniste a connu une crise de croissance, qui s’est traduite par la défaite de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2017. Un revers que la haute hiérarchie du RN a en partie attribué au programme européen.

Dans le programme remanié en juillet 2017, plus question de prôner un référendum sur la sortie de l’Union européenne, avec les conséquences économiques qu’induirait l’abandon de la monnaie unique.

“On a défendu, c’est vrai, cette solution un peu à l’anglaise”, rappelle aujourd’hui Jordan Bardella. “On proposait ce big bang institutionnel, cette rupture assez brute avec les institutions européennes à une époque où on était relativement isolés sur la scène européenne.”

Pour autant, le projet du RN conserve son inspiration eurosceptique.

“ON SUPPRIMERA LA COMMISSION EUROPÉENNE”

Désormais, “on peut aller avec nos alliés au pouvoir demain devant la Commission européenne pour négocier le retour à la souveraineté nationale”, précise-t-il, en citant, comme principaux partenaires, la Ligue italienne de Matteo Salvini et le FPÖ autrichien, deux partis actuellement membres de coalitions aux commandes dans leur pays.

“A ce moment-là, on supprimera la Commission européenne, on donnera une primauté au Conseil européen pour transformer l’Union européenne de Bruxelles en une grande alliance des nations, où chaque pays aurait la maîtrise de son budget, de ses frontières, de ses lois”, poursuit-il.

Dans cette Europe rêvée des souverainistes, le mandat de la Banque centrale européenne (BCE) consisterait non plus à lutter en premier lieu contre l’inflation, mais contre le chômage. Et en cas d’échec des négociations, la question de la sortie de l’euro serait de nouveau inscrite à l’ordre du jour.

“Si effectivement demain, on n’arrive pas à aller au bout de cette évolution de la gouvernance de la zone euro, on mettra le problème de la souveraineté monétaire sur la table”, précise Jordan Bardella.

Cette évolution programmatique a levé les réticences de l’ex-ministre de droite Thierry Mariani, qui a attendu cette “clarification” avant de se rallier officiellement au début du mois. L’ancien sarkozyste de choc a hérité de la troisième place sur la liste du parti d’extrême droite.

“D’autres ralliements ne sont pas forcément à exclure”, selon la tête de liste, qui ne donne aucun nom.

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Avec Richard Lough avec Benoît Tessier, édité par Yves Clarisse

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